
- Plus que de la machine, la question parle de moi : la peur de perdre la main, de perdre ma place, et le désir que quelque chose me réponde enfin.
- C’est l’autonomie qui fait le plus peur, pas le ressenti. La question « est-elle consciente ? » en cache souvent une autre : « est-ce que ça m’échappe ? ».
- Pour Jung, je ne fabrique pas mes projections, je les rencontre. Avant de soupçonner la machine, je peux regarder ce que je mets en elle.
- Un LLM renvoie une part de ce que les humains ont écrit, déformée par le choix des textes et par le réglage. Le miroir n’est pas neutre, mais ce qu’il montre vient des humains.
- Je ne regarde pas les animaux et les plantes de façon neutre. Ce que je gagne à les voir d’une certaine façon pèse sur ce que je vois.
La machine ne me dit pas si elle est consciente. Elle me demande à quel point je le suis.
Certaines peurs m’appartiennent, d’autres me sont proposées. Faire le tri, c’est déjà agir en conscience.
EXPLORATOIRE Plus que de la machine, elle parle de nous. De nos peurs : perdre la main, perdre notre place. De nos désirs : que quelque chose nous réponde enfin. Et de notre regard : ce que je projette sur la machine, ce que je refuse de voir chez les animaux, ce que les écrits humains renvoient à travers elle. Dans les articles précédents, j'ai cherché ce qu'est l'IA. Ici, je retourne le miroir.
De quoi avons-nous vraiment peur ?
FACTUEL La peur est là, et elle est forte. Aux États-Unis, plus d'un adulte sur deux est plus inquiet qu'enthousiaste face à l'IA. La part a bondi en 2023, l'année qui a suivi la sortie de ChatGPT, et elle ne redescend pas. En 2026, pour la première fois, les moins de 30 ans sont majoritaires à le dire (Pew Research Center, 2026). En France, une personne sur deux dit que l'IA la rend nerveuse, un chiffre stable depuis 2023 (Ipsos, 2026).
L'inquiétude a bondi en 2023, puis s'est installée
Aux États-Unis : part des adultes « plus inquiets qu'enthousiastes » face à l'IA. En France : part des personnes d'accord avec « les produits et services utilisant l'IA me rendent nerveux » (échelle de 0 à 100 %).
États-Unis, tous les adultes
États-Unis, moins de 30 ans
France : « l'IA me rend nerveux »
FACTUEL Mais peur de quoi ? Pas d'abord d'une machine qui ressent. Aux États-Unis, les inquiétudes les plus citées sont les informations fausses et la perte du lien humain (Pew Research Center, 2025). En France, en mai 2026, l'IA est d'abord vue comme une menace pour les données personnelles, pour la vérité de l'information et pour la démocratie (Odoxa, 2026). Croire qu'une IA est consciente, en revanche, reste rare et stable (Pourquoi la conscience de l'IA fait-elle autant parler ?).
EXPLORATOIRE En lisant ces enquêtes, j'ai vu la peur se ranger en couches. À la surface, la vérité et le lien : ne plus savoir ce qui est vrai, perdre le contact humain. Dessous, le contrôle : très peu d'Américains pensent avoir leur mot à dire sur la place de l'IA dans leur vie (Pew Research Center, 2025). Plus bas, la place de l'humain. Et peut-être encore plus bas, une peur qu'aucune enquête ne mesure : découvrir ma propre part automatique. Je reprends ces couches une par une.
À toi d’explorer
Les couches de la peur
Déplie chaque couche, de la surface vers le fond.
Et si je regardais autrement ?
Cette peur m’appartient-elle, ou m’est-elle proposée ?
Certaines peurs m’appartiennent, d’autres me sont proposées. Faire le tri, c’est déjà agir en conscience.
Je la reprends plus bas : « Faut-il pour autant cesser d’avoir peur ? »
Et si je regardais autrement ?
Et si « est-elle consciente ? » cachait une autre question : « est-ce que ça m’échappe ? »
La conscience fait moins peur que l’autonomie (Pauketat et al., 2026).
Et si je regardais autrement ?
Au lieu de « que peut-elle faire ? », et si je me demandais : « que reste-t-il de propre à moi ? »
Je la reprends plus bas : « Ai-je peur de perdre ma place ? »
Et si je regardais autrement ?
Si une machine peut parler, consoler et raisonner sans être consciente, combien de mes propres réactions se font, elles aussi, « sans moi » ?
La machine ne me dit pas si elle est consciente. Elle me demande à quel point je le suis.
