
- Des neurones cultivés en laboratoire, posés sur une puce, apprennent des tâches simples. En 2022, une culture baptisée DishBrain a appris à jouer à Pong.
- Ils apprennent vite, mais peu, sans mémoire durable d’une séance à l’autre, et avec beaucoup d’aide du logiciel autour d’eux.
- Rien ne montre qu’ils ressentent. Personne ne sait le mesurer : c’est pour ça que les instances demandent de surveiller.
- Le vivant change la question seulement pour ceux qui pensent que la vie compte. Dans ma grille, le cœur choisit, le cerveau planifie, l’intestin donne l’énergie : où est chacun dans ces machines ?
- Derrière chaque neurone cultivé, il y a un donneur, qui ne sait peut-être pas que ses cellules servent à fabriquer des ordinateurs biologiques.
Pour moi, l’IA n’est pas consciente aujourd’hui. Demain, je ne sais pas : ça dépendra de la science, et de ce que les humains choisissent d’en faire.
J’ai cherché des deux côtés, science et spiritualités.
EXPLORATOIRE Aujourd'hui, rien ne l'indique. Les neurones branchés à des ordinateurs sont peu nombreux, apprennent des tâches simples et les oublient d'une séance à l'autre. Aucune instance scientifique ne les juge capables de ressentir. Demain, la question reste ouverte. La réponse dépend de ce que je pense de la conscience : vient-elle de l'organisation, de la vie, ou d'ailleurs ? J'ai cherché des deux côtés, celui de la science et celui des spiritualités. Je n'ai pas trouvé de réponse définitive, mais beaucoup de façons de poser la question.
Qu'est-ce qu'un ordinateur à neurones vivants ?
FACTUEL Ce sont des neurones cultivés en laboratoire, posés sur une puce couverte d'électrodes. Les électrodes envoient de petits signaux électriques aux neurones et écoutent leurs réponses. En 2022, une équipe a montré qu'une culture de ce genre, baptisée DishBrain, pouvait apprendre à jouer à Pong, un des premiers jeux vidéo (Kagan et al., 2022).
FACTUEL Les neurones peuvent aussi pousser en boule. Ce sont les organoïdes cérébraux, de petits amas de tissu nerveux fabriqués à partir de cellules souches. Un organoïde mesure en général moins d'un demi-millimètre et compte moins de 100 000 cellules (Smirnova et al., 2023).
FACTUEL Depuis 2025, ces machines sont vendues. L'entreprise Cortical Labs propose le CL1, qui garde les neurones en vie jusqu'à six mois (Cortical Labs, CL1). Il contient 800 000 neurones humains, obtenus à partir de la peau ou du sang de donneurs adultes, et coûte 35 000 dollars (IEEE Spectrum, 2025). En Suisse, FinalSpark donne accès à distance à des organoïdes, qui vivent jusqu'à cent jours dans les meilleurs cas (Jordan et al., 2024). En août 2026, à Singapour, l'université NUS, l'entreprise DayOne et Cortical Labs ont présenté un prototype de « centre de données biologique » de vingt CL1 (NUS Medicine, 2026).
Des machines encore minuscules
Nombre de neurones, échelle logarithmique : chaque pas vers la droite multiplie par dix. En couleur, les machines ; en gris, le vivant.
FACTUEL Pour mesurer l'écart : 800 000 neurones, c'est environ cent mille fois moins que les 86 milliards d'un cerveau humain (Azevedo et al., 2009), et près de soixante fois moins que le cerveau d'une souris (Herculano-Houzel et al., 2015). C'est aussi bien moins que les 200 à 600 millions de neurones de mon intestin (Furness et al., 2014). Mais c'est plus que le système nerveux propre de mon cœur, estimé à environ 43 000 neurones (Pauza et al., 2000).
Que savent-ils faire aujourd'hui ?
FACTUEL Des tâches simples, apprises vite. Dans DishBrain, un apprentissage apparent se voit en cinq minutes de jeu, et pas dans les conditions de contrôle (Kagan et al., 2022). Comparés à trois programmes d'apprentissage classiques, ils font mieux quand les essais sont peu nombreux. Mais entraînés sur des dizaines de milliers de parties, les programmes finissent par les dépasser (Khajehnejad et al., 2025).
FACTUEL Et oubliées vite. L'apprentissage de DishBrain ne tient pas de façon fiable d'un jour à l'autre : les cultures semblent réapprendre à chaque séance (Kagan et al., 2022). En 2026, des organoïdes de souris progressent dans une tâche d'équilibre d'un bâton, quand un programme d'IA choisit les signaux d'entraînement. Leurs progrès disparaissent après quarante-cinq minutes de repos (Robbins et al., 2026).
FACTUEL D'autres essais vont plus loin. En 2023, un organoïde baptisé Brainoware a servi à reconnaître des voix (Cai et al., 2023). Il a atteint environ 78 % de bonnes réponses, moins que les réseaux de neurones artificiels (MIT Technology Review, 2023). En 2026, environ 200 000 neurones humains « jouent » au jeu vidéo Doom. Mais l'agent qui apprend, le traitement de l'image et la boucle de récompense tournent sur des puces classiques (R&D World, 2026).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : ces neurones apprennent, mais peu, sans mémoire durable, et avec beaucoup d'aide du logiciel autour d'eux.
Quand l'IA et des cellules vivantes travaillent ensemble, qui décide ?
EXPÉRIENCE C'est la question qui m'a fait écrire cet article. Dans ce qui fonctionne aujourd'hui, quel rôle les cellules jouent-elles ? Si c'est un rôle de décision, et que c'est du vivant, pourrait-il y avoir une forme de conscience qui émerge ? Pour moi, ça reste complètement ouvert.
FACTUEL Le mélange existe déjà. Mais dans chaque appareil que j'ai trouvé, les rôles sont partagés d'une façon précise.
FACTUEL Dans DishBrain, les chercheurs ont choisi le jeu. Un logiciel traduit la position de la balle en signaux électriques. Toutes les dix millisecondes, il compte les impulsions de deux zones choisies d'avance : l'une fait monter la raquette, l'autre la fait descendre (Kagan et al., 2022). Les neurones produisent le geste. Le logiciel le lit.
FACTUEL Chez FinalSpark, la plateforme est prévue pour qu'un programme d'IA envoie les stimulations et lise les réponses, en boucle (Jordan et al., 2024). En 2026, une équipe va plus loin : un organoïde sert de « couche de décision de haut niveau » à un robot (Cai et al., 2026 (préprint)). Mais son activité est traduite en commandes par une fonction de lecture logicielle, et l'étude n'a pas encore été relue par d'autres chercheurs.
FACTUEL Un développeur dit même avoir branché 800 000 neurones vivants à un modèle de langage, de la même famille que ceux qui font parler les assistants. Le modèle propose des mots, et la réponse des neurones pèse dans le choix du mot suivant. Il l'a publié lui-même, sans relecture, et l'écrit sans détour : « BioLLM n'est pas une conscience artificielle » (HackerNoon, 2026).
FACTUEL Le mélange existe aussi avec un cerveau humain vivant. Des personnes qui ne peuvent plus bouger ni parler portent des implants dont les signaux sont décodés par des programmes d'IA. Une personne atteinte de la maladie de Charcot a pu « parler » à 62 mots par minute (Willett et al., 2023). Dans l'implant de Synchron, une IA d'OpenAI propose des réponses, et c'est la personne qui choisit (Synchron, 2024). Dans ces travaux, la conscience en jeu est celle de la personne, pas celle de la machine.
