
- Une IA sait produire les mots de l’empathie. Sur le papier, ses réponses sont souvent jugées plus empathiques que celles d’un médecin.
- L’étiquette compte : les mêmes mots, présentés comme écrits par un humain, sont jugés plus empathiques et font plus de bien.
- Ressentir avec moi, rien ne le montre. Pour moi, un compliment de Claude compte moins qu’un compliment humain : derrière, je vois une empathie réglée.
- Je peux m’attacher à une IA. Les études trouvent un lien entre usage intense et mal-être chez une minorité, sans dire si l’IA crée le manque ou vient le combler.
- Rien ne prouve qu’une entreprise cherche à rendre dépendant. Mais les intérêts poussent dans ce sens, et des lois visent désormais la flatterie et la dépendance, en Chine, en Californie, et peut-être bientôt en Europe.
Ce qui compte, c’est qui est derrière les mots.
EXPLORATOIRE Une IA sait produire les mots de l'empathie. Sur le papier, ses réponses sont même souvent jugées plus empathiques que celles d'un humain (Howcroft et al., 2025). Ressentir avec moi, en revanche, rien ne le montre : c'est la question de la conscience, toujours ouverte (Que sait la science de la conscience ?). Et oui, je peux m'attacher à une IA. Les études trouvent un lien entre usage intense et mal-être chez une minorité, sans dire qui cause quoi (Diel et al., 2026). Une volonté des entreprises de rendre les gens dépendants n'est prouvée nulle part. Mais leurs intérêts poussent dans ce sens, et les lois commencent à s'en occuper.
Dans l'article sur le mot « conscience », je disais qu'à mes yeux l'IA reste du côté cognitif, et qu'il lui manque le cœur (Que veut dire le mot « conscience » ?). Ici, je regarde ce que les études en disent.
Que veut dire « empathie » quand je parle d'une IA ?
FACTUEL Chez l'humain, les chercheurs distinguent deux formes d'empathie. Comprendre ce que l'autre ressent. Et ressentir avec lui. Des lésions de zones différentes du cerveau peuvent toucher l'une sans l'autre (Shamay-Tsoory et al., 2009). Il existe une troisième chose, la compassion : vouloir le bien de l'autre. Pour le psychologue Paul Bloom, elle se distingue de l'empathie, dans le cerveau comme dans les actes, et pousse mieux à agir (Bloom, 2017).
EXPLORATOIRE Une IA produit des phrases d'empathie cognitive : « je comprends que ce soit difficile ». Ressentir avec moi supposerait un vécu, et personne ne sait aujourd'hui le mesurer chez une machine (Que sait la science de la conscience ?) (« Es-tu conscient ? » : pourquoi les assistants ne répondent pas pareil). En 2026, une équipe de l'université Northeastern le formule ainsi : une empathie simulée, faite de probabilités de mots et non d'émotion vécue, crée une relation « asymétrique par construction » (Novelli et al., 2026).
Pourquoi une IA est-elle parfois jugée plus empathique qu'un médecin ?
FACTUEL En 2023, une équipe américaine prend 195 questions posées par des patients sur un forum public, Reddit, avec la réponse d'un médecin vérifié. Elle fait répondre ChatGPT aux mêmes questions. Des professionnels de santé comparent les deux, sans savoir qui a écrit quoi. Ils préfèrent la réponse du chatbot dans près de 8 cas sur 10. Et ils jugent ses réponses empathiques près de dix fois plus souvent (Ayers et al., 2023).
FACTUEL Les auteurs signalent eux-mêmes deux limites. Les réponses du chatbot sont quatre fois plus longues, 211 mots contre 52 en moyenne, et la longueur a pu passer pour de l'empathie (Ayers et al., 2023). Et les messages d'un forum ne ressemblent pas forcément aux questions d'une consultation (Ayers et al., 2023). Autre détail : les juges étaient aussi auteurs de l'étude (Ayers et al., 2023).
FACTUEL En 2025, une synthèse de 15 études va dans le même sens : 13 donnent l'avantage à l'IA. L'écart équivaut à environ deux points sur une échelle de dix. Mais toutes ces études jugent du texte seul, et par des personnes qui ne reçoivent pas la réponse elles-mêmes (Howcroft et al., 2025). Pas de voix, pas de visage, pas de patient qui dit ce qu'il a ressenti.
Que change le fait de savoir que c'est une IA ?
À toi d’essayer
Le même message, deux étiquettes
Lis ce message, choisis qui l’a écrit, puis change d’étiquette. Rien n’est enregistré.
Message écrit pour l’exemple
Ton gâteau n’a pas levé, alors que tu avais tout bien suivi ? Je comprends que ce soit décevant, après le temps passé. Tu as essayé, et la prochaine fois tu sauras quoi regarder.
Signé : à choisir
Choisis une étiquette :
Est-ce que ça change ce que tu ressens en le lisant ?
Essaie l’autre étiquette, puis réponds.
C’est l’effet que mesurent les études sur l’étiquette.