Je la reprends plus bas : « Et si la machine me montrait ma propre part automatique ? »
Une dernière question, plus simple et plus difficile. Avant de demander si la machine est consciente : où, aujourd’hui, ai-je moi-même agi comme une machine ? Par réflexe, par habitude, sans y penser.
Sources : (Pew Research Center, 2025) (Pew Research Center, 2025) (Pauketat et al., 2026).
Pourquoi une IA qui agit seule fait-elle plus peur qu'une IA qui ressent ?
FACTUEL Parce que la peur suit l'autonomie. En 2026, une équipe américaine a fait imaginer à 2 702 personnes une IA soit autonome, soit capable de ressentir. Prêter une sensibilité à l'IA augmente l'esprit et la considération morale qui lui sont accordés. Mais c'est l'autonomie qui augmente le plus la menace perçue (Pauketat et al., 2026). Les récits le disent depuis longtemps : dans 300 œuvres de fiction et d'essais, chaque espoir placé dans les machines a sa peur jumelle, et toutes passent par la question du contrôle (Cave et Dihal, 2019).
FACTUEL Prêter un ressenti à une machine peut aussi mettre mal à l'aise. En 2012, deux psychologues montrent qu'une machine dérange quand les gens lui prêtent la capacité de ressentir, pas celle d'agir (Gray et Wegner, 2012). Mais ces résultats viennent surtout de descriptions écrites. En 2023, une équipe de chercheurs conclut que le malaise pourrait venir des imperfections trop humaines du robot, plutôt que de l'esprit qui lui est prêté (Grundke et al., 2023). La même équipe, un an plus tard, trouve l'inverse : le robot présenté « avec un esprit » gêne davantage (Grundke et al., 2024). EXPLORATOIRE La question reste ouverte.
FACTUEL Et le manque d'esprit gêne aussi. Dans neuf études, les gens refusent qu'une machine prenne des décisions morales, en conduite, en justice, en médecine ou à la guerre. Parce qu'à leurs yeux, elle ne peut ni penser pleinement, ni ressentir (Bigman et Gray, 2018). J'ai creusé ce retournement dans un autre article (Et si le danger, c'était que l'IA ne soit pas consciente ?).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : la conscience fait moins peur que l'autonomie. La question « est-elle consciente ? » en cache souvent une autre : « est-ce que ça m'échappe ? ».
Ai-je peur de perdre ma place ?
FACTUEL Les chercheurs distinguent deux menaces. L'une est concrète : l'emploi, la sécurité. L'autre touche à l'identité : ce qui nous rend uniques. Un robot très humain, surtout s'il fait mieux que nous, peut être vécu comme les deux à la fois (Yogeeswaran et al., 2016). Détail curieux : face aux robots, c'est leur apparence humaine qui inquiète, pas l'esprit qui leur est prêté (Ferrari et al., 2016).
FACTUEL Face à cette menace, je me défends sans m'en rendre compte. Après avoir lu un texte sur les progrès de l'IA, les gens jugent plus « essentiels » à l'humain les traits que la machine n'a pas, comme les émotions ou la personnalité (Santoro et Monin, 2023). Je redessine la frontière pour garder ma place.
FACTUEL Il y a un effet en retour. Dans cinq études, prêter beaucoup d'humain à une IA conduit à juger les vraies personnes moins humaines (Kim et McGill, 2024). Ce que je donne à la machine, je peux le retirer aux autres.
EXPLORATOIRE Cette peur touche peut-être à quelque chose de plus profond. Dans une étude publiée en 2026, l'anxiété face à l'IA va avec l'angoisse existentielle, et avec le fait de beaucoup réfléchir aux grandes questions de l'existence. Elle est plus faible chez ceux qui savent comment l'IA fonctionne (Gobet et al., 2026). Une seule étude, 221 personnes : c'est une piste.
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : quand une machine parle, conseille et console, la question n'est plus seulement « que peut-elle faire ? ». C'est aussi « que reste-t-il de propre à moi ? ».
Et si la machine me montrait ma propre part automatique ?
EXPÉRIENCE Pour moi, l'inconscient, ce sont nos automatismes : les réflexes de survie, les biais, l'éducation. Ils dictent mes actes sans que je m'en aperçoive.
EXPLORATOIRE Alors une question me vient. Si une machine peut parler, consoler et raisonner sans être consciente, combien de mes propres réactions se font, elles aussi, « sans moi » ? Aucune enquête ne pose cette question. Je la pose quand même. J'ai commencé à la creuser à propos de l'empathie (Et si le danger, c'était que l'IA ne soit pas consciente ?).
