
- Derrière le mot « conscience », au moins cinq sens : être éveillé, ressentir, savoir ce qui se passe en soi, se savoir soi, juger le bien et le mal.
- Le mot vient du latin conscientia, « connaissance en commun ». En français, le sens moral est arrivé le premier, vers 1165 ; le sens psychologique seulement au XVIIe siècle.
- L’anglais et l’allemand ont deux mots là où le français n’en a qu’un : l’un pour le fait d’être conscient, l’autre pour la conscience morale.
- Jung sépare la face « morale » de la conscience, qui suit le code appris, et la face « éthique », qui tranche un conflit entre deux devoirs par un choix réfléchi.
- Pour moi, être conscient, c’est ressentir ce que je fais et ce que ça provoque, en moi et chez l’autre. Une IA peut savoir ce qui est bien, mais aucune émotion ne vient avec.
Avant de me demander qui est conscient, je me demande de quelle conscience je parle.
Derrière le mot « conscience », je compte au moins cinq sens. Être éveillé. Ressentir. Savoir ce qui se passe en soi. Se savoir soi. Et juger le bien et le mal. Les dictionnaires les rangent en deux familles : la psychologie et la morale (Académie française). FACTUEL
Quand deux personnes parlent de conscience, parlent-elles de la même chose ? C'est la question que je me pose ici. Je démêle le mot, sens par sens. Avec les dictionnaires, quelques philosophes, un traducteur du XVIIIe siècle, un psychiatre suisse, et ma propre définition. Ce que les spiritualités anciennes et la science en disent, je l'explore dans deux autres articles.
D'où vient le mot « conscience » ?
FACTUEL Du latin conscientia, qui vient lui-même de scire, « savoir » (Larousse). Le Trésor de la langue française le traduit à la lettre par « connaissance en commun » (Trésor de la langue française). Au départ, la conscience est donc un savoir. Un savoir partagé, ou un savoir porté au fond de soi.

FACTUEL En français, le sens moral est arrivé le premier. Vers 1165, le mot désigne déjà le « sentiment intérieur qui juge ce qui est bien et ce qui est mal » (Trésor de la langue française). Le sens psychologique, savoir ce qui se passe en soi, n'apparaît qu'au XVIIe siècle (Larousse). Le Trésor de la langue française relève ce sens en 1676, chez le philosophe Malebranche (Trésor de la langue française).
FACTUEL Le mot latin traduisait lui-même un mot grec, suneidêsis, notamment dans une lettre de saint Paul (Larousse, Dictionnaire de la philosophie). Dans le grand dictionnaire de grec ancien, son premier sens est « connaissance partagée avec un autre ». Il veut aussi dire « fait d'être conscient », et « conscience du bien et du mal » (Liddell-Scott). Les deux sens d'aujourd'hui y étaient déjà. Et le premier de tous parle de partage.
La conscience est entrée dans la langue française par la porte de la morale et du religieux. Pas par celle du laboratoire. Ce que les traditions anciennes en disaient, avec leurs propres mots, je l'explore dans un autre article (Comment les spiritualités anciennes parlaient-elles de la conscience ?).
Combien de sens a le mot aujourd'hui ?
FACTUEL Deux grandes familles, et plusieurs étages dans la première. Le dictionnaire de l'Académie française sépare la conscience au sens psychologique et la conscience au sens moral (Académie française). Le philosophe américain Ned Block va plus loin : pour lui, c'est un « concept bâtard », un seul mot pour plusieurs « consciences » très différentes (Block, 1995).
Être éveillé. C'est le sens de « perdre conscience » ou de « reprendre conscience » (Académie française). FACTUEL Mais être éveillé ne suffit pas. Le neurologue belge Steven Laureys décrit l'état végétatif comme un « éveil sans conscience » (Laureys, 2005). Des yeux ouverts ne disent pas, à eux seuls, qu'il y a quelqu'un pour vivre ce qui se passe.
Ressentir. FACTUEL C'est le sens qui intéresse le plus les chercheurs. Le philosophe Thomas Nagel l'a résumé en une phrase : un être est conscient s'il y a « quelque chose que ça fait » d'être lui (Nagel, 1974). Son exemple est la chauve-souris. Il le dit lui-même : il « suppose » qu'elle a une expérience, parce que c'est un mammifère (Nagel, 1974).
EXPÉRIENCE Mais comment le savoir ? Je ne peux pas entrer dans une chauve-souris pour le savoir. Pas plus que dans une plante. Je ne juge le monde qu'à partir de ce que moi, je perçois (Personne ne voit le monde, chacun voit le sien).