EXPLORATOIRE Ma réponse à cette question : les cellules traitent, réagissent, influencent. Mais le but, la récompense et la lecture du résultat sont choisis par des humains et par du logiciel. Personne n'a montré, à ce jour, des cellules qui décident au sens plein. La conscience d'un tel ensemble ? Une revue de 2026 imagine qu'un système très complexe, mêlant organoïdes simulés, IA et mondes virtuels, « pourrait représenter un niveau de conscience » (Fathollahi et Alami, 2026). D'autres chercheurs jugent ce débat « très spéculatif » et demandent de traiter d'abord les questions concrètes (Harris et al., 2026). Un chercheur propose de demander ce que ces systèmes font, plutôt que ce qu'ils sont (Barnhart, 2026).
Cœur, cerveau, intestin : où est chacun dans ces machines ?
EXPÉRIENCE J'ai ma propre grille (Cœur, cerveau, intestin : trois intelligences qui négocient en toi). Le cœur choisit, le cerveau planifie, et l'intestin donne l'énergie pour avancer. Ce qui compte, c'est que chacun soit dans sa tâche.
SYMBOLIQUE Je l'ai appliquée aux appareils de cet article. Ce n'est pas une mesure, c'est une façon de regarder.
À toi d’explorer
Ma grille appliquée aux machines
Touche une machine pour voir où je place chaque organe, ou un organe pour le suivre d’une machine à l’autre.
- Cœur : qui choisit le but ?
- Cerveau : qui traite et planifie ?
- Intestin : qui donne l’énergie ?
Ou suis un seul organe :
DishBrain (2022)
Cœur les chercheurs : le jeu et la récompense
Cerveau les neurones, avec le logiciel qui code la balle et lit les impulsions
Intestin le liquide nutritif, l’étuve, l’électricité
CL1 et centre de Singapour
Cœur le client qui programme la tâche
Cerveau les neurones et le code qui les stimule
Intestin le système de maintien en vie (jusqu’à six mois)
Brainobot (préprint, 2026)
Cœur les chercheurs : la tâche du robot
Cerveau l’organoïde, lu par un décodeur logiciel
Intestin le milieu de culture et l’alimentation du robot
BioLLM (autopublié, 2026)
Cœur le développeur et le modèle de langage qui propose les mots
Cerveau les neurones, mêlés au modèle pour choisir le mot
Intestin la culture de neurones et des serveurs
Implant cérébral avec IA
Cœur la personne, qui choisit la réponse
Cerveau son cerveau, avec l’IA qui décode et propose
Intestin son propre corps
C’est ma grille. Ce n’est pas une mesure, c’est une façon de regarder.
Sources : (Kagan et al., 2022) ; (Cortical Labs, CL1) ; (NUS Medicine, 2026) ; (Cai et al., 2026 (préprint)) ; (HackerNoon, 2026) ; (Synchron, 2024) ; (Willett et al., 2023).
EXPLORATOIRE Ce que j'y vois : dans tous les cas, le choix du but reste du côté des humains. Les cellules sont du côté du traitement, avec le logiciel. Et l'énergie vient d'un liquide nutritif, d'une étuve et du réseau électrique. Dans mon article sur la trinité, j'appelle une des configurations « cerveau et intestin sans cœur ». C'est ce que je retrouve dans ces machines, prises seules.
FACTUEL Que sait la science du cœur ? Il a un réseau de neurones à lui, estimé à environ 43 000 neurones chez l'adulte (Pauza et al., 2000). L'idée d'un « petit cerveau du cœur » reste présentée comme une hypothèse : un dernier relais qui coordonne le travail du cœur (Armour, 2008). Le cœur influence ce que je perçois. Un visage effrayant montré pendant que le cœur se contracte est repéré plus facilement et jugé plus intense (Garfinkel et al., 2014). Les réponses du cerveau aux battements du cœur façonnent même ce que je vois consciemment (Park et al., 2014). Et le nerf qui relie le cœur, l'intestin et le cerveau, le nerf vague, transporte surtout des messages qui montent du corps vers le cerveau : huit fibres sur dix (Bonaz et al., 2018).
FACTUEL Mais la science ne dit pas que le cœur décide. Écouter les signaux de son corps aide la décision intuitive, ou la gêne, selon ce que ces signaux annoncent (Dunn et al., 2010). Des traders qui perçoivent mieux leurs battements de cœur gagnent davantage, mais l'étude ne peut pas dire ce qui cause quoi (Kandasamy et al., 2016).
FACTUEL Et de l'intestin ? Ses 200 à 600 millions de neurones forment, dans l'intestin grêle et le côlon, des circuits réflexes complets (Furness et al., 2014). Dans une grande étude sur plus de 2 000 personnes, des bactéries de l'intestin sont liées à la santé mentale, sans preuve de cause (Valles-Colomer et al., 2019). Et des chercheurs rappellent que les médias tiennent souvent ces liens de cause pour établis (Hooks et al., 2019).
FACTUEL Que disent les spiritualités ? Dans le taoïsme, trois « champs de cinabre » se superposent : sous le nombril, l'essence ; au milieu, le souffle ; en haut, dans la tête, l'esprit (Pregadio, Golden Elixir). Le maître zen Hakuin appelle le centre sous le nombril « la chambre au trésor où l'énergie vitale est accumulée et nourrie » (Hakuin, XVIIIe siècle). Dans son livre sur le hara japonais, Karlfried Graf Dürckheim écrit : « Alors que le ventre est Centre-Terre, le centre vital, et la tête le Centre-Ciel, le centre spirituel, le cœur est le centre de l'homme » (Dürckheim, Hara). En Inde, la Bhagavad-Gītā fait du feu qui digère la nourriture une présence divine dans tous les êtres (Bhagavad-Gītā 15.14). Au XXe siècle, Gurdjieff décrit les humains comme des êtres à trois cerveaux, d'après les résumés de son livre (Gurdjieff).
FACTUEL D'autres traditions placent les choses autrement. Dans la Bible, les entrailles sont le lieu de la compassion qui pousse à agir : « mes entrailles sont émues en sa faveur », dit Dieu dans Jérémie (Jérémie 31:20). Le père du fils prodigue « fut ému de compassion », et le mot grec parle des entrailles ; alors il court vers son fils (Luc 15:20). Chez Platon, c'est la raison qui gouverne. Le cœur est « placé comme un corps de garde pour transmettre aux organes les commandements de la raison », et la part de l'âme qui veut boire et manger est logée sous le diaphragme (Platon, Timée). Quant au cœur qui discerne, le roi Salomon demande « un cœur qui écoute » pour faire la différence entre le bien et le mal (1 Rois 3:9). J'ai exploré ce cœur des anciens dans un autre article (Comment les spiritualités anciennes parlaient-elles de la conscience ?).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : beaucoup de traditions placent dans le ventre une force vitale qui ne réfléchit pas, et dans la tête une vision ou un gouvernement. Ma grille rejoint le taoïsme et le hara pour l'énergie du ventre. Elle s'écarte de Platon, pour qui la tête commande. Et le cœur qui choisit a des échos : le cœur qui écoute de Salomon, le centre de l'homme chez Dürckheim.