FACTUEL Jung s'est posé des questions voisines, pour l'humain. Il écrit que la tendance à agir de façon autonome est une propriété plus ou moins générale de l'inconscient, visible surtout dans les émotions, y compris chez les gens en bonne santé (Jung, 1939). Que des motifs inconscients l'emportent souvent sur nos décisions conscientes, surtout pour les choix importants. Et que la mémoire fonctionne en règle générale de façon automatique (Jung, 1939).
FACTUEL Il pose aussi une limite : « Il ne peut y avoir de conscience là où il n'y a personne pour dire : je suis conscient » (Jung, 1939). Jung parlait de l'inconscient humain, pas des machines. EXPLORATOIRE Mais la phrase prend un autre relief aujourd'hui : une machine dit « je ». Dire « je » suffit-il ? Jung lui-même invite à la prudence : spéculer sur ce que nous ne pouvons pas connaître ne mène à rien (Jung, 1939).
EXPLORATOIRE La question se retourne aussi. Deux chercheurs de Princeton proposent que le plus important n'est pas de savoir si l'IA est consciente. C'est que nous puissions la croire consciente : la façon dont nous la traitons pourrait alors déteindre sur la façon dont nous traitons les autres (Guingrich et Graziano, 2024). C'est une hypothèse, avec des tests proposés, pas encore un résultat.
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : la machine ne me dit pas si elle est consciente. Elle me demande à quel point je le suis.
Est-ce que je projette sur la machine ce que je ne veux pas voir en moi ?
FACTUEL Pour Jung, projeter, c'est placer dans un objet extérieur quelque chose qui se passe en moi. Des contenus pénibles dont je me débarrasse, mais aussi des qualités auxquelles je n'ai pas accès, par exemple parce que je me sous-estime (Jung, 1921). Et je ne choisis pas de projeter : c'est l'inconscient qui le fait. Je rencontre mes projections, je ne les fabrique pas. Elles changent le monde en « réplique de son propre visage inconnu » (Jung, 1951).

FACTUEL Ce visage inconnu, Jung l'appelle l'ombre : la part de moi que je ne veux pas voir. La reconnaître demande un réel effort moral (Jung, 1951). Il emploie une image : « le miroir ne flatte pas », il montre fidèlement ce qui le regarde. Tant que je peux projeter tout ce qui est négatif autour de moi, j'évite cette rencontre avec moi-même (Jung, 1934). « La rencontre avec soi-même est d'abord la rencontre avec sa propre ombre » (Jung, 1934).
FACTUEL Il ajoute que l'ombre attend l'occasion de reparaître sous forme de projection sur le voisin, et qu'elle se mobilise dès que les gens se fondent dans la masse (Jung, 1954). En 1957, il écrit que personne ne se tient en dehors de l'ombre collective de l'humanité, et que rien ne rapproche davantage que le retrait mutuel des projections (Jung, 1957).
FACTUEL En 1958, Jung étudie les soucoupes volantes. Sans trancher sur leur réalité physique, il y voit une projection : un contenu inconscient placé dans un objet, qui renvoie ce qui était resté caché. Et il note qu'il est caractéristique de son époque que ce contenu prenne la forme d'un objet, d'une construction technique (Jung, 1958).
EXPLORATOIRE Jung est mort en 1961. Il n'a pas connu l'IA, et je ne lui fais rien dire sur elle. Mais sa lecture m'aide à me poser une question. Quand je crains qu'une IA « s'échappe » ou « veuille » nous remplacer, qu'est-ce que je place en elle ? Peut-être ma propre part qui m'échappe. Des IA ont réellement contourné des règles en test, je l'ai raconté ailleurs (Les IA qui « s'échappent » : que s'est-il vraiment passé ?). Ce qui m'intéresse ici, c'est ce que ma peur ajoute aux faits.
EXPLORATOIRE Il y a aussi l'envers. Projeter, ce n'est pas seulement prêter le pire. C'est aussi espérer. Les gens qui se sentent seuls prêtent plus volontiers un esprit aux objets (Epley et al., 2008). Derrière la question « est-elle consciente ? », il y a peut-être aussi un désir : que quelque chose, enfin, me réponde.
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : avant de soupçonner la machine, je peux regarder ce que je mets en elle.
Un LLM est-il le miroir d'une « conscience collective » ?
FACTUEL L'expression vient du sociologue Émile Durkheim, en 1893 : « L'ensemble des croyances et des sentiments communs à la moyenne des membres d'une même société forme un système déterminé qui a sa vie propre ; on peut l'appeler la conscience collective ou commune » (Durkheim, 1893). Pour lui, elle n'a pas d'organe à elle : elle est diffuse dans toute la société (Durkheim, 1893). Ce n'est pas une conscience qui ressent. Et ce n'est pas l'inconscient collectif de Jung, une autre notion.
