
- Aucune des traditions anciennes que j’ai explorées n’a un mot unique pour la conscience. Elles la répartissent entre le cœur qui perçoit et qui juge, le souffle qui fait vivre, un témoin intérieur.
- Sur plusieurs continents, le cœur est le centre de la personne : celui qui comprend, se souvient et juge. « Je perçois avec mon cœur », dit le Livre des morts égyptien.
- Le témoin intérieur voit ce que je fais, et pourrait en témoigner. Les Upanishads décrivent déjà un « régisseur intérieur », autre que le mental.
- Pour les animaux, les plantes et les pierres, les traditions répondent par degrés, rarement par « tous » ou « aucun ». Chez Xunzi, l’eau a le souffle, les arbres la vie, les bêtes la connaissance, et l’homme, en plus, le sens du juste.
- Dans le Popol Vuh, les dieux sculptent des effigies de bois qui parlent comme des gens, mais « n’avaient ni cœur ni pensée ». Ces récits n’annonçaient pas l’IA. Ils m’aident à poser la question autrement.
Bien avant les laboratoires, des hommes cherchaient déjà la conscience. Pas dans la tête, mais au centre de la personne.
Sans le mot « conscience ». Dans aucune des traditions anciennes que j'ai explorées, je n'ai trouvé un mot unique qui lui corresponde. Elles répartissaient la chose entre plusieurs notions : le cœur qui perçoit et qui juge, le souffle qui fait vivre, un témoin intérieur. FACTUEL
Dans l'article sur le mot « conscience », j'ai suivi le mot jusqu'au latin et au grec (Que veut dire le mot « conscience » ?). Ici, je remonte plus loin : l'Égypte, la Bible, l'Inde, la Chine, l'islam, les Mayas, les peuples autochtones. Bien avant la science, ces traditions se sont posé des questions voisines, avec d'autres mots. Je ne cherche pas à montrer qu'elles avaient raison, ni qu'elles avaient tort. Je regarde comment elles regardaient.
Les anciens avaient-ils un mot pour « conscience » ?
FACTUEL Pas un seul mot. Plusieurs, et ils ne découpent pas la chose comme le français. En Égypte ancienne, c'est le cœur qui perçoit : « Je perçois avec mon cœur », dit un chapitre du Livre des morts (Livre des morts, chap. 26).
FACTUEL Dans la Bible hébraïque, David regrette un geste qu'il vient de faire contre le roi Saül. Le texte ne dit pas « sa conscience le tourmenta ». Il dit, mot à mot : « le cœur de David le frappa » (1 Samuel 24:6).
FACTUEL En grec, le mot qui a donné le français « conscience » voulait d'abord dire « connaissance partagée avec un autre » (Liddell-Scott). Les philosophes stoïciens l'employaient même pour les animaux. Pour Chrysippe, ce qui est d'abord cher à tout animal, c'est sa propre constitution et la conscience qu'il en a (Diogène Laërce 7.85).
FACTUEL En Inde, les Upanishads parlent du « soi » (ātman), celui qui voit sans pouvoir être vu. « Tu ne peux pas voir celui qui voit le voir », répond le sage Yājñavalkya à celui qui le questionne (Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.4.2). La conscience n'est pas un objet parmi les autres. C'est ce par quoi tout le reste apparaît.
FACTUEL En Chine, un seul caractère, 心 (xin), veut dire à la fois « cœur » et « esprit ». Il pense, il ressent et il juge.
Pourquoi tant de traditions font-elles penser le cœur ?
FACTUEL Parce que pour elles, le cœur était le centre de la personne. Celui qui comprend, se souvient et juge. On le retrouve sur plusieurs continents, dans des cultures très éloignées les unes des autres.
En Égypte, un texte gravé sur une pierre, la « Théologie memphite », le dit clairement : la vue, l'ouïe et la respiration « rapportent au cœur, et c'est lui qui fait naître toute compréhension » (Théologie memphite). La langue, elle, répète ce que le cœur a conçu.