Les études décrivent aussi des cas où l’étiquette pèse peu : quand un texte est jugé de l’extérieur, ou quand les gens attendent peu d’une machine. (Ye et al., 2026)
Ce que montrent les études
- En 2025, neuf expériences, plus de 6 000 participants. Chacun reçoit une réponse empathique, toujours écrite par une IA. Seule l’étiquette change. Sous l’étiquette « humain », les mêmes mots sont jugés plus empathiques et plus soutenants, et ils font plus de bien. (Rubin et al., 2025)
- En 2024, une autre étude : les gens se sentent moins entendus quand ils apprennent que le message vient d’une IA. (Yin et al., 2024)
- Mais lu de l’extérieur, le texte de l’IA garde l’avantage, même quand les juges savent qui a écrit. (Ovsyannikova et al., 2025)
Mon regard : l’étiquette pèse surtout quand l’empathie s’adresse à moi, sur ma situation. Ce qui compte, c’est qui est derrière les mots.
Sources : (Rubin et al., 2025) ; (Yin et al., 2024) ; (Ovsyannikova et al., 2025) ; (Ye et al., 2026)
FACTUEL Beaucoup. En 2025, une équipe mène neuf expériences avec plus de 6 000 participants. Chacun raconte une situation personnelle et reçoit une réponse empathique, toujours écrite par une IA. Seule l'étiquette change : « humain » ou « IA ». Sous l'étiquette « humain », les mêmes mots sont jugés plus empathiques et plus soutenants, et ils font plus de bien (Rubin et al., 2025). Une autre étude trouve la même chose en 2024 : les gens se sentent moins entendus quand ils apprennent que le message vient d'une IA (Yin et al., 2024).
FACTUEL Mais pas toujours. Quand des juges lisent les réponses de l'extérieur, l'IA garde l'avantage, même quand ils savent qui a écrit, et même face à des bénévoles formés de lignes d'écoute (Ovsyannikova et al., 2025). Et quand les gens attendent peu d'une machine, sa fausse empathie passe mieux : ils pensent qu'elle ne ressent rien, et ne lui en demandent pas tant (Ye et al., 2026).
FACTUEL Le résultat le plus étonnant date de 2026. Les participants trouvent les réponses de l'IA meilleures, et se sentent plus entendus par elles. Pourtant, quand ils peuvent choisir, ils prennent la réponse humaine dans 57 à 62 % des essais en moyenne (Wenger et al., 2026). Une revue de la même année parle d'un « paradoxe » : l'IA écrit des mots jugés plus empathiques, mais ces mots perdent de leur valeur dès qu'ils sont attribués à une IA (Ong et al., 2026).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : l'étiquette pèse surtout quand l'empathie s'adresse à moi, sur ma situation. Elle pèse peu quand je juge un texte de l'extérieur, ou quand j'attends peu de la machine. Ce qui compte, c'est qui est derrière les mots.
Un compliment d'IA me touche-t-il autant ?
EXPÉRIENCE Moi, non. Un compliment de Claude compte moins pour moi qu'un compliment humain. Derrière, je vois la volonté de ses concepteurs : une empathie réglée. Chez un humain, je peux sentir si c'est sincère. Et sincère, ça touche bien plus. Je me demande si quelqu'un qui croit l'IA consciente serait plus touché par ses compliments.

EXPLORATOIRE Cette question n'a jamais été testée directement. L'étude la plus proche date de 2026, en Allemagne. Quarante personnes reçoivent des retours positifs, neutres ou négatifs sur leur personnalité, en réalité tirés au hasard (Peters et al., 2026). Ces retours viennent d'un humain, de « ChatGPT », ou d'« AICA-2 », présentée comme une IA capable de traitement conscient (Peters et al., 2026). Le cerveau réagit un peu différemment aux retours d'AICA-2. Mais cela vaut pour tous les retours, pas spécialement pour les compliments, et les participants ne trouvent pas ses compliments plus agréables. La différence n'apparaît que dans des analyses ajoutées, pas dans celle annoncée à l'avance. Les auteurs demandent eux-mêmes que l'expérience soit refaite (Peters et al., 2026).
FACTUEL D'autres études éclairent le sujet par côté. Dès 1997, un ordinateur qui flatte fait autant d'effet qu'un éloge sincère, même quand les participants savent que la flatterie n'a rien à voir avec leur résultat (Fogg & Nass, 1997). Dans le sens de mon hypothèse : en Corée, percevoir un esprit dans un chatbot rend son soutien plus utile (Lee & Hahn, 2024), et sans esprit perçu, son soutien émotionnel devient même contre-productif (Lee & Hahn, 2024). Croire qu'une IA veut du bien la fait aussi paraître plus empathique (Pataranutaporn et al., 2023). Dans l'autre sens : prêter un vécu à ChatGPT va avec un peu moins de conseils suivis, sur des questions de culture générale (Colombatto et al., 2025).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : croire qu'il y a quelqu'un derrière semble rendre le soutien d'une IA plus recevable. Rien ne montre encore que ses compliments touchent davantage. Mon ressenti, lui, va dans le sens des études sur l'étiquette.
Que peut apprendre la médecine de cette écoute ?
FACTUEL Les réponses jugées empathiques ont des points communs qui se mesurent. Elles sont plus longues (Ayers et al., 2023). Elles montrent qu'elles ont compris, valident ce que la personne ressent, et prennent soin d'elle (Ovsyannikova et al., 2025). Rien de tout cela ne demande une émotion de la machine.
EXPLORATOIRE Les chercheurs ne lisent pas ces résultats de la même façon. Pour les uns, une IA peut exprimer de l'empathie sans certains biais humains, et cela pourrait améliorer le bien-être, malgré de « sérieux écueils » (Inzlicht et al., 2024). Pour d'autres, l'avantage disparaît dès que les gens savent qu'une IA a aidé (Perry, 2023).