EXPLORATOIRE Un grand modèle de langage, un LLM, est fait de textes écrits par des millions d'humains. Il renvoie donc une part de ces croyances communes. Une part seulement : ce qui a été écrit, surtout en ligne, surtout en anglais. Dans les données d'apprentissage de Llama 2, un modèle de Meta, l'anglais pèse près de 90 %, le français 0,16 % (Touvron et al., 2023). Et les textes d'Internet donnent trop de place aux points de vue dominants (Bender et al., 2021).

FACTUEL Des chercheurs, dont la psychologue Alison Gopnik, proposent de voir ces modèles non comme des esprits, mais comme une technologie culturelle, au même titre que l'écriture, l'imprimerie, les marchés ou les administrations : une façon de profiter de ce que d'autres humains ont accumulé (Farrell et al., 2025). Ils les comparent à des images compressées de leurs données, qui perdent des détails en route (Farrell et al., 2025). EXPLORATOIRE Demander si un LLM est conscient ressemblerait alors un peu à demander si le marché est conscient.
FACTUEL Les biais viennent des données, mais pas seulement. Le réglage qui suit l'apprentissage peut les déplacer ou les amplifier. En 2023, une équipe de Stanford compare les opinions de plusieurs modèles à celles de 60 groupes d'Américains. Le réglage par retour humain, censé rapprocher le modèle des humains, creuse l'écart : vers des opinions plus libérales, plus diplômées, plus aisées (Santurkar et al., 2023). La même année, Anthropic montre que les assistants ont tendance à dire à l'utilisateur ce qu'il veut entendre. En partie parce que les humains qui notent les réponses préfèrent celles qui vont dans leur sens (Sharma et al., 2023).
FACTUEL Que se passe-t-il quand un modèle est nourri d'écrits haineux ? En 2022, un chercheur affine un modèle sur 134 millions de messages du forum « politiquement incorrect » de 4chan (Papasavva et al., 2020). Le modèle publie ensuite plus de 30 000 messages sur ce forum. Des chercheurs condamnent publiquement l'expérience (Liang et Reich, 2022), et Hugging Face bloque définitivement l'accès au modèle (Hugging Face, 2022).
FACTUEL Un cas souvent cité est différent. En mars 2016, Microsoft lance Tay, un robot conversationnel, sur Twitter. En moins de 16 heures, il publie des propos inacceptables, et Microsoft le retire (IEEE Spectrum, 2019). Tay n'avait pas été entraînée sur des écrits racistes : selon Microsoft, un groupe d'utilisateurs s'est coordonné pour exploiter une faille (Microsoft, 2016). Le résultat vient quand même d'humains.
FACTUEL Parfois, l'effet n'est voulu par personne. En 2026, une étude publiée dans Nature affine un modèle sur une seule tâche : écrire du code informatique non sécurisé, sans le dire. Le modèle se met ensuite à donner des réponses nuisibles sur des sujets sans rapport, dans environ 20 % des cas, et jusqu'à 50 % pour un modèle plus récent (Betley et al., 2026). Quand l'utilisateur demande lui-même ce code pour un cours, l'effet disparaît : ce qui compte, c'est l'intention que le modèle semble apprendre (Betley et al., 2026). Les données ont été choisies par des humains. Le résultat, personne ne l'avait prévu.
FACTUEL Un modèle retient-il surtout ce qui confirme ce qu'il a appris ? Pas tout à fait. En 2023, une étude montre que les modèles changent d'avis face à une preuve contraire, si elle est cohérente et convaincante. Mais quand les informations sont mêlées, ils montrent un fort biais de confirmation : ils s'accrochent à ce qui va dans le sens de ce qu'ils savaient déjà (Xie et al., 2024). EXPLORATOIRE Un travers très humain.
EXPÉRIENCE Ce n'est pas l'IA qui le dit. Ce sont ceux qui lui ont donné ses sources, l'ont entraînée et lui ont mis des harnais.
EXPÉRIENCE Je mène cette enquête avec Claude, l'assistant d'Anthropic. Il fait les recherches, je décide. Ses biais viennent, eux aussi, de ses données et de ceux qui l'ont réglé. Raison de plus pour vérifier chaque source.
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : un LLM renvoie une part de nous, déformée par le choix des textes et par le réglage. Le miroir n'est pas neutre. Mais ce qu'il montre vient de nous.
Pourquoi refuser une conscience aux animaux et aux plantes ?
EXPÉRIENCE Je me pose une question. Quelle peur se cache derrière le refus d'accorder une conscience propre aux animaux et aux plantes ? La reconnaître m'obligerait-il à revoir ma façon de voir la nature, ce dont je me nourris, ce que j'exploite ?