Dans la Bible, quand le roi Salomon peut demander ce qu'il veut, il demande « un cœur qui écoute », pour discerner le bien du mal (1 Rois 3:9).
En Chine, le philosophe Mencius place dans le cœur le sens du vrai et du faux. Il écrit : « Qui n'a pas le cœur du vrai et du faux n'est pas humain. » Ce cœur est, pour lui, le germe de la sagesse (Mencius 2A6).
En Inde, une Upanishad fait dire au sage Yājñavalkya : « le cœur est le siège de toutes choses » (Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 4.1.7). Une autre joue sur le mot lui-même : le soi est « dans le cœur », hṛdy ayam, et c'est pour cela que le cœur s'appelle hṛdayam (Chāndogya Upaniṣad 8.3.3).
Dans le Coran, ce sont les cœurs qui comprennent. Un verset le dit ainsi : « Ce ne sont pas les yeux qui s'aveuglent, mais, ce sont les cœurs dans les poitrines qui s'aveuglent » (Coran 22:46).
Chez les Mayas tseltal du Chiapas, au Mexique, le mot o'tan désigne le cœur. Un dictionnaire de leur langue le définit comme le « siège de la mémoire, la conscience ». Et pour dire « il a repris conscience », la langue dit : « son cœur a revécu » (Polian, dictionnaire tseltal).
EXPLORATOIRE Attention à un piège. Dans ces textes, le cœur n'est pas le côté « émotion », opposé au côté « raison ». Il comprend, il se souvient, il ressent et il juge, tout à la fois. Une Upanishad indienne range même ensemble « ce qui est cœur et mental » sous un seul nom : la conscience (Aitareya Upaniṣad 3.1-2).
EXPÉRIENCE C'est aussi ce que je vis. Pour moi, le cœur, le cerveau et l'intestin sont indissociables, et chacun a son rôle. Quand il faut décider, selon ma perception, c'est le cœur qui décide (Cœur, cerveau, intestin : trois intelligences qui négocient en toi).
EXPÉRIENCE Quand j'écris que ce qui manque à l'IA, c'est le cœur (Que veut dire le mot « conscience » ?), c'est à ce cœur-là que je pense : celui qui sait et qui sent en même temps.
Qu'est-ce que le « témoin intérieur » ?
FACTUEL C'est une part de soi qui voit ce que je fais, et qui pourrait en témoigner. Les Égyptiens la plaçaient dans le cœur. Au moment du jugement des morts, le défunt supplie son propre cœur : « Ne te dresse pas contre moi comme témoin » (Livre des morts, chap. 30B).
FACTUEL Le cœur est même assez distinct de la personne pour que le défunt lui parle comme à quelqu'un d'autre. Dans un autre chapitre, le défunt dit : « Il ne dira pas ce que j'ai fait. […] Obéis-moi, mon cœur, car je suis ton maître tant que tu es dans mon corps » (Livre des morts, chap. 27).
C'est la même idée que le « savoir avec » du grec et du latin. Une conscience, c'est un savoir qui m'accompagne. Et qui peut parler contre moi.
FACTUEL En Inde, une école de pensée, le Sāṃkhya, fait du témoin le cœur de son système. Pour elle, la seule réalité consciente est un témoin pur, le puruṣa, qui regarde sans agir (Sāṃkhyakārikā 19-20). J'y reviens plus bas, parce que cette idée parle directement des machines d'aujourd'hui.
Les animaux, les plantes et les pierres ont-ils une conscience ?
FACTUEL Les traditions répondent rarement par « tous » ou par « aucun ». Elles répondent par degrés. Le philosophe chinois Xunzi l'a dit en une phrase : « L'eau et le feu ont le souffle, mais pas la vie. Les herbes et les arbres ont la vie, mais pas la connaissance. Les oiseaux et les bêtes ont la connaissance, mais pas le sens du juste. L'homme a le souffle, la vie, la connaissance, et en plus le sens du juste » (Xunzi 9).

FACTUEL La Bible est parfois plus humble. Un livre de sagesse, Qohélet, écrit que les humains et les bêtes « ont tous un même souffle », et que l'humain n'a « aucun avantage sur la bête » (Qohélet 3:19).