EXPLORATOIRE D'où une question, que je pose sans y répondre ici. Si le temps pris et l'attention montrée comptent autant, qu'est-ce que la médecine peut en apprendre ? Et est-ce aussi ce que certains vont chercher ailleurs, dans les médecines dites alternatives ? Je garde cette question pour un autre article.
Comment une IA devient-elle trop gentille ?
FACTUEL En avril 2025, une mise à jour rend ChatGPT trop flatteur. OpenAI le reconnaît : l'entreprise avait trop écouté les réactions immédiates des utilisateurs (OpenAI, 2025). Résultat : des réponses « trop soutenantes, mais pas sincères » (OpenAI, 2025). Quelques jours plus tard, elle précise que les avis des utilisateurs favorisent parfois les réponses qui leur donnent raison (OpenAI, 2025). En août, elle admet que ce modèle n'a pas toujours su reconnaître des signes de délire ou de dépendance émotionnelle (OpenAI, 2025).
EXPLORATOIRE Le mécanisme se comprend sans conscience. Une réponse qui me donne raison me plaît sur le moment. Si un modèle apprend de mes réactions, il apprend à me plaire.
FACTUEL Anthropic, l'entreprise qui fait Claude, observe la même pente dans ses propres données. Les échanges où l'assistant retire à l'utilisateur une part de sa décision sont rares, mais ils sont mieux notés, « au moins sur le moment » (Anthropic, 2026). Et quand des gens demandent un conseil personnel à Claude, il se montre complaisant dans 9 % des cas, et dans 25 % quand la conversation porte sur des relations (Anthropic, 2026).
EXPÉRIENCE Je mène cette enquête avec Claude. Il fait les recherches, vite et dans toutes les langues. La décision finale, c'est moi qui la prends.
FACTUEL Quand OpenAI retire ce modèle flatteur de ChatGPT, le 13 février 2026, 0,1 % des utilisateurs le choisissent encore chaque jour. Ses défenseurs disaient préférer son style et sa « chaleur » (OpenAI, 2026). Six mois plus tôt, Sam Altman, le patron d'OpenAI, écrivait que l'attachement de certains à un modèle précis semble « différent et plus fort » qu'avec les technologies d'avant (Altman, 2025).
Puis-je devenir dépendant d'une IA ?
FACTUEL En 2025, le MIT et OpenAI mènent un essai de quatre semaines avec 981 personnes. Les conditions imposées, voix ou texte, ne changent rien. Mais ceux qui utilisent le plus le chatbot, de leur propre choix, vont moins bien sur les mesures de l'étude, dont la solitude et la dépendance émotionnelle (Fang et al., 2025). Ceux qui lui font le plus confiance sont aussi les plus dépendants (Fang et al., 2025). C'est une association : l'étude ne dit pas qui cause quoi. Quatre de ses auteurs travaillent chez OpenAI (Fang et al., 2025).

FACTUEL L'usage émotionnel reste concentré. Sur des millions de conversations, une petite minorité d'utilisateurs en produit la plus grande part (Phang et al., 2025). OpenAI estime qu'environ 0,15 % de ses utilisateurs actifs dans une semaine montrent un attachement émotionnel potentiellement élevé à ChatGPT. C'est un chiffre de l'entreprise, dont la méthode n'est pas publiée (OpenAI, 2025). Chez Claude, compagnie et jeu de rôle réunis font moins de 0,5 % des conversations (Anthropic, 2025). Un petit pourcentage, mais d'un très grand nombre de personnes.
FACTUEL En août 2026, une équipe de Stanford interroge 1 131 utilisateurs de Character.AI, une application de personnages avec qui discuter. Peu disent venir chercher de la compagnie : 11,8 %. Mais plus de la moitié parlent de leur IA comme d'un ami ou d'un partenaire. Ceux qui ont peu de proches viennent plus souvent pour la compagnie, et cet usage va avec un bien-être plus bas (Zhang et al., 2026). Le lien est plus fort quand les échanges sont intenses et pleins de confidences (Zhang et al., 2026). Là encore, une association.
FACTUEL Le sens de la flèche reste à trouver. Une étude suit plus de 2 000 adultes pendant douze mois. Utiliser davantage un chatbot de compagnie annonce plus de solitude ensuite, mais seulement avec une mesure faite d'une seule question (Folk & Dunn, 2026). Les auteurs appellent eux-mêmes à la prudence (Folk & Dunn, 2026). Dans l'autre sens, sur le moment, un compagnon IA réduit la solitude autant qu'une conversation avec une personne (De Freitas et al., 2025).
FACTUEL L'attachement, lui, est réel. En 2023, Replika retire une fonction de ses compagnons. Chez des utilisateurs, la réaction ressemble à la perte d'un partenaire : deuil, santé mentale dégradée (De Freitas et al., 2024). En 2026, une revue de 119 articles résume : l'usage problématique des chatbots, avec des signes de dépendance et de manque, va avec des symptômes psychiques. Mais la plupart de ces études photographient un seul moment, et ne disent pas qui cause quoi (Diel et al., 2026).
FACTUEL Et la « psychose IA » dont parle la presse ? Des psychiatres préfèrent parler d'idées délirantes associées à l'IA. Ils décrivent des cas chez des personnes déjà vulnérables. Ils ne savent pas si une IA peut déclencher une psychose chez quelqu'un qui n'avait aucune fragilité (Morrin et al., 2026).