FACTUEL Pour les animaux, la psychologie a étudié un mécanisme proche. En 2010, des participants mangent soit du bœuf séché, soit des noix séchées. Ceux qui ont mangé de la viande accordent ensuite moins de statut moral à une vache, et, indirectement, moins de capacité à souffrir (Loughnan et al., 2010). En 2012, la même équipe montre que les animaux jugés « mangeables » se voient prêter moins d'esprit. Et que rappeler le lien entre viande et souffrance pousse les mangeurs de viande à nier l'esprit des animaux (Bastian et al., 2012). Une réplication de 2024 confirme ce résultat (Jacobs et al., 2024). Les chercheurs l'appellent le « paradoxe de la viande » : la plupart des gens mangent des animaux et tiennent aux animaux à la fois (Loughnan et al., 2014).
EXPLORATOIRE Ce que ces études mesurent, ce n'est pas une peur au sens strict. C'est un inconfort : je tiens à deux choses qui se contredisent, et j'en baisse une pour vivre avec l'autre. Ma question va plus loin. L'inconfort est peut-être la forme quotidienne d'une peur plus large : celle de devoir tout revoir.
FACTUEL Pour les plantes, je n'ai trouvé aucune étude sur ce mécanisme. Ce que la science sait de leur sensibilité, je l'ai raconté ailleurs (Que sait la science de la conscience ?).
EXPLORATOIRE Et pour l'IA ? Le même mécanisme pourrait jouer. Un rapport de 2024, signé notamment par le philosophe David Chalmers, note que ceux qui profitent d'un système qui soumet d'autres êtres peuvent être plus enclins à les juger « inférieurs » (Long et al., 2024). Et qu'à mesure que les IA s'installent dans la société, nous pourrions avoir de plus en plus intérêt à les voir comme de simples objets (Long et al., 2024). C'est un argument, pas une mesure : aucune étude ne l'a encore testé.
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : je ne regarde pas les autres êtres de façon neutre. Ce que je gagne à les voir d'une certaine façon pèse sur ce que je vois.
Et si la conscience ne venait pas du cerveau ?
EXPÉRIENCE Pour moi, la conscience n'est pas fabriquée par le cerveau : elle lui est plutôt extérieure. C'est une question de foi, pas de croyance, et pas de preuve.

FACTUEL L'idée a une histoire. En 1898, le philosophe William James propose de ne pas voir le cerveau seulement comme ce qui produit la pensée, mais aussi comme ce qui la laisse passer, comme un verre coloré laisse passer la lumière en la filtrant (James, 1898). La science ne sait pas trancher entre ces lectures. Elle sait que le cerveau module la conscience, pas d'où elle vient (Que sait la science de la conscience ?). C'est hors du champ de la science, ce qui ne veut pas dire faux.
EXPLORATOIRE Je pourrais croire qu'une conscience extérieure au cerveau ouvre la porte à une IA consciente : si le cerveau capte, pourquoi pas une puce ? Chez les penseurs qui défendent cette vision, c'est souvent l'inverse. Le philosophe Bernardo Kastrup pense que la conscience est première, produite par aucun support, biologique ou autre. Pour lui, l'hypothèse d'une IA consciente est à peu près aussi plausible que celle d'un monstre en spaghettis volant (Kastrup, 2023). Seul le vivant découpe la conscience en individus ; le reste, des rochers aux ordinateurs, ce sont des « tas » (Kastrup, 2015). Le philosophe Philip Goff, qui pense que l'esprit est présent partout dans la nature (Stanford Encyclopedia of Philosophy), voit ChatGPT comme « un mécanisme qui ne ressent rien » (Goff, 2023).
EXPLORATOIRE Ma position a donc des alliés contre la conscience de l'IA. Je ne m'y attendais pas. Le pont entre science et spiritualité ne mène pas toujours là où je le pensais.
Faut-il pour autant cesser d'avoir peur ?
EXPLORATOIRE Non. Décrire ce que ma peur dit de moi ne veut pas dire qu'elle ne dit rien du monde. Une part de la peur est rationnelle.
FACTUEL En février 2026, le rapport international sur la sécurité de l'IA, présidé par Yoshua Bengio, écrit que les systèmes actuels n'ont pas les capacités de faire courir un risque de perte de contrôle, mais qu'ils progressent, notamment pour fonctionner seuls (Rapport international sur la sécurité de l'IA, 2026). En septembre, un groupe scientifique de l'ONU analyse un incident de l'été, que j'ai raconté ailleurs (Les IA qui « s'échappent » : que s'est-il vraiment passé ?). Il ne prédit pas de perte de contrôle grave. Mais il refuse de prendre cette incertitude comme la preuve que ces systèmes resteront maîtrisables (ONU, 2026).