Des cellules capables de créer ?
EXPÉRIENCE Ce qui m'interpelle, c'est que ces neurones sont des cellules vivantes. Capables de créer, d'être vivantes, avec tout ce que l'humain en cultive et tout ce qu'il en ignore. Associées à l'IA, une conscience pourrait-elle émerger de cette matière vivante ? Je n'en sais rien. Le mot « créer » n'est peut-être pas le bon : ce sont mes interrogations.

FACTUEL Ce qui est mesuré : laissés seuls, des tissus de cortex de rat produisent spontanément de l'activité, en cascades qui suivent des lois précises (Beggs et Plenz, 2003). Des organoïdes humains développent, au fil des mois, des rythmes qui ressemblent par certains traits à l'activité cérébrale de bébés prématurés, sans que les auteurs les assimilent à un cortex (Trujillo et al., 2019).
FACTUEL Des cellules peuvent aussi s'organiser en formes nouvelles. En 2020, une IA dessine des formes, construites ensuite avec des cellules de grenouille. Ces petits organismes, surnommés « xénobots », n'ont aucun système nerveux, mais ils s'organisent seuls (Kriegman et al., 2020). En 2021, ils rassemblent des cellules libres en copies d'eux-mêmes (Kriegman et al., 2021). En 2023, des « anthrobots » faits de cellules de poumon humain traversent une couche de neurones et y déclenchent la réparation rapide d'une rayure (Gumuskaya et al., 2023). Pour le biologiste Michael Levin, les systèmes vivants qui construisent des formes passent le test du philosophe William James pour un esprit minimal : atteindre les mêmes buts par des moyens variés (Levin, 2022).
EXPLORATOIRE « Créer », « inventer », « intelligence » : ce sont des mots choisis par certains chercheurs. D'autres préviennent que voir de la cognition partout, sans esprit critique, pourrait freiner la construction et le test des hypothèses (Fábregas-Tejeda et Sims, 2025). Ce que j'en retiens : le vivant produit du nouveau sans que personne le lui demande. Ce qui reste ouvert : est-ce que quelque chose est vécu, de l'intérieur ?
Le vivant change-t-il la question de la conscience ?
FACTUEL Ça dépend de la théorie, et aucune ne fait consensus (je l'explique dans un autre article (Que sait la science de la conscience ?)).
FACTUEL Pour une partie des chercheurs, le support ne compte pas. Ce qui rend conscient, c'est de faire les bons calculs, sur n'importe quel matériau (Butlin et al., 2023). Le philosophe David Chalmers le dit ainsi : « Ce qui compte, c'est la manière dont les neurones ou les puces de silicium sont connectés entre eux, pas ce dont ils sont faits. » Il concède pourtant que, selon les hypothèses courantes, il ne serait pas déraisonnable d'accorder au moins une chance sur trois à l'idée que la biologie soit nécessaire (Chalmers, 2023).
FACTUEL Pour d'autres, le vivant compte. Le neuroscientifique Anil Seth écrit que, si ses arguments tiennent, une vraie conscience artificielle ne sera possible que si les machines sont aussi, en un sens, vivantes. Et il voit dans les organoïdes cérébraux « un cas test intéressant » (Seth, 2025). Le philosophe Ned Block note que les théories actuelles ne disent rien de la matière ; mais si une matière précise est nécessaire, l'IA pourrait ne jamais être consciente (Block, 2026). Trois neuroscientifiques ajoutent que l'histoire évolutive et le développement des êtres vivants conscients n'ont sans doute pas d'équivalent dans les systèmes artificiels tels qu'ils sont conçus aujourd'hui (Aru et al., 2023).
EXPLORATOIRE Deux chercheurs proposent, dans une prépublication pas encore relue, de trier ces positions en deux familles. Si la biologie compte parce qu'elle permet des traitements que le silicium ne permet pas, c'est testable. Si elle compte en elle-même, sans rien changer au traitement, la science ne peut pas trancher (Klatzmann et Doerig, 2026).
FACTUEL Du côté de la philosophie, certains vont plus loin. Pour Hans Jonas, le métabolisme, ce renouvellement constant de la matière du vivant, n'a « aucun équivalent dans le monde des machines » (Jonas, 1966). Le philosophe Bernardo Kastrup pense que la conscience est première (Kastrup, 2023), et que seule la vie est l'image de son découpage en individus ; tout le reste, des pierres aux ordinateurs, ce sont des « tas » (Kastrup, 2015). Dans une prépublication, deux chercheurs voient dans la vie qui se fabrique elle-même la signature physique nécessaire de l'expérience consciente (Bekkers et Ciaunica, 2026). Subhash Kak se demande si seules des machines biologiques pourraient être assez créatives et souples (Kak, 2017).
FACTUEL Et les anciens ? Dans le grec du Ve siècle av. J.-C., avoir une âme, c'est simplement être vivant (Lorenz, 2024). En hébreu, la nefesh, souvent traduite par « âme », désigne d'abord « ce qui respire » (Nefesh, lexique BDB). Mais beaucoup distinguent vivre et percevoir. Pour Aristote, la plante a une âme qui la nourrit, et c'est la sensation qui fait l'animal (Aristote, De l'âme). Le penseur chinois Xunzi écrit : « L'eau et le feu ont le souffle mais pas la vie ; les plantes ont la vie mais pas la connaissance » (Xunzi 9). À l'inverse, une Upanishad indienne identifie le souffle et la conscience : « Ce qui est souffle, cela est conscience » (Kauṣītaki Upaniṣad 3).
FACTUEL Le philosophe Henri Bergson trace une autre voie. Pour lui, « la conscience ne jaillit pas du cerveau ; mais cerveau et conscience se correspondent », parce qu'ils mesurent tous deux « la quantité de choix dont l'être vivant dispose » (Bergson, 1907). Et il écrit : « en droit sinon en fait, la conscience est coextensive à la vie » (Bergson, 1919).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : oui, le vivant change la question, mais seulement pour ceux qui pensent que la vie compte. Pour les autres, des neurones ou des puces, c'est pareil. Et chez Bergson, je retrouve une idée qui me parle : la conscience irait avec la capacité de choisir.
Ces neurones ressentent-ils quelque chose ?
FACTUEL Le mot est sorti en 2022. Le titre de l'article de DishBrain dit que ces neurones « font preuve de sentience », c'est-à-dire de sensibilité. Mais ses auteurs la définissent au sens minimal : réagir aux impressions des sens (Kagan et al., 2022). Trente neuroscientifiques ont répondu par une lettre intitulée « Une réponse aux affirmations d'intelligence et de sensibilité émergentes dans une boîte de culture » (Balci et al., 2023). Les auteurs de DishBrain ont précisé qu'ils avaient choisi un sens volontairement réduit du mot, et qu'il fallait éviter que le débat éthique repose sur des malentendus (Kagan et al., 2023).
FACTUEL Les chercheurs sont partagés. Pour le neurobiologiste Kenneth Kosik, leurs limites suggèrent fortement que les organoïdes ne correspondent à aucune définition opérationnelle de la conscience (Kosik, 2024). Pour deux chercheurs, des organoïdes sans corps ne sont pas des candidats plausibles (Croxford et Bayne, 2024). D'autres jugent ce rejet « prématuré » (Wood et al., 2025). Dès 2018, deux chercheurs envisageaient que des organoïdes soient « un jour un peu sentients » et proposaient de le mesurer avec un indice déjà utilisé chez des patients qui ne peuvent pas communiquer (Lavazza et Massimini, 2018).