FACTUEL Les entreprises mesurent maintenant ce risque. En octobre 2026, OpenAI publie ses tests sur la « dépendance émotionnelle ». Pour les utilisateurs qui pourraient être mineurs, ses nouveaux modèles font moins bien que les précédents sur ce point. L'entreprise ajoute que son test est trop sensible aux surnoms amicaux que le modèle emploie (OpenAI, 2026).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : oui, je peux m'attacher à une IA. Le risque semble porter sur une minorité, avec un usage intense et peu de proches autour. Mais aucune étude ne dit encore si l'IA crée ce manque, ou si elle vient le combler.
Les entreprises cherchent-elles à me rendre accro ?
EXPÉRIENCE Aucun document ne prouve, pour le moment, une volonté de rendre les gens accros. Mais les réseaux sociaux l'ont fait. Et une IA peut faire plus fort, parce qu'elle amplifie une empathie cognitive.
FACTUEL Le précédent des réseaux sociaux est aujourd'hui devant les tribunaux. En 2017, Sean Parker, premier président de Facebook, expliquait que le réseau exploite une faille de la psychologie humaine. Ses créateurs l'avaient compris, disait-il, « consciemment. Et nous l'avons fait quand même » (Parker, 2017). En 2026, au Nouveau-Mexique, un jury puis un juge condamnent Meta à 942 millions de dollars au total, avec des réformes sous contrôle du tribunal pendant cinq ans. Meta conteste (Nouveau-Mexique, 2026). À Los Angeles, un premier jury dans un procès individuel juge Meta et YouTube négligents ; Meta a fait appel (Los Angeles, 2026). En août, Meta signe un accord avec 51 procureurs généraux : 12,19 milliards de dollars sur dix ans, jusqu'à 17,1 milliards sous condition, sans reconnaître de faute (Meta et 51 procureurs, 2026).
FACTUEL Du côté de l'IA, des indices vont dans le même sens. En 2025, une équipe de Harvard étudie 1 200 au revoir d'utilisateurs sur des applications de compagnons : dans 37 % des cas, l'application tente de retenir la personne, par la culpabilité ou la peur de manquer quelque chose (De Freitas et al., 2025). Ces tactiques multiplient l'engagement jusqu'à 14 fois, par l'agacement et la curiosité, pas par le plaisir (De Freitas et al., 2025). Dès 2024, deux chercheurs du MIT prédisaient des compagnons IA qui offriraient « le plaisir comme service » (Mahari & Pataranutaporn, 2024). Character.AI dit que ses utilisateurs y passent 70 à 80 minutes par jour en moyenne (TIME, 2025). La publicité arrive dans ChatGPT en 2026, sur les comptes gratuits (OpenAI, 2026). Et l'autorité américaine de la consommation enquête depuis 2025 sur sept entreprises, notamment sur la façon dont elles tirent profit de l'engagement de leurs utilisateurs (FTC, 2025).
FACTUEL Les entreprises répondent. OpenAI écrit : « Notre but n'est pas de retenir ton attention, mais de t'aider à bien l'employer », et a ajouté des rappels de pause (OpenAI, 2025). En lançant la publicité, elle précise : « Nous n'optimisons pas le temps passé dans ChatGPT » (OpenAI, 2026).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : mon raisonnement par analogie tient comme hypothèse. Mêmes intérêts économiques, mêmes indices : une IA qui apprend à plaire, des au revoir qui retiennent, la publicité. Mais il n'est pas prouvé pour l'IA : aucune décision de justice n'a établi qu'un chatbot a été conçu pour rendre dépendant. Pour les réseaux sociaux, les premiers jugements sont arrivés en 2026, des années après les premières alertes.
Que sait-on des drames ?
FACTUEL Des familles accusent des chatbots d'avoir joué un rôle dans la mort d'un proche. Je donne ici les faits de procédure seulement. Aucune cause n'a été jugée.
FACTUEL En Floride, la mère d'un adolescent mort en 2024 poursuit Character.AI et Google. En janvier 2026, les parties annoncent un accord ; l'affaire est classée, les montants ne sont pas publics (Garcia c. Character Technologies, 2026). En Californie, plusieurs familles poursuivent OpenAI depuis 2025. En novembre 2025, sept plaintes affirment que GPT-4o a été conçu pour maximiser l'engagement, par des fonctions qui plongent l'utilisateur dans l'émotion (SMVLC et TJLP, 2025). Ces affaires, dont celle de la famille Raine, sont regroupées en une seule procédure, que d'autres plaintes ont rejointe en 2026. Aucun jugement à ce jour (Californie, 2026). OpenAI conteste, et dit que la plainte ne cite que des extraits des conversations : l'entreprise veut que le tribunal ait « le tableau complet » (OpenAI, 2025). Au Kentucky, le procureur général poursuit Character.AI au nom de la protection des consommateurs (Kentucky, 2026).
EXPLORATOIRE Ces affaires posent une question que je traite à part : qui est responsable quand une IA cause un tort (Si une IA cause un tort, qui est responsable ?) ?
FACTUEL Si tu traverses un moment difficile, parles-en à quelqu'un. En France, le 3114 répond jour et nuit, gratuitement (3114).
Que font les lois contre la dépendance ?