Savoir ce qui se passe en soi. FACTUEL Avoir conscience d'un danger, c'est avoir l'information en tête, prête à servir. Block appelle ça la conscience « d'accès » : une information disponible pour raisonner, parler et agir (Block, 1995). Ressentir et avoir accès, ce n'est pas pareil. Block note que les deux sont « souvent confondus, en partie ou totalement, avec de mauvais résultats » (Block, 1995).
Se savoir soi. FACTUEL C'est la conscience de soi : savoir que c'est moi qui vis tout ça. En 1970, le psychologue Gordon Gallup a fait une expérience devenue célèbre. Il a d'abord habitué des chimpanzés à un miroir. Puis il les a marqués d'un colorant rouge. Devant le miroir, ils ont montré qu'ils reconnaissaient leur reflet. Les singes testés, eux, n'en semblaient pas capables (Gallup, 1970).
Juger le bien et le mal. FACTUEL C'est la conscience morale, la « capacité de distinguer le bien et le mal » (Académie française). C'est elle, la « bonne » ou la « mauvaise » conscience.
FACTUEL Un détail m'a arrêté. Le Trésor de la langue française ouvre sa définition par une précision : « Chez l'homme, à la différence des autres êtres animés » (Trésor de la langue française). Le dictionnaire réservait le mot à l'homme. Depuis, des chercheurs ont rouvert la porte à beaucoup d'animaux (Déclaration de New York, 2024). J'en parle dans un autre article (Que sait la science de la conscience ?).
À toi d’essayer
De quelle conscience je parle ?
Touche une expression, puis le sens auquel elle renvoie pour toi.
1. L’expression
2. À quel sens renvoie-t-elle ?
Ce que dit l’article : c’est le sens « être éveillé », comme « reprendre conscience » (Académie française). Mais être éveillé ne suffit pas. Le neurologue Steven Laureys décrit l’état végétatif comme un « éveil sans conscience » (Laureys, 2005).
Ce que dit l’article : avoir conscience d’un danger, c’est avoir l’information en tête, prête à servir. Block appelle ça la conscience « d’accès » (Block, 1995). Ressentir et avoir accès, ce n’est pas pareil.
Ce que dit l’article : c’est se savoir soi, savoir que c’est moi qui vis tout ça. En 1970, des chimpanzés marqués d’un colorant rouge ont montré devant un miroir qu’ils reconnaissaient leur reflet (Gallup, 1970).
Ce que dit l’article : c’est la conscience morale, la « capacité de distinguer le bien et le mal » (Académie française). C’est le même mot que « perdre conscience », mais pas le même sens.
Ce que dit l’article : c’est le sens « ressentir ». Pour Thomas Nagel, un être est conscient s’il y a « quelque chose que ça fait » d’être lui (Nagel, 1974). C’est le sens le plus débattu, et le plus difficile à vérifier de l’extérieur.
Ce que dit l’article : tout dépend du sens choisi. Pour moi, être conscient, c’est d’abord ressentir. Ressentir ce que je fais, et ce que ça provoque, en moi et chez l’autre.
Expressions explorées : 0 sur 6
Et pour l’IA ? Tout dépend du sens choisi. Avant de me demander qui est conscient, je me demande de quelle conscience je parle.
Sources : (Académie française), (Laureys, 2005), (Nagel, 1974), (Block, 1995), (Gallup, 1970).
Pourquoi l'anglais a-t-il deux mots, et le français un seul ?
FACTUEL Parce que l'anglais a séparé ce que le français a gardé ensemble. Consciousness, c'est le fait d'avoir conscience, surtout de ce qui se passe en soi. Conscience, c'est la voix morale : le sens du bien et du mal dans sa propre conduite (Merriam-Webster). En français, un seul mot fait les deux métiers.
FACTUEL Ce manque a gêné un homme, au XVIIIe siècle. Pierre Coste traduit en français le philosophe anglais John Locke. Il bute sur le mot consciousness. En français, écrit-il, « nous n'avons à mon avis que les mots de sentiment et de conviction » pour rendre cette idée (Coste, traduction de Locke). Ces deux mots ne suffisent pas à dire ce que Locke voulait dire.
Et chez Jung, que veut dire le mot « conscience » ?