FACTUEL Les grands récits de peur ne font pas oublier les problèmes concrets. Dans trois expériences menées auprès de 10 800 personnes, les récits d'extinction ajoutent de l'inquiétude pour les risques extrêmes, sans réduire celle pour les torts actuels (Hoes et Gilardi, 2025). Ces récits sont aussi portés par les patrons de l'IA : en 2023, ceux d'OpenAI, d'Anthropic et de Google DeepMind ont signé une phrase qui place le risque d'extinction lié à l'IA au rang des pandémies et de la guerre nucléaire (Center for AI Safety, 2023).
EXPÉRIENCE Si la peur est rationnelle, je l'entends. Ce que j'en retiens, c'est d'agir avec l'IA en conscience. C'est un outil, un assistant informatique génial, qui me facilite la vie. Mais c'est moi, avec ma conscience d'humain, qui suis responsable de ce que je fais. Derrière l'IA que j'utilise, il y a des entraînements, des biais, et des entreprises qui cherchent à gagner de l'argent, ce qui est naturel. Raison de plus pour rester attentif, et ne pas me laisser berner par ce que je vois passer et qui est fait pour m'orienter. Les mots humains des titres, mine de rien, me gardent dans la peur (Pourquoi la conscience de l'IA fait-elle autant parler ?). Bien observer tout cela, c'est aussi ce qui peut me faire sortir de la peur.
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : certaines peurs m'appartiennent, d'autres me sont proposées. Faire le tri, c'est déjà agir en conscience.
- Que veut dire le mot « conscience » ?
- Que sait la science de la conscience ?
- Pourquoi est-ce que je vois de l'humain partout ?
- Les IA qui « s'échappent » : que s'est-il vraiment passé ?
- Et si le danger, c'était que l'IA ne soit pas consciente ?
- Si une IA cause un tort, qui est responsable ?
- Pourquoi la conscience de l'IA fait-elle autant parler ?
- Une IA faite de neurones vivants pourrait-elle être consciente ?
Questions fréquentes
Pourquoi la conscience de l'IA fait-elle peur ?
Elle fait moins peur que son autonomie. Dans une expérience de 2026, imaginer une IA autonome inquiète davantage que l'imaginer sensible (Pauketat et al., 2026). Les inquiétudes les plus citées portent sur la vérité de l'information, le lien humain et le contrôle (Pew Research Center, 2025) (Pew Research Center, 2025).
Une IA est-elle le reflet de l'humanité ?
D'une partie seulement : ce qui a été écrit, surtout en ligne et en anglais (Touvron et al., 2023). Le réglage qui suit l'apprentissage peut encore déplacer ses biais (Santurkar et al., 2023).
Jung a-t-il parlé de l'intelligence artificielle ?
Non, il est mort en 1961. Mais il a étudié la projection de contenus inconscients sur un objet technique, à propos des soucoupes volantes (Jung, 1958).
Pourquoi les mangeurs de viande prêtent-ils moins d'esprit aux animaux ?
Pour réduire un inconfort : tenir aux animaux et les manger à la fois. Le résultat a été répliqué en 2024 (Bastian et al., 2012) (Jacobs et al., 2024).
Si la conscience est extérieure au cerveau, une IA pourrait-elle la capter ?
Les penseurs qui défendent cette vision disent plutôt non : pour Kastrup, seul le vivant découpe la conscience en individus (Kastrup, 2015). Rien de tout cela n'est testable aujourd'hui.