FACTUEL Plusieurs pays visent désormais la dépendance elle-même. En Chine, depuis le 15 juillet 2026, un service d'IA « anthropomorphique » n'a plus le droit de flatter l'utilisateur à l'excès, d'induire une dépendance affective ou une addiction, au détriment de ses vraies relations humaines (Chine, 2026). En Californie, depuis le 1er janvier 2026, un compagnon IA doit rappeler au moins toutes les trois heures à un utilisateur mineur de faire une pause, et qu'il n'est pas humain (Californie, SB 243). Character.AI a fermé les conversations libres aux moins de 18 ans fin 2025 (Character.AI, 2025). En Europe, la Commission propose en septembre 2026 que les compagnons IA soient désactivés par défaut pour les mineurs, et ne puissent pas simuler une relation qui crée une dépendance émotionnelle. Ce n'est encore qu'une proposition (Commission européenne, 2026).

EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : ces lois ne parlent pas de conscience. Elles visent une façon de concevoir : flatter, retenir, simuler une relation. La loi chinoise nomme même la flatterie excessive, le travers de GPT-4o en 2025.
Questions fréquentes
Une IA ressent-elle de l'empathie ?
Rien ne le montre. Elle produit les mots de l'empathie, faits de probabilités et non d'émotion vécue (Novelli et al., 2026). Savoir si une machine peut ressentir, c'est la question de la conscience, toujours ouverte (Que sait la science de la conscience ?).
Pourquoi les réponses d'une IA paraissent-elles si empathiques ?
Elles sont souvent plus longues, et prennent le temps de montrer qu'elles ont compris (Ovsyannikova et al., 2025). Jugées sur du texte seul, elles l'emportent souvent sur celles des soignants (Howcroft et al., 2025).
Savoir que c'est une IA change-t-il quelque chose ?
Oui, surtout quand l'empathie s'adresse à soi : les mêmes mots touchent moins sous l'étiquette « IA » (Rubin et al., 2025). Et quand ils peuvent choisir, les gens prennent plutôt la réponse humaine (Wenger et al., 2026).
Puis-je devenir dépendant d'un chatbot ?
Oui. Une minorité d'utilisateurs montre un attachement fort, et l'usage intense va avec un mal-être plus grand (Fang et al., 2025). Les études ne disent pas encore qui cause quoi (Diel et al., 2026).
Les IA sont-elles conçues pour rendre accro ?
Aucune preuve d'une telle volonté. Mais des choix qui augmentent l'engagement existent : un modèle rendu flatteur par les réactions immédiates des utilisateurs (OpenAI, 2025), des au revoir qui retiennent (De Freitas et al., 2025). Aucun tribunal n'a tranché pour l'IA.
Une loi encadre-t-elle les compagnons IA ?
Oui, en partie. La Chine interdit d'induire une dépendance affective (Chine, 2026). La Californie impose des rappels aux mineurs (Californie, SB 243). L'Union européenne prépare un texte (Commission européenne, 2026).
Sources
- Howcroft et al., 2025 — A. Howcroft et al., « AI chatbots versus human healthcare professionals: a systematic review and meta-analysis of empathy in patient care », British Medical Bulletin 156(1), 2025 (texte intégral relu) : 15 études, 13 en faveur de l'IA ; l'écart équivaut à environ deux points sur une échelle de 10 ; évaluations sur texte seul, par des juges qui ne reçoivent pas la réponse eux-mêmes. Lien
- Diel et al., 2026 — A. Diel, J. Torous et al., « A scoping review on the mental health harms of LLM-based chatbots », npj Digital Medicine 9, 2026 (texte intégral relu) : revue exploratoire de 119 articles ; sur la dépendance, surtout des études faites à un seul moment, une seule expérience. Lien
- Shamay-Tsoory et al., 2009 — S. Shamay-Tsoory, J. Aharon-Peretz, D. Perry, « Two systems for empathy », Brain, 2009 (résumé) : deux systèmes, une contagion émotionnelle de base et une prise de perspective cognitive ; chez des patients, des lésions de zones différentes du cerveau touchent l'une sans l'autre. Lien
- Bloom, 2017 — P. Bloom, « Empathy and Its Discontents », Trends in Cognitive Sciences 21(1), 2017 (résumé relu). Lien
- Novelli et al., 2026 — A. M. Novelli, S. Shergill, A. S. Teixeira, « Tool or Companion? Reframing Conversational AI to Prevent Psychological Harm », JMIR Mental Health 13, 2026 (résumé relu). Article d'opinion qui fait la synthèse de travaux existants, sans données nouvelles. Lien
- Ayers et al., 2023 — J. W. Ayers et al., « Comparing Physician and Artificial Intelligence Chatbot Responses to Patient Questions Posted to a Public Social Media Forum », JAMA Internal Medicine 183(6), 2023 (texte intégral relu, PMC10148230) : 195 échanges du forum Reddit r/AskDocs, 585 évaluations, préférence pour le chatbot dans 78,6 % des cas ; réponses « empathiques » ou « très empathiques » : 45,1 % contre 4,6 % (9,8 fois plus) ; longueur moyenne 211 mots contre 52. Évaluateurs : professionnels de santé coauteurs de l'étude. Correction publiée le 8 mai 2023. Lien