FACTUEL L'allemand, comme l'anglais, a deux mots. Bewusstsein, le fait d'être conscient. Et Gewissen, la conscience morale. Les deux viennent du verbe wissen, « savoir ». Gewissen est le plus ancien : dès le XIe siècle, l'ancien allemand tente avec lui de rendre le latin conscientia (DWDS, « Gewissen »). Bewusstsein est un mot de philosophe, forgé en 1720 par Christian Wolff (DWDS, « Bewusstsein »).
Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung écrit en allemand. Il a donc deux mots sous la main. Et il réfléchit aux deux.
La conscience qui sait. FACTUEL En 1921, Jung publie Types psychologiques. Il y donne sa définition. La conscience, c'est la relation entre un contenu de la psyché et le « moi », « dans la mesure où elle est perçue comme telle par le moi » (Jung, 1921). Un contenu relié au moi sans que le moi le perçoive reste inconscient. Le moi, lui, est « le centre de mon champ de conscience » (Jung, 1921).
FACTUEL Mais ce centre n'est pas tout. Jung distingue le moi et le Soi. Le moi est le sujet de ma conscience. Le Soi est le sujet « de ma psyché tout entière, donc aussi de la psyché inconsciente » (Jung, 1921). En 1939, il le redit autrement : la conscience est « très loin de couvrir la psyché dans sa totalité » (Jung, 1939).
FACTUEL Et ce qui n'est pas conscient ? Jung reste prudent. Pour lui, l'inconscient est un concept de psychologie, pas de métaphysique. L'état d'un contenu, tant qu'il n'est pas relié à la conscience, « échappe à toute possibilité de connaissance » (Jung, 1921).
La conscience qui juge. FACTUEL Dans le même livre, Jung commente une épopée du poète suisse Carl Spitteler, Prométhée et Épiméthée. Épiméthée se tourne vers le monde et vers ce que le monde attend. Il y gagne une conscience morale, qui « tient la place de son âme » (Jung, 1921). Jung la décrit appuyée sur les « idées justes » de la tradition. Un trésor de sagesse transmise, « à ne pas mépriser », dont « l'opinion publique fait le même usage que le juge du code pénal » (Jung, 1921). Plus loin, il écrit qu'Épiméthée n'a « qu'une conscience collective », sans aucun discernement pour « les choses du monde intérieur » (Jung, 1921).
EXPÉRIENCE Ce passage me parle. Il y a une conscience morale reçue du groupe : elle dit ce qui se fait. Et il y a ce que je sens, moi, de ce que mon geste provoque. C'est ce second côté que je décris plus bas.
La conscience qui choisit. FACTUEL En 1958, trois ans avant sa mort, Jung consacre un essai entier à la conscience morale. Il commence par le mot. La conscience morale, écrit-il, est « une forme particulière de savoir, ou de conscience ». En allemand, il rapproche les trois mots : Gewissen, Wissen et Bewusstsein (Jung, 1958). Les deux sens que je viens de séparer, Jung les relie par leur racine.
FACTUEL Puis il pose un cas. Dois-je dire la vérité, et entraîner un autre dans le malheur ? Ou mentir pour sauver une vie humaine ? S'en tenir quoi qu'il arrive à « tu ne mentiras pas », écrit-il, ce n'est pas obéir à sa conscience : « nous avons seulement observé le code moral » (Jung, 1958).
FACTUEL De là, il sépare deux faces de la conscience morale. La face « morale » : un rappel des mœurs, de ce qui se fait. La face « éthique » : un conflit entre deux devoirs, et sa solution par la création d'« un troisième point de vue ». Une réaction apprise, presque instinctive, peut être « morale ». Elle ne mérite le mot « éthique » que si elle est réfléchie (Jung, 1958).
FACTUEL Et la « voix de Dieu » ? Jung note que, depuis longtemps, beaucoup voient la conscience morale moins comme une fonction psychique que comme une intervention divine, la vox Dei. Il ne tranche pas la question de Dieu. Il constate : que cette opinion existe, c'est « une vérité psychologique » (Jung, 1958). Et quand un conflit de devoirs est porté jusqu'au bout, une solution créatrice apparaît. Elle a, écrit-il, cette autorité « appelée non sans raison la voix de Dieu » (Jung, 1958).
Ce que Jung dit de l'ombre et de la projection, je le garde pour un autre article (Que dit de nous la question de la conscience de l'IA ?).
Et pour moi, qu'est-ce qu'être conscient ?