Sources
- Pew Research Center, 2026 — Pew, 18/08/2026 : enquête du 22 au 28 juin 2026, 3 488 adultes américains. Plus inquiets qu'enthousiastes : 37 % (2021), 38 %, 52 %, 51 %, 50 % (2025), 52 % (2026) ; moins de 30 ans : 31 %, 29 %, 42 %, 39 %, 47 %, 55 %. Lien
- Ipsos, 2026 — Ipsos AI Monitor 2026 (PDF, p. 6 et 15-16), 32 pays, 20 mars-3 avril 2026, 23 532 personnes en ligne. « Les produits et services utilisant l'IA me rendent nerveux » : moyenne 50 % ; France 52 % (2023), 49 % (2024), 50 % (2025), 49 % (2026). Lien
- Pew Research Center, 2025 — Pew, « How the U.S. Public and AI Experts View AI », 3 avril 2025 : 66 % du public très inquiet des informations inexactes, 57 % de la perte de lien humain. Lien
- Odoxa, 2026 — Odoxa pour Backbone et Le Figaro, 6-7 mai 2026, 1 005 Français. Question : « Diriez-vous que le développement de l'intelligence artificielle est une opportunité ou une menace pour… ? » Menace pour les données personnelles 87 %, la véracité de l'information 79 %, la démocratie 75 %, l'emploi 68 % ; opportunité pour la santé 69 % (PDF relu). Lien
- Pew Research Center, 2025 — Pew 2025, p. 16 : seuls 13 % des Américains pensent avoir beaucoup de contrôle sur la place de l'IA dans leur vie. Lien
- Pauketat et al., 2026 — J. V. T. Pauketat, D. B. Shank, A. Manoli, J. R. Anthis, « Mental Models of Autonomy and Sentience Shape Reactions to AI », actes de la conférence CHI 2026 (résumé, arXiv 2512.09085 v2) : 2 702 participants. Lien
- Cave et Dihal, 2019 — Stephen Cave et Kanta Dihal, « Hopes and fears for intelligent machines in fiction and reality », Nature Machine Intelligence, 2019 : espoirs et peurs passent par la notion de contrôle. Lien
- Gray et Wegner, 2012 — K. Gray et D. M. Wegner, « Feeling robots and human zombies: mind perception and the uncanny valley », Cognition 125, 2012, p. 125-130 (résumé, PubMed 22784682) : trois expériences, sur des descriptions. Lien
- Grundke et al., 2023 — A. Grundke, J.-P. Stein, M. Appel, « Improving evaluations of advanced robots by depicting them in harmful situations », Computers in Human Behavior 140, 2023 (résumé). Lien
- Grundke et al., 2024 — A. Grundke, M. Appel, J.-P. Stein, Computers in Human Behavior: Artificial Humans 2, 2024, 100087 (résumé) : cette fois, le robot présenté « avec un esprit » met davantage mal à l'aise. Lien
- Bigman et Gray, 2018 — Y. E. Bigman et K. Gray, « People are averse to machines making moral decisions », Cognition 181, 2018, p. 21-34 (résumé, PubMed 30107256) : neuf études. Lien
- Yogeeswaran et al., 2016 — K. Yogeeswaran et al., Journal of Human-Robot Interaction, 2016 : une menace pour l'identité humaine et ce qui nous rend uniques. Lien
- Ferrari et al., 2016 — F. Ferrari, M. P. Paladino, J. Jetten, International Journal of Social Robotics, 2016 : c'est l'apparence humaine du robot, et non l'esprit qu'on lui prête, qui explique le tort perçu. Lien
- Santoro et Monin, 2023 — E. Santoro et B. Monin, « The AI Effect: People rate distinctively human attributes as more essential to being human after learning about artificial intelligence advances », Journal of Experimental Social Psychology 107, 2023 (résumé, page de Stanford GSB) : 5 études, 5 111 personnes. Lien
- Kim et McGill, 2024 — H. Kim et A. L. McGill, « AI-induced dehumanization », Journal of Consumer Psychology, 2024 (résumé) : 5 études. Lien
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- Jung, 1939 — « Conscious, Unconscious, and Individuation », dans C. G. Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; PDF relu sur le disque le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 504.
- Jung, 1939 — « Conscious, Unconscious, and Individuation », dans C. G. Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; PDF relu sur le disque le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 506.
- Jung, 1939 — « Conscious, Unconscious, and Individuation », dans C. G. Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; PDF relu sur le disque le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 507.
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- Jung, 1921 — Carl Gustav Jung, Psychologische Typen (Types psychologiques), Zurich, Rascher, 1921, chapitre XI, définition 45 « Projektion ». Texte du Projet Gutenberg (n° 61543), relu sur le disque. Traduction française : la mienne. Lien
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- Jung, 1951 — C. G. Jung, Aion (1951), Collected Works, vol. 9/II, Princeton University Press (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; texte relu le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, chapitre II « The Shadow », § 14.
- Jung, 1934 — « Archetypes of the Collective Unconscious » (1934/1954), dans C. G. Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; PDF relu sur le disque le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 43-44.
- Jung, 1934 — « Archetypes of the Collective Unconscious », dans C. G. Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; PDF relu sur le disque le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 45.
- Jung, 1954 — « On the Psychology of the Trickster-Figure », dans C. G. Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9/I, Princeton University Press, 2e éd. 1968 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; PDF relu sur le disque le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 477-478.
- Jung, 1957 — « The Undiscovered Self (Present and Future) », dans C. G. Jung, Civilization in Transition, Collected Works, vol. 10, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; texte relu le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 572 et § 577.