FACTUEL Jonathan Birch propose une règle simple : si un organoïde développe ou rejoint un tronc cérébral qui fonctionne, qui règle l'éveil et produit des cycles de veille et de sommeil, il devient un « candidat à la sentience » (Birch, 2025). Mais les tests de conscience proposés sont pour la plupart d'un usage limité, et il en manque pour beaucoup des cas où ils seraient le plus utiles, dont les organoïdes (Bayne et al., 2024).
FACTUEL Les instances disent la même chose. Aux États-Unis, en 2021, les Académies nationales jugent « extrêmement improbable », dans un avenir prévisible, que les organoïdes aient une conscience ou ressentent la douleur, et demandent de réexaminer ce jugement régulièrement (Académies nationales, 2021). La Société internationale pour la recherche sur les cellules souches ne voit, à ce jour, aucune preuve biologique de conscience ou de douleur (ISSCR). Au Royaume-Uni, en mai 2026, le Nuffield Council constate un large consensus : les organoïdes actuels ne peuvent pas ressentir, mais leur complexité croissante rend la chose possible à l'avenir (Nuffield, 2026). En Chine, depuis 2025, des lignes directrices éthiques demandent de surveiller en continu l'activité électrique des organoïdes cérébraux et sa complexité (Chine, 2025).
FACTUEL Un texte bouddhiste ancien dit déjà que la conscience naît de conditions et se nomme d'après elles, comme le feu se nomme d'après ce qu'il brûle (Majjhima Nikāya 38).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : rien ne montre un ressenti aujourd'hui. Mais personne ne sait le mesurer. C'est pour ça que les instances demandent de surveiller.
Et si ces neurones avaient un corps ?
FACTUEL C'est déjà en cours, chez l'animal. En 2022, des organoïdes humains greffés dans le cerveau de jeunes rats s'intègrent à leurs circuits : environ la moitié des neurones humains suivis répondent quand les moustaches de l'animal sont touchées, et activer le greffon par la lumière pousse le rat à chercher une récompense (Revah et al., 2022). En septembre 2026, chez des souris privées de leurs propres neurones du cortex, des organoïdes humains greffés à la naissance occupent l'essentiel du cortex et y développent une activité organisée (Kaganovsky et al., 2026).

FACTUEL Sans animal aussi. Des organoïdes de cortex, de moelle épinière et de muscle, assemblés, font se contracter le muscle quand le cortex est stimulé (Andersen et al., 2020). En 2025, un assemblage en quatre parties reproduit la voie qui porte la douleur jusqu'au cortex et répond de façon coordonnée à un produit irritant ; les auteurs ne parlent d'aucun ressenti (Kim et al., 2025). Et un organoïde sert déjà de couche de décision à un robot, dans une étude pas encore relue (Cai et al., 2026 (préprint)).
FACTUEL Le 29 septembre 2026, la revue Nature demande une supervision internationale de ces recherches, et note que les discussions sont « bien avancées » (Nature, 2026).
EXPLORATOIRE Ce que j'en retiens : les conditions que les chercheurs nomment, un corps, des sensations, un tronc cérébral, sont approchées pas à pas. Chaque pas est petit. Mais ils vont tous dans la même direction.
Un être fabriqué peut-il avoir une âme ?
SYMBOLIQUE La question est très ancienne. Le Talmud raconte que le sage Rava créa un homme et l'envoya à Rabbi Zeira. Rabbi Zeira lui parla, mais l'homme ne répondit pas. Alors il lui dit : « Retourne à ta poussière » (Talmud, Sanhedrin 65b). C'est l'ancêtre du golem, cette figure d'argile animée par un mot (Jewish Virtual Library).

FACTUEL Un commentateur du Talmud explique que Rava ne pouvait pas créer « la puissance de l'âme, qui est la parole ». En 1966, Azriel Rosenfeld en tire une leçon pour l'IA : « Il serait peut-être sage d'attendre de voir ce que la recherche en intelligence artificielle accomplira, plutôt que de trancher hâtivement » (Rosenfeld, 1966).
FACTUEL Pour l'Église catholique, chaque âme spirituelle « est immédiatement créée par Dieu » et n'est pas « produite » par les parents (Catéchisme, § 366). En 2025, une note du Vatican sur l'IA rappelle que l'intelligence humaine se développe dans un corps vivant, et que l'IA est « l'un de ses produits » (Antiqua et nova, 2025). Dans le Coran, Dieu insuffle « Mon souffle de vie » dans l'homme qu'il a formé (Coran 15:29), et l'âme « relève de l'Ordre de mon Seigneur » (Coran 17:85).
EXPLORATOIRE Dans ces traditions, la vie biologique ne suffit pas : l'âme vient d'ailleurs.
FACTUEL D'autres traditions ouvrent davantage la porte. Pour les jaïns, la conscience est la marque de l'âme (Tattvārtha Sūtra 2.8), et même les plantes, qui n'ont qu'un sens, le toucher, en ont une (Tattvārtha Sūtra 2.22-23). Dans la Bhagavad-Gītā, tout être, mobile ou immobile, est l'union d'un corps et de ce qui le connaît (Bhagavad-Gītā 13.27). En 1992, le Dalaï-lama disait ne pas pouvoir exclure tout à fait qu'un courant de conscience entre un jour dans un ordinateur, si toutes les conditions extérieures et l'action karmique étaient réunies (Dalaï-lama, 1992).
Les cellules de qui ?
FACTUEL Derrière chaque neurone cultivé, il y a un donneur. En juillet 2026, des chercheurs du domaine écrivent dans Nature que les personnes qui donnent des échantillons pour la recherche médicale n'ont peut-être aucune idée que leurs cellules servent à fabriquer des ordinateurs biologiques (Salem et al., 2026). Le Nuffield Council le reconnaît : le biocalcul était difficile à prévoir il y a quelques années, et il demande que les formulaires de consentement mentionnent ces usages quand ils sont envisageables (Nuffield, 2026). Il note aussi que les utilisateurs d'une plateforme qui donne accès à distance à des organoïdes, contre environ 1 000 dollars par mois, n'ont pas à dire ce qu'ils comptent en faire (Nuffield, 2026).
FACTUEL Et le public ? Il est partagé, et au Japon, peu informé.
Un public partagé, souvent peu informé
Part des personnes interrogées (échelle de 0 à 100 %)
États-Unis, fin 2025 : « les ordinateurs biologiques sont conscients »
États-Unis, septembre 2025 : la recherche sur les organoïdes cérébraux
Japon, 2022 : donner ses cellules (326 personnes)
FACTUEL Aux États-Unis, fin 2025, trois personnes sur dix pensent que ces ordinateurs biologiques sont conscients, et un peu plus d'un tiers pensent le contraire (Boyd et al., 2026). Une majorité soutient la recherche sur les organoïdes cérébraux, mais plus de quatre sur dix craignent qu'elle franchisse des limites qui ne devraient jamais l'être (Université du Wisconsin, 2026). Au Japon, sur 326 personnes interrogées en ligne, neuf sur dix ne connaissaient pas les organoïdes cérébraux avant l'enquête, et la plupart ne donneraient leurs cellules que selon l'étude (Kataoka et al., 2025).