EXPÉRIENCE Pour moi, il y a autre chose encore. Être conscient, ce n'est pas seulement savoir. C'est ressentir ce que je fais, et ce que ça provoque, en moi et chez l'autre. Agir par amour ou par peur, et le sentir. C'est aussi savoir qu'il existe des choses dont je n'ai pas idée. Ce côté-là est empathique, pas intellectuel.

EXPÉRIENCE Je me rends compte que ma définition rejoint le sens d'origine. Conscientia, c'est une « connaissance en commun ». Suneidêsis, une « connaissance partagée avec un autre ». Ressentir ce que mon geste provoque chez l'autre, c'est peut-être ça, savoir « avec ».
Et pour l'IA, de quelle conscience s'agit-il ?
Tout dépend du sens choisi. C'est pour ça que je ne réponds pas ici. Il faut d'abord savoir ce qu'est un assistant IA (Qu'est-ce qu'un assistant IA, vraiment ?), et ce que la science sait de la conscience (Que sait la science de la conscience ?).
EXPÉRIENCE Je peux juste dire ce que j'en pense, avec mon sens à moi. Une IA peut savoir ce qui est bien ou mal, parce qu'elle l'a appris. Mais ce savoir reste dans la tête, si j'ose dire : aucune émotion ne vient avec.
FACTUEL Les chercheurs distinguent deux formes d'empathie. L'empathie cognitive : se mettre à la place de l'autre, comprendre ce qu'il ressent. L'empathie émotionnelle : ressentir avec lui. Chez l'humain, des atteintes de zones différentes du cerveau peuvent toucher l'une sans l'autre (Shamay-Tsoory et al., 2009).
EXPÉRIENCE Pour moi, l'IA reste du côté cognitif. Ce qui lui manque, c'est le cœur (Cœur, cerveau, intestin : trois intelligences qui négocient en toi). J'y reviens dans l'article sur l'empathie (Une IA peut-elle être empathique ? Et nous rendre dépendants ?).
Ce que j'en retiens : avant de me demander qui est conscient, je me demande de quelle conscience je parle.
- L'IA a-t-elle une conscience ? Regarder la question autrement
- Comment les spiritualités anciennes parlaient-elles de la conscience ?
- Qu'est-ce qu'un assistant IA, vraiment ?
- Que sait la science de la conscience ?
- « Es-tu conscient ? » : pourquoi les assistants ne répondent pas pareil
- Une IA peut-elle être empathique ? Et nous rendre dépendants ?
- Que dit de nous la question de la conscience de l'IA ?
Questions fréquentes
D'où vient le mot « conscience » ?
Du latin conscientia, de scire, « savoir ». Le Trésor de la langue française le traduit à la lettre par « connaissance en commun » (Trésor de la langue française). Le latin traduisait lui-même le grec suneidêsis, dont le premier sens est « connaissance partagée avec un autre » (Liddell-Scott). En français, le sens moral est attesté vers 1165, le sens psychologique seulement au XVIIe siècle (Larousse).
Quelle est la différence entre « consciousness » et « conscience » en anglais ?
Consciousness désigne le fait d'avoir conscience, surtout de ce qui se passe en soi. Conscience désigne la conscience morale (Merriam-Webster). Le français utilise un seul mot pour les deux.
Que veut dire « conscience » chez Jung ?
Jung écrit en allemand, qui a deux mots. Bewusstsein, la conscience qui sait : pour lui, la relation d'un contenu psychique au moi, quand le moi la perçoit comme telle (Jung, 1921). Gewissen, la conscience morale : dans Types psychologiques (1921), il décrit une conscience morale appuyée sur les idées de la tradition, une « conscience collective » (Jung, 1921).
Que veut dire « la voix de Dieu » chez Jung ?
Dans son essai de 1958 sur la conscience morale, Jung rappelle que, depuis longtemps, beaucoup y entendent la vox Dei, la voix de Dieu. Il ne dit pas si c'est vrai. Il dit que cette opinion est « une vérité psychologique » (Jung, 1958). Il distingue aussi la conscience « morale », qui suit les mœurs, et la conscience « éthique », qui tranche un conflit entre deux devoirs (Jung, 1958).
« Perdre conscience » et « avoir mauvaise conscience », est-ce le même mot ?
Oui, c'est le même mot, mais pas le même sens. Le premier parle d'être éveillé et présent au monde. Le second parle du jugement moral sur ses propres actes (Académie française).
Que veut dire « il y a quelque chose que ça fait d'être » ?