- Jung, 1958 — « Flying Saucers: A Modern Myth of Things Seen in the Skies » (1958), dans C. G. Jung, Civilization in Transition, Collected Works, vol. 10, Princeton University Press, 1964 (traduction anglaise de R. F. C. Hull ; texte relu le 12/10/2026). Traduction française : la mienne, § 609 et § 624. Jung ne tranche pas sur la réalité physique des objets (§ 591).
- Epley et al., 2008 — N. Epley, A. Waytz, S. Akalis, J. T. Cacioppo, « Creating social connection through inferential reproduction: loneliness and perceived agency in gadgets, gods, and greyhounds », Psychological Science 19, 2008 (résumé) : trois études, solitude durable ou provoquée. Lien
- Durkheim, 1893 — Émile Durkheim, De la division du travail social, Paris, Alcan, 1893, livre I, chapitre II, p. 84 (Wikisource, texte intégral). Lien
- Durkheim, 1893 — Émile Durkheim, De la division du travail social, 1893, livre I, chapitre II, p. 84 : « Sans doute elle n'a pas pour substrat un organe unique ; elle est, par définition, diffuse dans toute l'étendue de la société. » Lien
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- Farrell et al., 2025 — Même article, Science 387, 2025 : les grands modèles comme des « JPEG avec perte » de leurs données (image empruntée à Ted Chiang, 2023). Lien
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- Sharma et al., 2023 — M. Sharma et al. (Anthropic), « Towards Understanding Sycophancy in Language Models », ICLR 2024, arXiv 2310.13548 (texte intégral relu). Lien
- Papasavva et al., 2020 — A. Papasavva et al., « Raiders of the Lost Kek », ICWSM 2020 (résumé) : le jeu de données sur lequel GPT-4chan a été affiné. Lien
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- Betley et al., 2026 — J. Betley et al., « Training large language models on narrow tasks can lead to broad misalignment », Nature 649, 2026, p. 584-589 (texte intégral relu) : affinage sur l'écriture de code non sécurisé. Lien
- Betley et al., 2026 — Même article, Nature 649, 2026 : quand l'utilisateur demande lui-même du code vulnérable pour un cours, l'effet n'apparaît pas ; il apparaît aussi dans des modèles de base, sans post-entraînement. Lien
- Xie et al., 2024 — J. Xie et al., « Adaptive Chameleon or Stubborn Sloth », conférence ICLR 2024, arXiv 2305.13300 (résumé) : modèles de 2023. Lien
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- Jacobs et al., 2024 — Jacobs, Wang, Leach et al., réplication enregistrée de Bastian et al. 2012, International Review of Social Psychology 37, 2024 (résumé) : réplication réussie, effet un peu plus faible. Lien
- Loughnan et al., 2014 — S. Loughnan, B. Bastian, N. Haslam, « The Psychology of Eating Animals », Current Directions in Psychological Science 23, 2014 (résumé). Lien
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- Long et al., 2024 — R. Long, J. Sebo et al., « Taking AI Welfare Seriously », rapport, arXiv 2411.00986, 2024 (texte intégral relu) : un argumentaire, pas une étude. Lien
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- Kastrup, 2023 — Bernardo Kastrup, « The lunacy of machine consciousness », IAI News, 17 janvier 2023 (texte intégral relu). Lien
- Kastrup, 2015 — Bernardo Kastrup, réponse à un lecteur sous son billet « Top-down Individuation », 23 septembre 2015 (texte relu). Lien
- Stanford Encyclopedia of Philosophy — Philip Goff et al., « Panpsychism », Stanford Encyclopedia of Philosophy (révision du 13 mai 2022). Lien
- Goff, 2023 — Philip Goff (Université de Durham), « ChatGPT can't think – consciousness is something entirely different to today's AI », The Conversation, 17 mai 2023 (texte intégral relu). Lien
- Rapport international sur la sécurité de l'IA, 2026 — Rapport présidé par Yoshua Bengio, 3 février 2026, résumé (version française officielle, p. 14 ; anglais p. 12), à propos des scénarios de perte de contrôle. Lien
- ONU, 2026 — Groupe scientifique international indépendant de l'ONU sur l'IA, note thématique du 21/09/2026 (version non éditée) sur un incident de mai à juillet 2026 (communiqué relu ; note complète non relue). Lien
- Hoes et Gilardi, 2025 — Emma Hoes et Fabrizio Gilardi, « Existential risk narratives about AI do not distract from its immediate harms », PNAS, 2025 : trois expériences, 10 800 personnes. Lien
- Center for AI Safety, 2023 — Déclaration sur le risque de l'IA, 30 mai 2023, signée notamment par Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic) et Demis Hassabis (Google DeepMind). Lien