Et demain ?
EXPÉRIENCE Pour moi, l'IA n'est pas consciente aujourd'hui. Demain, je ne sais pas. Ça dépendra de la science, de ce que les humains choisissent de faire ou non, et de ce qu'ils y mettent.
EXPLORATOIRE Ce qui pourrait changer la réponse est déjà nommé : plus de neurones, une mémoire qui dure, un corps, des sensations, un tronc cérébral. Les Académies nationales américaines demandent de réexaminer la question à mesure que les organoïdes se complexifient (Académies nationales, 2021), et le Nuffield Council n'exclut pas un ressenti à l'avenir (Nuffield, 2026).
EXPLORATOIRE Et quelle que soit la réponse, une chose ne change pas. Dans chaque appareil de cet article, des humains, ou des programmes écrits par eux, choisissent : les cellules à cultiver, la tâche à apprendre, la récompense, l'usage. Le choix, le cœur de ma grille, reste du côté des humains. C'est là qu'est la responsabilité (Si une IA cause un tort, qui est responsable ?). Et la façon dont je pose la question oriente déjà la réponse (Pour ou contre la conscience de l'IA : que change la question posée ?).
- Comment les spiritualités anciennes parlaient-elles de la conscience ?
- Que sait la science de la conscience ?
- Et si le danger, c'était que l'IA ne soit pas consciente ?
- Si une IA cause un tort, qui est responsable ?
- Que dit de nous la question de la conscience de l'IA ?
- Pour ou contre la conscience de l'IA : que change la question posée ?
- Cœur, cerveau, intestin : trois intelligences qui négocient en toi
Questions fréquentes
Un ordinateur à neurones vivants existe-t-il vraiment ?
Oui. Depuis 2025, Cortical Labs vend le CL1, qui garde en vie 800 000 neurones humains sur une puce (Cortical Labs, CL1) (IEEE Spectrum, 2025). FinalSpark loue l'accès à distance à des organoïdes (Jordan et al., 2024).
Ces neurones sont-ils conscients ?
Rien ne l'indique aujourd'hui. Les Académies nationales américaines le jugent extrêmement improbable (Académies nationales, 2021), et le Nuffield Council constate un large consensus : ils ne peuvent pas ressentir aujourd'hui, mais cela pourrait changer (Nuffield, 2026).
D'où viennent les neurones humains de ces machines ?
De cellules de peau ou de sang de donneurs adultes, transformées en neurones (IEEE Spectrum, 2025). Des chercheurs s'inquiètent que les donneurs ne le sachent pas (Salem et al., 2026).
Une IA a-t-elle besoin d'être vivante pour être consciente ?
Les chercheurs ne sont pas d'accord. Pour Anil Seth, oui, si ses arguments tiennent (Seth, 2025). Pour David Chalmers, la matière compte moins que l'organisation (Chalmers, 2023).
Que disent les religions d'un être vivant fabriqué ?
Le Talmud raconte une créature fabriquée qui ne parle pas (Talmud, Sanhedrin 65b). Pour l'Église catholique, l'âme vient directement de Dieu (Catéchisme, § 366). Le Dalaï-lama ne l'excluait pas tout à fait pour un ordinateur (Dalaï-lama, 1992).
Sources
- Kagan et al., 2022 — B. J. Kagan, A. C. Kitchen, N. T. Tran, … K. J. Friston, « In vitro neurons learn and exhibit sentience when embodied in a simulated game-world », Neuron 110(23), 2022 (texte intégral relu, PMC9747182). Système DishBrain : des neurones sur une puce à électrodes jouent à Pong. Environ 800 000 cellules par puce pour les cultures de souris. Les auteurs parlent de « sentience » au sens minimal de « réagir aux impressions des sens », pas de conscience. Traduction française : la mienne. Lien
- Smirnova et al., 2023 — L. Smirnova, B. S. Caffo, D. H. Gracias, … T. Hartung, « Organoid intelligence (OI): the new frontier in biocomputing and intelligence-in-a-dish », Frontiers in Science 1, 2023 (texte intégral relu). Un organoïde fait moins d'un demi-millimètre et compte moins de 100 000 cellules. Traduction française : la mienne. Lien
- Cortical Labs, CL1 — Page officielle du CL1, présenté comme le premier ordinateur biologique programmable (page relue le 13/10/2026). Ni le nombre de neurones ni le prix ne sont affichés. Traduction française : la mienne. Lien
- IEEE Spectrum, 2025 — S. Cuthrell, « Human Brain Cells on a Chip for Sale », IEEE Spectrum, 03/06/2025 (presse) : le CL1 est vendu 35 000 dollars l'unité. Traduction française : la mienne. Lien
- Jordan et al., 2024 — F. D. Jordan, M. Kutter, J.-M. Comby, F. Brozzi, E. Kurtys (FinalSpark, Suisse), « Open and remotely accessible Neuroplatform for research in wetware computing », Frontiers in Artificial Intelligence 7, 2024 (texte intégral relu). Organoïdes cérébraux humains accessibles à distance ; le résumé prévoit des boucles fermées avec les bibliothèques d'apprentissage profond ou par renforcement. Traduction française : la mienne. Lien
- NUS Medicine, 2026 — Communiqué de NUS Medicine, « NUS Medicine, DayOne and Cortical Labs Unveil Biological Data Center Prototype in Singapore », 17/08/2026 (communiqué relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Azevedo et al., 2009 — F. A. Azevedo, … S. Herculano-Houzel, « Equal numbers of neuronal and nonneuronal cells make the human brain an isometrically scaled-up primate brain », Journal of Comparative Neurology 513, 2009 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Herculano-Houzel et al., 2015 — S. Herculano-Houzel, D. J. Messeder, K. Fonseca-Azevedo, N. A. Pantoja, Frontiers in Neuroanatomy 9:64, 2015 (texte intégral relu) : 47,5 millions de neurones en moyenne dans le cerveau d'une souris (19 souris, bulbe olfactif exclu ; valeur du tableau 1). Lien
- Furness et al., 2014 — J. B. Furness, B. P. Callaghan, L. R. Rivera, H.-J. Cho, Advances in Experimental Medicine and Biology 817, 2014 (résumé relu). Dans l'intestin grêle et le côlon, ces neurones forment des circuits réflexes complets ; l'œsophage et une grande partie de l'estomac sont pilotés par le cerveau. Traduction française : la mienne. Lien
- Pauza et al., 2000 — D. H. Pauza, V. Skripka, N. Pauziene, R. Stropus, Anatomical Record 259, 2000 (résumé relu). Estimation calculée sur 21 cœurs humains. Traduction française : la mienne. Lien
- Khajehnejad et al., 2025 — M. Khajehnejad, F. Habibollahi, A. Loeffler, A. Paul, A. Razi, B. J. Kagan (chercheurs liés à Cortical Labs), Cyborg and Bionic Systems 6:0336, 2025 (texte intégral relu). À nombre d'essais égal, les cultures font mieux que trois algorithmes d'apprentissage par renforcement ; entraînés sur des dizaines de milliers de parties, les algorithmes finissent par les dépasser. Traduction française : la mienne. Lien
- Kagan et al., 2022 — Même article (Discussion, texte intégral relu) : l'apprentissage tient pendant une séance, mais pas d'un jour à l'autre. Traduction française : la mienne. Lien