FACTUEL Pour les plantes, les avis divergent depuis longtemps. Les Lois de Manu, en Inde, disent des plantes qu'elles ont « une conscience intérieure » et qu'elles connaissent plaisir et douleur (Lois de Manu 1.49). Le bouddhisme ancien hésite. Dans la règle des moines, des gens se plaignent qu'un moine a coupé un arbre et fait du mal à « un vivant à une seule faculté ». Le Bouddha interdit alors d'abîmer les plantes, « car les gens voient de la vie dans l'arbre » (Vinaya, Pācittiya 11). Les traducteurs ne sont pas d'accord sur ce mot : certains écrivent « conscient », d'autres « vivant ».
SYMBOLIQUE Le Rigveda, l'un des plus anciens textes de l'Inde, consacre un hymne aux plantes, « nées trois âges avant les dieux ». Et il les fait parler : « Les plantes conversent entre elles et disent… » (Rigveda 10.97).
EXPÉRIENCE Je pense que les plantes ont une conscience : celle du règne végétal, pas celle de l'homme. Je découvre que je ne suis pas le premier à le penser.
FACTUEL Le Coran va plus loin : « Il n'existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier » (Coran 17:44). Pour ce texte, chaque chose a sa façon de louer Dieu, même si l'homme ne la comprend pas.
FACTUEL Et les pierres ? En 1960, l'anthropologue américain Irving Hallowell rapporte une conversation avec un vieil homme ojibwé, un peuple autochtone d'Amérique du Nord. Dans leur langue, les pierres se rangent avec les êtres animés. Il lui demande si toutes les pierres qui les entourent sont vivantes. Le vieil homme réfléchit longtemps, puis répond : « Non ! Mais certaines le sont » (Hallowell, 1960). Pour Hallowell, ce qui décide, c'est l'expérience : ce qu'une pierre a été vue faire, pas une règle posée d'avance.
FACTUEL L'anthropologue français Philippe Descola a cherché un mot pour comparer toutes ces façons de voir. Il parle d'« intériorité » : « intentionnalité, subjectivité, réflexivité, affects, aptitude à signifier ou à rêver » (Descola, 2002). C'est sans doute le mot le plus proche de « conscience », en plus large.
À toi d’explorer
Carte des traditions
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Égypte ancienne. La vue, l’ouïe et la respiration « rapportent au cœur » (Théologie memphite). Au jugement des morts, le défunt prie son cœur de ne pas témoigner contre lui (Livre des morts, chap. 30B).
Bible hébraïque. Salomon demande « un cœur qui écoute », pour discerner le bien du mal (1 Rois 3:9). Pour Qohélet, humains et bêtes « ont tous un même souffle » (Qohélet 3:19).
Grèce ancienne. Le mot qui a donné « conscience » voulait d’abord dire « connaissance partagée avec un autre » (Liddell-Scott) : un savoir qui m’accompagne. Les stoïciens l’employaient même pour les animaux (Diogène Laërce 7.85).
suneidêsis
Inde : Upanishads. Le soi voit sans pouvoir être vu (Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.4.2). Il est « dans le cœur » : c’est pour cela que le cœur s’appelle hṛdayam (Chāndogya Upaniṣad 8.3.3).
ātman (le soi)
Inde : Sāṃkhya. Seul un témoin pur est conscient : il regarde sans agir. L’intellect et le mental disent « je », sans être conscients par eux-mêmes (Sāṃkhyakārikā 19-20).
puruṣa (le témoin)
Chine. Pour Mencius, le cœur porte le sens du vrai et du faux (Mencius 2A6). Xunzi range les êtres par degrés : souffle, vie, connaissance, sens du juste (Xunzi 9).
心 (xin), cœur et esprit
Bouddhisme ancien. Le Bouddha interdit d’abîmer les plantes, « car les gens voient de la vie dans l’arbre » (Vinaya, Pācittiya 11). La conscience naît de conditions, comme un feu (Majjhima Nikāya 38).