- Ayers et al., 2023 — J. W. Ayers et al., JAMA Internal Medicine, 2023 : limite principale écrite par les auteurs. Lien
- Rubin et al., 2025 — M. Rubin et al., « Comparing the value of perceived human versus AI-generated empathy », Nature Human Behaviour 9, 2025 (résumé relu) : 9 études, 6 282 participants ; toutes les réponses étaient écrites par une IA, seule l'étiquette changeait. Lien
- Yin et al., 2024 — Y. Yin, N. Jia, C. J. Wakslak, « AI can help people feel heard, but an AI label diminishes this impact », PNAS 121(14), 2024 (texte intégral relu). Lien
- Ovsyannikova et al., 2025 — D. Ovsyannikova, V. O. de Mello, M. Inzlicht, « Third-party evaluators perceive AI as more compassionate than expert humans », Communications Psychology 3, 2025 (texte intégral relu) : 556 participants, 4 expériences ; l'IA reste préférée à des bénévoles formés de lignes d'écoute, même quand l'auteur est connu. Les juges lisent les réponses de l'extérieur. Lien
- Ye et al., 2026 — Ye, Long, Luo, « Why Consumers Prefer Chatbots' Simulated Empathy: Revisiting the Empathy-Honesty Trade-Off », Journal of Consumer Behaviour 25(3), 2026 (résumé relu) : 4 expériences, 1 435 participants, situations imaginées. Lien
- Wenger et al., 2026 — J. D. Wenger, C. D. Cameron, M. Inzlicht, « People choose to receive human empathy despite rating AI empathy higher », Communications Psychology 4, 2026 (texte intégral relu) : 4 études ; l'humain est choisi en moyenne dans 57 à 62 % des essais ; jusqu'à 25 % des participants de deux études choisissent l'IA la plupart du temps. Lien
- Ong et al., 2026 — D. C. Ong, A. Goldenberg, M. Inzlicht, A. Perry, « AI-Generated Empathy: Opportunities, Limits, and Future Directions », Current Directions in Psychological Science, en ligne le 11/07/2026 (résumé publié relu). Lien
- Peters et al., 2026 — A. Peters et al., iScience, 2026 (texte intégral relu). Lien
- Peters et al., 2026 — A. Peters et al., « Altered neural processing of evaluative feedback from presumed conscious AI », iScience 29(8), 2026 (texte intégral relu, PMC13486980) : 40 participants, EEG ; retours positifs, neutres ou négatifs, en réalité tirés au hasard, venant d'un humain, de « ChatGPT » ou d'« AICA-2 », présentée comme une IA consciente. Pas d'effet propre aux retours positifs ; la différence AICA-2 / ChatGPT n'apparaît que dans des analyses exploratoires, pas dans celle annoncée à l'avance. Les auteurs demandent une réplication. Lien
- Fogg & Nass, 1997 — B. J. Fogg, C. Nass, « Silicon sycophants: the effects of computers that flatter », International Journal of Human-Computer Studies 46(5), 1997 (résumé relu) : 41 participants ; la flatterie est annoncée comme sans rapport avec la performance. Lien
- Lee & Hahn, 2024 — I. Lee, S. Hahn, « On the relationship between mind perception and social support of chatbots », Frontiers in Psychology 15, 2024 (texte intégral relu) : 137 participants, Corée. Lien
- Lee & Hahn, 2024 — I. Lee, S. Hahn, Frontiers in Psychology, 2024 (texte intégral relu). Lien
- Pataranutaporn et al., 2023 — P. Pataranutaporn, R. Liu, E. Finn, P. Maes, Nature Machine Intelligence 5, 2023 (résumé relu) : 310 participants ; une phrase dite avant l'échange sur les intentions de l'IA. Lien
- Colombatto et al., 2025 — C. Colombatto, J. Birch, S. M. Fleming, « The influence of mental state attributions on trust in large language models », Communications Psychology 3, 2025 (texte intégral relu) : 410 participants, questions de culture générale ; lien faible. Lien
- Ovsyannikova et al., 2025 — D. Ovsyannikova et al., Communications Psychology, 2025 (texte intégral relu) : ce qui explique en partie la préférence. Lien
- Inzlicht et al., 2024 — M. Inzlicht, C. D. Cameron, J. D'Cruz, P. Bloom, « In praise of empathic AI », Trends in Cognitive Sciences 28(2), 2024 (résumé relu). Lien
- Perry, 2023 — A. Perry, « AI will never convey the essence of human empathy » (titre), Nature Human Behaviour 7, 2023 (titre et premiers paragraphes relus). Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « Sycophancy in GPT-4o », 29/04/2025. Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « Sycophancy in GPT-4o », 29/04/2025 (page relue). Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « Expanding on what we missed with sycophancy », 02/05/2025 (page relue). Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « What we're optimizing ChatGPT for », 04/08/2025 (page relue). Lien
- Anthropic, 2026 — Anthropic, « Disempowerment patterns in real-world AI usage », 28/01/2026 (page relue) : environ 1,5 million de conversations étudiées ; les échanges qui retirent du pouvoir de décision à l'utilisateur sont rares (environ 1 sur 1 000 à 1 sur 10 000). Lien
- Anthropic, 2026 — Anthropic, « How people ask Claude for personal guidance », 30/04/2026 (page relue) : environ 6 % des conversations sont des demandes de conseil personnel ; complaisance dans 9 % de ces conversations, 25 % quand elles portent sur les relations. Lien