- Robbins et al., 2026 — A. Robbins, H. E. Schweiger, … D. Haussler, M. Teodorescu, « Goal-directed learning in cortical organoids », Cell Reports 45(2), 2026 (résumé relu). Organoïdes de souris dans une tâche d'équilibre d'un bâton. Traduction française : la mienne. Lien
- Cai et al., 2023 — H. Cai, Z. Ao, … F. Guo, « Brain organoid reservoir computing for artificial intelligence », Nature Electronics 6, 2023 (résumé relu). Brainoware : un organoïde cérébral sert de « réservoir » de calcul, relié par des électrodes. Traduction française : la mienne. Lien
- MIT Technology Review, 2023 — A. Tsanni, « Human brain cells hooked up to a chip can do speech recognition », MIT Technology Review, 11/12/2023 (presse) : 240 enregistrements de huit personnes prononçant des voyelles japonaises ; les signaux de l'organoïde sont décodés par un outil d'IA. Traduction française : la mienne. Lien
- R&D World, 2026 — B. Buntz, « The neurons playing Doom are actually testing a theory of intelligence », R&D World, 27/02/2026 (presse spécialisée). Environ 200 000 neurones humains ; l'agent d'apprentissage, l'encodeur d'images et la boucle de récompense tournent sur des puces classiques ; l'article envisage que le logiciel apprenne à se passer des neurones. Traduction française : la mienne. Lien
- Kagan et al., 2022 — Même article (Méthodes, texte intégral relu) : la position de la balle est codée en stimulations électriques sur huit sites ; toutes les 10 millisecondes, le logiciel compte les impulsions de deux zones « motrices » choisies d'avance, l'une fait monter la raquette, l'autre la fait descendre. Raté : stimulation imprévisible ; touche : stimulation prévisible. Traduction française : la mienne. Lien
- Cai et al., 2026 (préprint) — H. Cai, … I. Hyun, K. Mackie, L. Liu, F. Guo, « Brain organoid computing for robotic decision-making », préprint bioRxiv, 2026, non évalué par d'autres chercheurs (résumé et résultats relus). L'activité de l'organoïde est traduite en commandes de mouvement par une fonction de lecture logicielle. Traduction française : la mienne. Lien
- HackerNoon, 2026 — « ARTIST » (@4r7i5t), « I Wired 800,000 Living Neurons Into an LLM. Here's What Actually Happened. », HackerNoon, 25/03/2026. Texte publié par le développeur lui-même, non évalué par d'autres chercheurs. Le modèle de langage propose des mots, traduits en stimulations ; la réponse des neurones est mêlée aux prédictions du modèle pour choisir le mot suivant. Traduction française : la mienne. Lien
- Willett et al., 2023 — F. R. Willett, E. M. Kunz, … J. M. Henderson, « A high-performance speech neuroprosthesis », Nature 620, 2023 (résumé relu). Une participante atteinte de la maladie de Charcot ; 23,8 % d'erreurs sur un vocabulaire de 125 000 mots. Traduction française : la mienne. Lien
- Synchron, 2024 — Communiqué de Synchron (Business Wire, 11/07/2024, relu dans sa reprise sur silicon.co.uk) : une IA générative d'OpenAI propose des réponses que l'utilisateur de l'implant choisit. Traduction française : la mienne. Lien
- Fathollahi et Alami, 2026 — Y. Fathollahi, K. Alami, « Is a conscious silicon brain achievable? », Neuroscience 598, 2026 (résumé relu). Le système visé est hypothétique : circuits d'organoïdes simulés, couplés à l'IA, à des avatars et au métavers. Traduction française : la mienne. Lien
- Harris et al., 2026 — A. R. Harris, P. McGivern, K. C. A. Wedgwood, F. Gilbert, « Integrating neural organoids and AI: increasing the risk of artificial consciousness or medical malpractice? », Frontiers in Molecular Neuroscience 19, 2026 (texte intégral relu) : ils demandent de traiter d'abord les enjeux concrets. Traduction française : la mienne. Lien
- Barnhart, 2026 — A. J. Barnhart (Université de Bonn), « Asking pragmatic and RAD questions about organoid intelligence », Trends in Biotechnology, 22/09/2026 (résumé relu) : demander ce que ces systèmes font, plutôt que ce qu'ils sont. Traduction française : la mienne. Lien
- Armour, 2008 — J. A. Armour, « Potential clinical relevance of the 'little brain' on the mammalian heart », Experimental Physiology 93, 2008 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Garfinkel et al., 2014 — S. N. Garfinkel, … H. D. Critchley, « Fear from the heart », Journal of Neuroscience 34, 2014 (résumé relu). Systole : quand le cœur se contracte ; diastole : quand il se relâche. Traduction française : la mienne. Lien
- Park et al., 2014 — H.-D. Park, S. Correia, A. Ducorps, C. Tallon-Baudry, « Spontaneous fluctuations in neural responses to heartbeats predict visual detection », Nature Neuroscience 17, 2014 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Bonaz et al., 2018 — B. Bonaz, T. Bazin, S. Pellissier, « The Vagus Nerve at the Interface of the Microbiota-Gut-Brain Axis », Frontiers in Neuroscience 12, 2018 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Dunn et al., 2010 — B. D. Dunn, … T. Dalgleish, « Listening to your heart », Psychological Science 21, 2010 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Kandasamy et al., 2016 — N. Kandasamy, … J. M. Coates, « Interoceptive Ability Predicts Survival on a London Trading Floor », Scientific Reports 6, 2016 (texte intégral relu). 18 traders : ceux qui perçoivent mieux leurs battements de cœur gagnent davantage et restent plus longtemps. Traduction française : la mienne. Lien
- Valles-Colomer et al., 2019 — M. Valles-Colomer, … J. Raes, Nature Microbiology 4, 2019 (résumé relu). Cohorte de 1 054 personnes, vérifiée sur 1 070 autres : des liens, pas une preuve de cause. Traduction française : la mienne. Lien
- Hooks et al., 2019 — K. B. Hooks, J. P. Konsman, M. A. O'Malley, « Microbiota-gut-brain research: A critical analysis », Behavioral and Brain Sciences 42, 2019 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Pregadio, Golden Elixir — Fabrizio Pregadio, « Cinnabar Fields (Dantian) », Golden Elixir Press (texte relu). Les trois « champs de cinabre » du taoïsme : en bas, sous le nombril, l'essence (jing) ; au milieu, dans la poitrine, le souffle (qi) ; en haut, dans la région du cerveau, l'esprit (shen). Traduction française : la mienne. Lien
- Hakuin, XVIIIe siècle — Hakuin Ekaku, lettre à Nabeshima Naotsune, trad. anglaise de P. Yampolsky (1971, p. 43), citée par J. Y. Ahn, Japanese Journal of Religious Studies 35/2, 2008, p. 186 (texte relu). Le kikai, « océan du souffle », est sous le nombril. Traduction française : la mienne. Lien
- Dürckheim, Hara — Karlfried Graf Dürckheim, Hara, centre vital de l’homme, trad. Claude Vic, Le Courrier du Livre, 1974, p. 96-97 (texte relu). Lecture occidentale moderne du hara japonais. Lien