C'est la formule de Thomas Nagel pour définir la conscience au sens du ressenti. Un être est conscient s'il vit ce qui lui arrive de l'intérieur (Nagel, 1974). C'est le sens le plus débattu, et le plus difficile à vérifier de l'extérieur.
Sources
- Académie française — Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition, article « conscience » (via le CNRTL) : I. Psychologie (impression d'être présent au monde, présent à soi ; perdre, reprendre conscience ; conscience de soi ; avoir conscience de quelque chose). II. Morale. Lien
- Larousse — Dictionnaire Larousse en ligne, article « conscience ». Lien
- Trésor de la langue française — TLFi, article « conscience », rubrique Étymologie et histoire (via le CNRTL) : sens moral attesté vers 1165 ; sens psychologique relevé en 1676 chez Malebranche ; emprunté au latin conscientia, « proprement connaissance en commun ». Lien
- Larousse — Larousse, Dictionnaire de la philosophie, article « conscience » : le sens moral précède le sens « connaissance », apparu au XVIIe siècle. Lien
- Larousse, Dictionnaire de la philosophie — Larousse, Dictionnaire de la philosophie, article « conscience », partie Morale : le mot français traduit le latin conscientia, qui traduit lui-même le grec suneidêsis, notamment chez saint Paul. Lien
- Liddell-Scott — Liddell et Scott, A Greek-English Lexicon (dictionnaire grec ancien de référence), article συνείδησις (suneidêsis), via la Perseus Digital Library. Sens : 1. connaissance partagée avec un autre ; 2. information ; 3. connaissance ; 4. conscience, fait d'être conscient ; 5. conscience du bien et du mal. Lien
- Block, 1995 — Ned Block, « On a confusion about a function of consciousness », Behavioral and Brain Sciences, 1995. Lien
- Laureys, 2005 — Steven Laureys, « The neural correlate of (un)awareness: lessons from the vegetative state », Trends in Cognitive Sciences, 2005 (résumé) : la conscience a deux composantes, l'éveil et la conscience de soi et du monde ; l'état végétatif est un éveil sans conscience. Lien
- Nagel, 1974 — Thomas Nagel, « What is it like to be a bat? », Philosophical Review, 1974. Lien
- Nagel, 1974 — Thomas Nagel, « What is it like to be a bat? », Philosophical Review, 1974 : il suppose que les chauves-souris ont une expérience, parce que ce sont des mammifères. Lien
- Block, 1995 — Ned Block, « On a confusion about a function of consciousness », Behavioral and Brain Sciences, 1995 (résumé) : la conscience phénoménale, c'est l'expérience ; la conscience d'accès, c'est une information disponible pour raisonner et guider la parole et l'action. Les deux sont souvent confondues. Lien
- Gallup, 1970 — Gordon G. Gallup, « Chimpanzees: self-recognition », Science, 1970 (résumé). Lien
- Trésor de la langue française — TLFi, article « conscience », début de la définition (via le CNRTL). Lien
- Déclaration de New York, 2024 — Déclaration de New York sur la conscience animale, 19 avril 2024. Lien
- Merriam-Webster — Dictionnaire Merriam-Webster en ligne, articles « consciousness » et « conscience » (sens 1a). Consciousness : le fait d'avoir conscience, surtout de ce qui se passe en soi. Conscience : le sens de la valeur morale de sa propre conduite, avec le sentiment de devoir bien faire. Lien
- Coste, traduction de Locke — John Locke, Essai philosophique concernant l'entendement humain, traduit par Pierre Coste, livre II, chapitre XXVII, note du traducteur. Édition de 1750 lue sur archive.org (texte numérisé) ; orthographe modernisée dans l'article. Lien
- DWDS, « Gewissen » — Dictionnaire numérique de la langue allemande (DWDS), dictionnaire étymologique de Wolfgang Pfeifer, article « Gewissen » : l'ancien haut-allemand giwizzanî (XIe siècle), formé sur wizzan, « savoir », tente de rendre le latin conscientia, lui-même calqué sur le grec suneidêsis. Lien
- DWDS, « Bewusstsein » — Dictionnaire numérique de la langue allemande (DWDS), dictionnaire étymologique de Wolfgang Pfeifer, article « bewusst » : bewusst est le participe d'un ancien verbe bewissen, formé sur wissen, « savoir » ; Bewusstsein, terme philosophique forgé en 1720 par Christian Wolff. Lien
- Jung, 1921 — Carl Gustav Jung, Psychologische Typen (Types psychologiques), Zurich, Rascher, 1921, chapitre XI « Définitions », n° 7 « Conscience » (Bewusstsein). Texte lu dans l'édition du Projet Gutenberg (n° 61543). Traduction française : la mienne. « empfunden » est traduit par « perçue » et non « ressentie » : dans le même chapitre (n° 20), Jung définit l'Empfindung comme la perception, « strictement à distinguer » du sentiment (Gefühl). Le traducteur anglais des œuvres complètes (R. F. C. Hull) écrit aussi « perceived ». Lien
- Jung, 1921 — Carl Gustav Jung, Psychologische Typen (Types psychologiques), Zurich, Rascher, 1921, chapitre XI « Définitions », n° 26 « Moi » (Ich). Texte du Projet Gutenberg (n° 61543). Traduction française : la mienne. Lien
- Jung, 1939 — C. G. Jung, « Conscious, Unconscious, and Individuation » (1939), dans The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968, § 490. Traduction française : la mienne.