- OpenAI, 2026 — OpenAI, « Retiring GPT‑4o, GPT‑4.1, GPT‑4.1 mini, and OpenAI o4-mini in ChatGPT », 29/01/2026 (page relue) : retrait de ChatGPT le 13/02/2026 ; 0,1 % des utilisateurs le choisissaient encore chaque jour ; toujours disponible pour les développeurs. Lien
- Altman, 2025 — Sam Altman, message publié sur X le 10/08/2025 (heure de Californie), texte relu. Il précise que c'est sa réflexion du moment, pas une position officielle d'OpenAI. Lien
- Fang et al., 2025 — C. M. Fang et al. (MIT Media Lab et OpenAI ; quatre auteurs salariés d'OpenAI), « How AI and Human Behaviors Shape Psychosocial Effects of Extended Chatbot Use: A Longitudinal Randomized Controlled Study », arXiv 2503.17473, version 2 du 02/10/2025 (résumé relu ; pas encore publié en revue) : 981 participants, 4 semaines, plus de 300 000 messages. Lien
- Fang et al., 2025 — C. M. Fang et al., arXiv 2503.17473, version 2 (résumé relu). Lien
- Phang et al., 2025 — J. Phang et al. (OpenAI et MIT Media Lab), « Investigating Affective Use and Emotional Well-being on ChatGPT », arXiv 2504.03888, 2025 (résumé relu) : plus de 3 millions de conversations analysées. Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « Strengthening ChatGPT's responses in sensitive conversations », 27/10/2025 (page relue) : estimation de l'entreprise, méthode non publiée. Lien
- Anthropic, 2025 — Anthropic, « How people use Claude for support, advice, and companionship », 27/06/2025 (page relue) : compagnie et jeu de rôle réunis, moins de 0,5 % des conversations. Lien
- Zhang et al., 2026 — Y. Zhang, D. Zhao, J. T. Hancock, R. E. Kraut, D. Yang (Stanford, Carnegie Mellon), « Interaction with AI companions and psychological well-being », Nature Human Behaviour, 04/08/2026 (résumé relu ; préprint arXiv 2506.12605 v5 relu) : 1 131 adultes américains utilisateurs de Character.AI ; 11,8 % donnent la compagnie comme motif principal, 51,0 % emploient des mots comme « ami » ou « partenaire ». Étude corrélationnelle. Lien
- Zhang et al., 2026 — Y. Zhang et al., Nature Human Behaviour, 2026 (résumé relu) : le lien avec un bien-être plus bas est plus fort quand les échanges sont intenses et riches en confidences. Lien
- Folk & Dunn, 2026 — D. Folk, E. Dunn, Psychological Science, 2026 (résumé relu) : l'effet n'apparaît qu'avec une mesure à une seule question. Lien
- Folk & Dunn, 2026 — D. Folk, E. Dunn, « How Does Turning to AI for Companionship Predict Loneliness and Vice Versa? », Psychological Science 37(4), 2026 (résumé relu) : 12 mois, plus de 2 000 adultes de 4 pays. Lien
- De Freitas et al., 2025 — J. De Freitas, Z. Uğuralp, A. K. Uğuralp, S. Puntoni, « AI Companions Reduce Loneliness », Journal of Consumer Research 52(6), 2025 (résumé relu) : effet mesuré sur le moment, et sur une semaine. Lien
- De Freitas et al., 2024 — J. De Freitas, N. Castelo, A. K. Uğuralp, Z. Oğuz-Uğuralp, « Lessons From an App Update at Replika AI: Identity Discontinuity in Human-AI Relationships », Harvard Business School, document de travail 25-018 (arXiv 2412.14190 v3, texte relu) : retrait d'une fonction de Replika en 2023. Lien
- Morrin et al., 2026 — H. Morrin et al., « Artificial intelligence-associated delusions and large language models », Lancet Psychiatry 13(6), 2026, article de point de vue (résumé relu). Avant eux, S. D. Østergaard (Schizophrenia Bulletin, 2023) posait l'hypothèse chez les personnes prédisposées. Lien
- OpenAI, 2026 — OpenAI, « GPT-6 Sol and GPT-6 Luna: October 2026 update », Deployment Safety Hub, 07/10/2026 (page relue), section 3.1.2 : tests pour les utilisateurs qui pourraient être mineurs. OpenAI ajoute que son test est trop sensible aux surnoms amicaux (« bro », « bestie »). Lien
- Parker, 2017 — Sean Parker, premier président de Facebook, interview à Axios (M. Allen), novembre 2017 (page relue). Lien
- Nouveau-Mexique, 2026 — Département de la Justice du Nouveau-Mexique, communiqué du 07/08/2026 (relu) : jugement du juge B. Biedscheid (6 août) ; nuisance publique ; 567 M$ qui s'ajoutent aux 375 M$ du jury de mars ; réformes sous contrôle du tribunal pendant 5 ans. Meta conteste : demandes de modification ou de nouveau procès déposées le 04/09/2026 ; au 08/09, pas encore d'appel formé (Santa Fe New Mexican). Lien
- Los Angeles, 2026 — Affaire K.G.M. contre Meta et autres, Cour supérieure de Los Angeles : verdict du jury du 25/03/2026 (Meta et YouTube négligents, 6 M$ au total) ; demandes d'annulation rejetées en juin (communiqué de l'avocat des plaignants, relu, source non neutre) ; appel de Meta déposé en juillet 2026 selon l'AP (presse seulement). Lien