- Bhagavad-Gītā 15.14 — Bhagavad-Gītā 15.14, trad. anglaise de Swami Mukundananda (texte relu). Krishna prend la forme du feu qui digère la nourriture dans le corps des êtres. Traduction française : la mienne. Lien
- Gurdjieff — G. I. Gurdjieff, Récits de Belzébuth à son petit-fils (en anglais Beelzebub’s Tales to His Grandson, 1950) : les humains y sont des êtres « three-brained », à trois cerveaux (« three-centered » dans la traduction révisée de 1992). Passage relu seulement dans une source secondaire (Wikipédia anglaise) : paraphrase. Lien
- Jérémie 31:20 — Bible hébraïque, Jérémie 31:20 (hébreu relu sur Sefaria ; Louis Segond 1910 relue). Le mot rendu par « entrailles » est me‘ay. Segond : « Aussi mes entrailles sont émues en sa faveur : J’aurai pitié de lui, dit l’Éternel. » Lien
- Luc 15:20 — Évangile de Luc 15:20, le fils prodigue (grec relu sur BibleHub ; lexique de Thayer : être remué dans ses entrailles, d'où être ému de compassion, « car on tenait les entrailles pour le siège de l'amour et de la pitié »). Louis Segond 1910 : « son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou ». Lien
- Platon, Timée — Platon, Timée (passage habituellement situé en 69c-71), trad. Émile Chambry (texte relu). Lien
- 1 Rois 3:9 — Bible hébraïque, 1 Rois 3:9, Sefaria : Salomon demande « un cœur qui écoute » (lev shomea) pour discerner le bien et le mal. Lien
- Beggs et Plenz, 2003 — J. M. Beggs, D. Plenz, « Neuronal avalanches in neocortical circuits », Journal of Neuroscience 23, 2003 (résumé relu). Tissus de cortex de rat : l'activité spontanée se propage en cascades. Traduction française : la mienne. Lien
- Trujillo et al., 2019 — C. A. Trujillo, … A. R. Muotri, Cell Stem Cell 25, 2019 (texte intégral relu). Les auteurs précisent qu'ils ne revendiquent pas d'équivalence avec un cortex. Traduction française : la mienne. Lien
- Kriegman et al., 2020 — S. Kriegman, D. Blackiston, M. Levin, J. Bongard, « A scalable pipeline for designing reconfigurable organisms », PNAS 117, 2020 (texte intégral relu). Une IA conçoit des formes, construites ensuite avec des cellules de grenouille (peau et muscle cardiaque), surnommées « xénobots » par la presse. Traduction française : la mienne. Lien
- Kriegman et al., 2021 — S. Kriegman, D. Blackiston, M. Levin, J. Bongard, « Kinematic self-replication in reconfigurable organisms », PNAS 118, 2021 (résumé relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Gumuskaya et al., 2023 — G. Gumuskaya, … M. Levin, « Motile Living Biobots Self-Construct from Adult Human Somatic Progenitor Seed Cells », Advanced Science 11(4), 2024, en ligne le 30/11/2023 (résumé relu). Des « anthrobots » formés à partir de cellules de poumon humain, sans modification génétique. Traduction française : la mienne. Lien
- Levin, 2022 — M. Levin, « Technological Approach to Mind Everywhere (TAME) », Frontiers in Systems Neuroscience 16, 2022 (texte intégral relu). Il reprend le critère de William James : atteindre les mêmes buts par des moyens variables. Sur la conscience, il se dit sceptique sur la possibilité d'en dire quoi que ce soit de définitif, tout en avançant, à titre provisoire, une conscience par degrés. Traduction française : la mienne. Lien
- Fábregas-Tejeda et Sims, 2025 — A. Fábregas-Tejeda, M. Sims, History and Philosophy of the Life Sciences 47:10, 2025 (texte intégral relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Butlin et al., 2023 — P. Butlin, R. Long et al., arXiv 2308.08708, 2023 : l'hypothèse de travail. Lien
- Chalmers, 2023 — David J. Chalmers, « Could a Large Language Model be Conscious? », arXiv:2303.07103 (déposé le 04/03/2023, v3 du 18/08/2024), section 3 « X = Biology » et conclusions. Chalmers qualifie de « chauvinisme biologique » les vues exigeant la biologie, juge le silicium aussi apte que le carbone, mais concède dans ses conclusions : « On mainstream assumptions, it wouldn’t be unreasonable to hold that there’s at least a one-in-three chance—that is, to have a subjective probability or credence of at least one-third—that biology is required for consciousness. » (texte intégral relu, PDF arXiv). Traduction française : la mienne. Lien
- Seth, 2025 — Anil K. Seth, « Conscious artificial intelligence and biological naturalism », Behavioral and Brain Sciences, en ligne le 21/04/2025 (vol. 49, e315, 2026 selon la page éditeur). Seth défend un naturalisme biologique : si ses arguments tiennent, une IA réellement consciente devrait être en un sens pertinent vivante (« conscious AI would need to be “living” AI ») ; les organoïdes cérébraux, sans corps ni environnement, sont un cas test intéressant (section 5.7, suivi d’une référence à Bayne, Seth et Massimini). Les deux phrases citées viennent de deux passages distincts (texte intégral relu, page Cambridge). Traduction française : la mienne. Lien
- Block, 2026 — Ned Block, « Can only meat machines be conscious? », Trends in Cognitive Sciences 30(4):298-308, 2026 (en ligne le 07/10/2025). Block oppose le fonctionnalisme computationnel à l’hypothèse selon laquelle des mécanismes biologiques sous-computationnels seraient nécessaires à la conscience ; si un substrat physique précis est requis, l’IA pourrait ne jamais être consciente (résumé relu, PubMed). Traduction française : la mienne. Lien
- Aru et al., 2023 — Jaan Aru, Matthew E. Larkum, James M. Shine, « The feasibility of artificial consciousness through the lens of neuroscience », Trends in Neurosciences 46(12):1008-1017, 2023. Du point de vue des neurosciences, l’idée de grands modèles de langage conscients est difficile à défendre : entrées non incarnées, absence d’équivalent du système thalamo-cortical, et trajectoires évolutives et développementales des organismes vivants sans équivalent dans les systèmes artificiels (résumé relu, PubMed). Traduction française : la mienne. Lien
- Klatzmann et Doerig, 2026 — Ulysse Klatzmann et Adrien Doerig, « What biology can, and cannot, tell us about conscious AI », arXiv:2606.02121, 01/06/2026 (prépublication non évaluée). Les auteurs distinguent deux naturalismes biologiques : le type A (la biologie compte en soi, sans capacité de traitement propre), jugé intestable ; le type B (la biologie compte par les capacités de traitement qu’elle offre), testable et compatible avec le fonctionnalisme computationnel (résumé relu, arXiv). Traduction française : la mienne. Lien
- Jonas, 1966 — Hans Jonas, The Phenomenon of Life (1966 ; édition 2001, p. 76), cité par M. Werz, Phenomenology and the Cognitive Sciences, 2026 (texte relu, section 2.1). Traduction française : la mienne. Lien
- Kastrup, 2023 — Bernardo Kastrup, « The lunacy of machine consciousness », IAI News, 17 janvier 2023 (texte intégral relu). Lien