- Jung, 1921 — Carl Gustav Jung, Psychologische Typen (Types psychologiques), Zurich, Rascher, 1921, chapitre XI « Définitions », n° 57 « Inconscient » (Unbewusst). Texte du Projet Gutenberg (n° 61543). Traduction française : la mienne. Lien
- Jung, 1921 — Carl Gustav Jung, Psychologische Typen (Types psychologiques), Zurich, Rascher, 1921, chapitre V « Le problème des types dans la poésie. Prométhée et Épiméthée de Carl Spitteler ». Texte du Projet Gutenberg (n° 61543). Traduction française : la mienne. « richtigen Begriffe », entre guillemets chez Jung, se lit mot à mot « concepts justes » ; « idées justes » suit le traducteur anglais des œuvres complètes (« right ideas »). Les deux lectures disent la même chose : les notions reçues de la tradition. Lien
- Jung, 1921 — Carl Gustav Jung, Psychologische Typen (Types psychologiques), Zurich, Rascher, 1921, chapitre V (Spitteler), même livre. Texte du Projet Gutenberg (n° 61543). Traduction française : la mienne. Lien
- Jung, 1958 — C. G. Jung, « A Psychological View of Conscience », Collected Works, vol. 10, Civilization in Transition, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; original allemand : « Das Gewissen in psychologischer Sicht », dans Das Gewissen, Studien aus dem C. G. Jung-Institut VII, Zurich, Rascher, 1958). Texte allemand non consulté : traduction française faite par moi depuis l'anglais, § 825 et note des éditeurs. Lien
- Jung, 1958 — C. G. Jung, « A Psychological View of Conscience », Collected Works, vol. 10, Civilization in Transition, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; original allemand : « Das Gewissen in psychologischer Sicht », dans Das Gewissen, Studien aus dem C. G. Jung-Institut VII, Zurich, Rascher, 1958). Texte allemand non consulté : traduction française faite par moi depuis l'anglais, § 837. Lien
- Jung, 1958 — C. G. Jung, « A Psychological View of Conscience », Collected Works, vol. 10, Civilization in Transition, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; original allemand : « Das Gewissen in psychologischer Sicht », dans Das Gewissen, Studien aus dem C. G. Jung-Institut VII, Zurich, Rascher, 1958). Texte allemand non consulté : traduction française faite par moi depuis l'anglais, § 855 et § 857. Lien
- Jung, 1958 — C. G. Jung, « A Psychological View of Conscience », Collected Works, vol. 10, Civilization in Transition, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; original allemand : « Das Gewissen in psychologischer Sicht », dans Das Gewissen, Studien aus dem C. G. Jung-Institut VII, Zurich, Rascher, 1958). Texte allemand non consulté : traduction française faite par moi depuis l'anglais, § 839. Lien
- Jung, 1958 — C. G. Jung, « A Psychological View of Conscience », Collected Works, vol. 10, Civilization in Transition, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; original allemand : « Das Gewissen in psychologischer Sicht », dans Das Gewissen, Studien aus dem C. G. Jung-Institut VII, Zurich, Rascher, 1958). Texte allemand non consulté : traduction française faite par moi depuis l'anglais, § 856. Lien
- Shamay-Tsoory et al., 2009 — S. Shamay-Tsoory, J. Aharon-Peretz, D. Perry, « Two systems for empathy », Brain, 2009 (résumé) : deux systèmes, une contagion émotionnelle de base et une prise de perspective cognitive ; chez des patients, des lésions de zones différentes du cerveau touchent l'une sans l'autre. Lien