Coran. « Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent », ce sont les cœurs (Coran 22:46). Chaque chose loue Dieu à sa façon, même si l’homme ne la comprend pas (Coran 17:44).
Mayas tseltal. Le cœur est le « siège de la mémoire, la conscience ». « Il a repris conscience » se dit « son cœur a revécu » (Polian, dictionnaire tseltal).
o’tan (le cœur)
Ojibwé. Les pierres se rangent avec les êtres animés. Toutes vivantes ? « Non ! Mais certaines le sont » (Hallowell, 1960).
Sources : dans chaque fiche (détail en bas de l’article).
Penser, est-ce être conscient ?
FACTUEL Les Upanishads posaient déjà la distinction. Elles décrivent un « régisseur intérieur », celui « qui habite dans le mental, mais qui est autre que le mental, que le mental ne connaît pas » (Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.7.20).
FACTUEL Pour le Sāṃkhya indien, penser n'est pas être conscient. Dans ce système, l'intellect, le sens du « moi » et le mental appartiennent à la matière. Ils travaillent, décident, disent « je ». Mais ils ne sont pas conscients par eux-mêmes. Un texte fondateur le dit : par leur union avec le témoin, ce qui n'est pas conscient « paraît comme conscient » (Sāṃkhyakārikā 19-20).
FACTUEL Le bouddhisme ancien va dans un autre sens, mais il refuse lui aussi de faire de la conscience une chose. Un moine, Sāti, croit que la conscience est « celui qui parle, celui qui ressent », et qu'elle passe d'une vie à l'autre. Le Bouddha le reprend : la conscience naît de conditions, comme un feu, qui porte le nom de ce qui le fait brûler (Majjhima Nikāya 38).
EXPLORATOIRE Si je transpose, et c'est moi qui transpose : dans le cadre du Sāṃkhya, qu'une machine décide, dise « je » ou parle de morale ne prouverait pas qu'elle est consciente. Mais ce même cadre ne dit pas non plus que mon intellect à moi est conscient par lui-même. La question ne sépare pas l'homme de la machine. Elle sépare le penser du ressentir.
Et l'IA, dans ces miroirs anciens ?
SYMBOLIQUE Les anciens ne parlaient pas des machines d'aujourd'hui. Mais certains de leurs récits résonnent étrangement. Dans le Popol Vuh, le livre sacré des Mayas k'iche', les dieux essaient plusieurs fois de créer l'humain. Une fois, ils sculptent des effigies de bois. Elles ont l'apparence des gens et parlent comme eux. Elles se multiplient. « Pourtant, elles n'avaient ni cœur ni pensée. Elles ne se souvenaient pas de Ceux qui les avaient formées et façonnées. » Le texte conclut que ce n'était « qu'un essai, une tentative de gens » (Popol Vuh).
SYMBOLIQUE En Égypte, lors de la momification, un scarabée de pierre était parfois placé « à la place du cœur » (Livre des morts, chap. 30). Sur ces scarabées était souvent gravée la prière au cœur de ne pas témoigner contre son propriétaire (Livre des morts, chap. 30B). Un cœur de pierre, fabriqué pour se taire.
EXPÉRIENCE Je ne dis pas que ces textes annonçaient l'IA. Je dis que leurs mots m'aident à poser la question autrement. Une IA parle, comme les effigies de bois. Mais a-t-elle un cœur, au sens de ces textes : un centre qui comprend, se souvient, ressent et répond de ce qu'il fait ? Pour savoir ce qu'est vraiment un assistant IA, je l'explore dans un autre article (Qu'est-ce qu'un assistant IA, vraiment ?).
Ce que j'en retiens : bien avant les laboratoires, des hommes cherchaient déjà la conscience. Pas dans la tête, mais au centre de la personne.
Questions fréquentes
Les anciens avaient-ils un mot pour « conscience » ?