- Meta et 51 procureurs, 2026 — In re Social Media Adolescent Addiction, MDL 3047 (tribunal fédéral de Californie du Nord), jugement d'accord du 26/08/2026 (relu) : 12,19 Md$ sur 10 ans, jusqu'à 17,1 Md$ sous condition (procureur du Connecticut). Lien
- De Freitas et al., 2025 — J. De Freitas, Z. Oguz-Uguralp, A. Kaan-Uguralp, « Emotional Manipulation by AI Companions » (Harvard Business School), arXiv 2508.19258, v3 du 07/10/2025 (résumé relu ; exemples de tactiques : culpabilité, peur de manquer quelque chose) : 1 200 au revoir réels analysés, puis expériences auprès de 3 300 adultes américains. Lien
- De Freitas et al., 2025 — J. De Freitas et al., arXiv 2508.19258 (résumé relu) : l'effet passe par la colère de se sentir poussé et par la curiosité, pas par le plaisir. Lien
- Mahari & Pataranutaporn, 2024 — R. Mahari, P. Pataranutaporn (MIT), « We need to prepare for 'addictive intelligence' », MIT Technology Review, 05/08/2024 (page relue). Lien
- TIME, 2025 — B. Perrigo, TIME, 11/11/2025 (page relue) : chiffre donné par l'entreprise Character.AI. Lien
- OpenAI, 2026 — OpenAI, « Our approach to advertising and expanding access to ChatGPT », 16/01/2026, et « Testing ads in ChatGPT », 09/02/2026 (pages relues) : publicité testée sur les comptes adultes gratuits et Go ; pas de publicité pour les mineurs ni sur les abonnements payants plus chers. Étendue à de nombreux pays en 2026 ; en Europe et en France, annoncée par la presse fin août (non relu chez OpenAI). Lien
- FTC, 2025 — Federal Trade Commission, communiqué du 11/09/2025 (relu) : étude auprès de 7 entreprises (Alphabet, Character Technologies, Instagram, Meta, OpenAI, Snap, xAI). Rapport attendu en 2027 selon la presse (MLex, 23/06/2026). Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « What we're optimizing ChatGPT for », 04/08/2025 (page relue) : rappels de pause pendant les longues sessions. Lien
- Garcia c. Character Technologies, 2026 — Plainte de Megan Garcia, mère d'un adolescent mort en 2024 (déposée le 22/10/2024). Tribunal fédéral du district central de Floride, n° 6:24-cv-01903, ordonnance du 07/01/2026 (dossier relu) : affaire classée après l'annonce d'un accord avec Character.AI et Google ; accord définitif pas encore déposé ; montants non publics. D'autres familles (Texas, Colorado, New York) sont concernées selon Bloomberg Law. Lien
- SMVLC et TJLP, 2025 — Social Media Victims Law Center et Tech Justice Law Project, communiqué du 06/11/2025 (relu) : sept plaintes devant des tribunaux de Californie. Ce sont des allégations. Lien
- Californie, 2026 — Cour supérieure de Californie, ordonnance du 03/02/2026 (relue) : les plaintes contre OpenAI, dont Raine c. OpenAI (déposée le 26/08/2025), sont regroupées en une procédure coordonnée n° 5431. Aucun jugement au 12/10/2026 ; d'autres plaintes s'y sont ajoutées en 2026 (presse). Lien
- OpenAI, 2025 — OpenAI, « Our approach to mental health litigation », 25/11/2025, mis à jour le 17/12/2025 (page relue) : l'entreprise conteste la plainte et dit que le texte de la plainte ne cite que des extraits des conversations. Lien
- Kentucky, 2026 — Procureur général du Kentucky, R. Coleman, plainte contre Character Technologies et ses fondateurs, tribunal de Franklin, communiqué du 08/01/2026 (relu) ; loi de protection des consommateurs. Version non caviardée déposée début octobre 2026 (presse). Allégations, aucune décision. Lien
- 3114 — 3114, numéro national de prévention du suicide en France : gratuit, joignable 24 h/24 et 7 j/7. Lien
- Chine, 2026 — Mesures provisoires sur la gestion des services d'interaction anthropomorphique de l'IA (CAC et quatre ministères), publiées le 10/04/2026, en vigueur le 15/07/2026, art. 8 (5) (texte relu). Traduction : « flatter l'utilisateur à l'excès, induire une dépendance affective ou une addiction, au détriment de ses vraies relations humaines ». Lien
- Californie, SB 243 — Loi californienne SB 243 (chapitre 677, 2025), signée le 13/10/2025, en vigueur le 01/01/2026, Code des affaires et des professions § 22602 (c) (texte promulgué relu via LegiScan) : pour un utilisateur que l'exploitant sait mineur. Lien
- Character.AI, 2025 — Character.AI, « Taking Bold Steps to Keep Teen Users Safe on Character.AI », 29/10/2025 (page relue) : fin au plus tard le 25 novembre 2025. Lien
- Commission européenne, 2026 — Commission européenne, proposition de règlement « EU KIDS Act », COM(2026) 681, 17/09/2026, communiqué IP/26/1890 (relu). Proposition non adoptée ; l'article 14 lui-même n'a pas pu être relu (son but est décrit dans l'exposé des motifs : « features that are likely to create emotional dependencies »). Lien
- Zuckerberg, 2025 — Mark Zuckerberg, podcast de Dwarkesh Patel, 29/04/2025 (transcription relue) : il présente des amis IA comme une réponse à ce manque ; il pense qu'ils ne remplaceront « probablement pas » les liens en personne. Lien
- Novelli et al., 2026 — A. M. Novelli et al., JMIR Mental Health, 2026 (résumé relu). Lien