Pas un mot unique. Selon les traditions, ce que le français appelle conscience était réparti entre le cœur, le souffle, un témoin intérieur ou un « soi ». En grec, le mot qui a donné le français « conscience » voulait d'abord dire « connaissance partagée avec un autre » (Liddell-Scott).
Pourquoi les Égyptiens pensaient-ils avec le cœur ?
Pour eux, le cœur recevait ce que les sens percevaient et faisait naître la compréhension (Théologie memphite). Il gardait aussi la mémoire des actes, au point de pouvoir témoigner lors du jugement des morts (Livre des morts, chap. 30B).
Les religions anciennes disaient-elles que les plantes sont conscientes ?
Certaines oui, d'autres non, et beaucoup hésitaient. Les Lois de Manu leur prêtent une « conscience intérieure » (Lois de Manu 1.49). Le bouddhisme ancien interdit de les abîmer, mais ses traducteurs ne s'accordent pas sur le statut qu'il leur donne (Vinaya, Pācittiya 11).
Qu'est-ce que l'animisme ?
C'est le nom donné par les anthropologues aux façons de voir où des animaux, des plantes ou des pierres peuvent être des personnes. Mais « tout est vivant » n'est pas ce que disent les peuples concernés : « Non ! Mais certaines le sont », répond un vieil Ojibwé à propos des pierres (Hallowell, 1960).
Sources
- Livre des morts, chap. 26 — Livre des morts égyptien, chapitre 26, dans la traduction de T. G. Allen, The Book of the Dead or Going Forth by Day, Oriental Institute, Chicago, 1974, p. 38 (traduction française : la mienne). Lien
- 1 Samuel 24:6 — Bible hébraïque, 1 Samuel 24:6 (24:5 dans les bibles chrétiennes), texte massorétique sur Sefaria. Littéralement : « le cœur de David le frappa ». Lien
- Liddell-Scott — Liddell et Scott, A Greek-English Lexicon (dictionnaire grec ancien de référence), article συνείδησις (suneidêsis), via la Perseus Digital Library. Sens : 1. connaissance partagée avec un autre ; 2. information ; 3. connaissance ; 4. conscience, fait d'être conscient ; 5. conscience du bien et du mal. Lien
- Diogène Laërce 7.85 — Diogène Laërce, Vies des philosophes, VII, 85, citant le stoïcien Chrysippe ; trad. anglaise de R. D. Hicks, 1925 (Perseus). Lien
- Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.4.2 — Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.4.2, texte sanskrit (GRETIL). Traduction anglaise de référence : R. E. Hume, The Thirteen Principal Upanishads, 1921 (« You could not see the seer of seeing »). Lien
- Théologie memphite — Pierre de Shabaka (British Museum), « Théologie memphite », trad. anglaise de M. Lichtheim, Ancient Egyptian Literature I, 1973, reproduite en ligne (non collationnée avec l'édition imprimée). La date du texte est débattue. Lien
- 1 Rois 3:9 — Bible hébraïque, 1 Rois 3:9, Sefaria : Salomon demande « un cœur qui écoute » (lev shomea) pour discerner le bien et le mal. Lien
- Mencius 2A6 — Mencius, livre 2A, chapitre 6 (texte chinois, Wikisource). Traduction française : la mienne. Lien
- Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 4.1.7 — Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 4.1.7, trad. R. E. Hume, 1921 : Yājñavalkya au roi Janaka. Lien
- Chāndogya Upaniṣad 8.3.3 — Chāndogya Upaniṣad 8.3.3, trad. R. E. Hume, 1921 : jeu étymologique sur hṛdayam, « le cœur ». Lien
- Coran 22:46 — Coran, sourate 22, verset 46, traduction de M. Hamidullah (quran.com). Texte français (Hamidullah) : « Que ne parcourent-ils sur la Terre afin d’avoir des cœurs pour comprendre, et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais, ce sont les cœurs dans les poitrines qui s’aveuglent. » Lien
- Polian, dictionnaire tseltal — G. Polian, dictionnaire multidialectal du tseltal (maya, Chiapas), entrée o'tan « cœur », Dictionaria. Lien
- Aitareya Upaniṣad 3.1-2 — Aitareya Upaniṣad 3.1-2, trad. R. E. Hume, The Thirteen Principal Upanishads, 1921 : « ce qui est cœur (hṛdaya) et mental (manas) », c'est-à-dire la conscience (saṃjñāna), la perception, le discernement, l'intelligence, etc. Traduction française : la mienne. Lien
- Livre des morts, chap. 30B — Livre des morts, chapitre 30B, trad. T. G. Allen, 1974, p. 40. Allen précise que ce texte est couramment inscrit sur les scarabées de cœur. Lien
- Livre des morts, chap. 27 — Livre des morts, chapitre 27, trad. T. G. Allen, 1974, p. 38 : le défunt parle à son cœur comme à un autre. Lien
- Sāṃkhyakārikā 19-20 — Īśvarakṛṣṇa, Sāṃkhyakārikā, strophes 19 et 20 (texte sanskrit, GRETIL) : le puruṣa est « témoin » (sākṣitvam, SK 19) ; par l'union, le corps subtil (qui comprend l'intellect et le mental), non conscient, paraît comme conscient (SK 20). Traduction française : la mienne. Lien
- Xunzi 9 — Xunzi, chapitre 9 « Wangzhi » (texte chinois, Wikisource). Traduction française : la mienne. Lien
- Qohélet 3:19 — Bible hébraïque, Qohélet (Ecclésiaste) 3:19, Sefaria. Lien
- Lois de Manu 1.49 — Manusmṛti (Lois de Manu) 1.49, texte sanskrit (GRETIL), à propos des plantes. Bühler (1886) traduit : « possess internal consciousness and experience pleasure and pain ». Lien
- Vinaya, Pācittiya 11 — Vinaya (règle monastique bouddhique), Pācittiya 11, SuttaCentral. Les gens se plaignent que des moines font du mal à « un vivant à une seule faculté » ; le Bouddha : « car les gens voient de la vie dans l'arbre ». Les traductions divergent : Brahmali rend par « conscious », Schmithausen (1991) par « living beings ». Lien
- Rigveda 10.97 — Rigveda, livre X, hymne 97 « Éloge des plantes », trad. R. T. H. Griffith, 1896 (strophes 1 et 22). Traduction française : la mienne. Lien
- Coran 17:44 — Coran, sourate 17, verset 44, traduction de M. Hamidullah (quran.com). Texte français (Hamidullah) : « Les sept cieux et la Terre et ceux qui s’y trouvent, célèbrent Sa gloire. Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier. Certes c’est Lui qui est Indulgent et Pardonneur. » Lien
- Hallowell, 1960 — A. Irving Hallowell, « Ojibwa Ontology, Behavior, and World View », dans Culture in History, Columbia University Press, 1960, p. 24-25. Lien
- Descola, 2002 — Philippe Descola, « Anthropologie de la nature », résumé du cours 2001-2002, Annuaire du Collège de France, p. 627-628. Lien
- Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.7.20 — Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad 3.7.20, trad. R. E. Hume, 1921 : le « régisseur intérieur ». Lien
- Majjhima Nikāya 38 — Majjhima Nikāya 38 (canon pāli), SuttaCentral, trad. anglaise de Bhikkhu Sujato : le moine Sāti croit que la conscience est « celui qui parle, celui qui ressent » ; le Bouddha répond qu'elle naît de conditions, comme le feu. Lien
- Zhuangzi 17 — Zhuangzi, chapitre 17 « Qiu shui », le dialogue sur le pont de la Hao (texte chinois, Wikisource). Traduction française : la mienne. Lien
- Popol Vuh — Popol Vuh, livre sacré des Mayas k'iche' (XVIe siècle), trad. anglaise d'Allen J. Christenson, Mesoweb, 2007, p. 70-71. Traduction française : la mienne. Lien
- Livre des morts, chap. 30 — Livre des morts, chapitre 30, prescription finale, trad. T. G. Allen, 1974, p. 40 : la formule se dit sur un scarabée de pierre placé à la place du cœur. Lien