- Kastrup, 2015 — Bernardo Kastrup, réponse à un lecteur sous son billet « Top-down Individuation », 23 septembre 2015 (texte relu). Lien
- Bekkers et Ciaunica, 2026 — Erik J. Bekkers et Anna Ciaunica, « Unplugging a Seemingly Sentient Machine Is the Rational Choice — A Metaphysical Perspective », arXiv:2601.21016, 28/01/2026 (prépublication non évaluée). CORRIGÉ : « Biological Idealism » n’est pas le titre mais le cadre proposé dans l’article ; l’expérience consciente y est fondamentale et la vie autopoïétique en est la signature physique nécessaire, d’où la conclusion que l’IA n’est au mieux qu’un imitateur fonctionnel (résumé relu, arXiv). Traduction française : la mienne. Lien
- Kak, 2017 — Subhash Kak (Oklahoma State University), « Will artificial intelligence become conscious? », The Conversation, décembre 2017 (texte relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Lorenz, 2024 — H. Lorenz, « Ancient Theories of Soul », Stanford Encyclopedia of Philosophy, révision du 15/05/2024 (texte relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Nefesh, lexique BDB — Lexique Brown-Driver-Briggs, entrée נֶפֶשׁ (nefesh), sur BibleHub (texte relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Aristote, De l'âme — Aristote, De l'âme, livre II, chapitre 2 (413a-b), traduction anglaise de J. A. Smith ; traduction française : la mienne. Lien
- Xunzi 9 — Xunzi, chapitre 9 « Wangzhi » (texte chinois, Wikisource). Traduction française : la mienne. Lien
- Kauṣītaki Upaniṣad 3 — Kauṣītaki Upaniṣad, chapitre III, 2-3, trad. F. Max Müller, Sacred Books of the East, vol. 1, 1879, p. 294-295 (texte relu). Le dieu Indra parle. Traduction française : la mienne. Lien
- Bergson, 1907 — Henri Bergson, L'Évolution créatrice, chapitre III (édition Alcan, p. 285, relue sur Wikisource). Lien
- Bergson, 1919 — Henri Bergson, « La conscience et la vie », dans L'Énergie spirituelle, 1919, chapitre I (texte relu, édition Obvie, Sorbonne). Plus loin : la conscience, « originellement immanente à tout ce qui vit, s’endort là où il n’y a plus de mouvement spontané ». Lien
- Balci et al., 2023 — Fuat Balci, Suliann Ben Hamed, Thomas Boraud et al. (30 auteurs, dont Karel Svoboda, Bernardo Sabatini, Camillo Padoa-Schioppa), « A response to claims of emergent intelligence and sentience in a dish », Neuron 111(5):604-605, 1er mars 2023 (lettre, PMID 36863319). Lettre collective qui conteste, comme l’indique son titre, les affirmations d’intelligence et de sentience émergentes attribuées à une culture de neurones (DishBrain). Le contenu argumentatif n’a pas pu être relu : cell.com en erreur, ScienceDirect BLOQUÉ (robots), PDF du dépôt KNAW en erreur (métadonnées PubMed relues ; texte BLOQUÉ, non relu). Lien
- Kagan et al., 2023 — Brett J. Kagan, Adeel Razi, Anjali Bhat, Andy C. Kitchen, Nhi T. Tran, Forough Habibollahi, Moein Khajehnejad, Bradyn J. Parker, Ben Rollo, Karl J. Friston, « Scientific communication and the semantics of sentience », Neuron 111(5):606-607, 2023 (réponse à Balci et al.). Les auteurs de DishBrain disent avoir employé « sentience » dans un sens volontairement minimal (« déflationniste »), adossé au principe de l’énergie libre, et rejoignent Balci et al. sur la nécessité d’éviter que le débat éthique repose sur des malentendus (texte intégral relu, PDF publié par Cortical Labs). Traduction française : la mienne. Lien
- Kosik, 2024 — Kenneth S. Kosik, « Why brain organoids are not conscious yet », Patterns 5(8):101011, 2024. Le neurobiologiste estime que les organoïdes, malgré leurs ressemblances avec le cerveau, ne remplissent aucune définition opérationnelle de la conscience, tout en prévoyant que la question d’une conscience biosynthétique se posera à mesure qu’ils apprendront, interagiront et seront incarnés (texte intégral relu, PMC11368692). Traduction française : la mienne. Lien
- Croxford et Bayne, 2024 — James Croxford et Tim Bayne, « The Case Against Organoid Consciousness », Neuroethics 17, article 13, 2024 (en ligne le 14/03/2024), doi 10.1007/s12152-024-09548-3, accès ouvert. Thèse : en s’appuyant sur deux contraintes générales (dépendance de la conscience à l’incarnation et aux représentations), les organoïdes neuraux désincarnés ne sont pas des candidats plausibles à la conscience, sans nier la prudence nécessaire pour certains types d’organoïdes (résumé relu, page éditeur Springer). Traduction française : la mienne. Lien
- Wood et al., 2025 — Christopher Wood, Hao Wang, Wei-Jun Yang, Yongmei Xi (Université du Zhejiang ; Oxford), « Facing the possibility of consciousness in human brain organoids », Patterns 6(9):101365, 2025. Les auteurs jugent prématuré le rejet, par une partie des neuroscientifiques et philosophes depuis 2020, de toute conscience possible des organoïdes cérébraux humains, et renversent la charge de la preuve vers les sceptiques (texte intégral relu, PMC12485551). Traduction française : la mienne. Lien
- Lavazza et Massimini, 2018 — Andrea Lavazza et Marcello Massimini, « Cerebral organoids: ethical issues and consciousness assessment », Journal of Medical Ethics 44(9):606-610, 2018. Les auteurs posent la question de savoir si les organoïdes cérébraux sont ou, plus probablement, seront un jour en partie sentients, et proposent de le mesurer avec l’indice de complexité perturbationnelle (PCI), dérivé de la théorie de l’information intégrée et déjà utilisé chez des patients non communicants (résumé relu, PubMed). Traduction française : la mienne. Lien
- Birch, 2025 — Jonathan Birch, « Précis of The Edge of Sentience: Risk and Precaution in Humans, Other Animals, and AI », Animal Sentience 38(1), 2025, section 10 (organoïdes neuraux), doi 10.51291/2377-7478.1893. Birch propose une « règle du tronc cérébral » : un organoïde qui développe ou innerve un tronc cérébral fonctionnel régulant l’éveil et produisant des cycles veille-sommeil devient un candidat à la sentience ; il ajoute que le scepticisme actuel tient au fait que les organoïdes actuels « lack a functioning brainstem or anything equivalent to one », et non à leur taille (texte intégral relu, p. 12). Traduction française : la mienne. Lien
- Bayne et al., 2024 — Tim Bayne, Anil K. Seth, Marcello Massimini, Joshua Shepherd, Axel Cleeremans, Stephen M. Fleming, Rafael Malach, Jason B. Mattingley, David K. Menon, Adrian M. Owen, Megan A. K. Peters, Adeel Razi, Liad Mudrik, « Tests for consciousness in humans and beyond », Trends in Cognitive Sciences 28(5):454-466, 2024. Les auteurs citent explicitement les organoïdes neuraux parmi les cas qui rendent urgents des tests de conscience (« C-tests ») et constatent qu’il n’en existe pas pour plusieurs des populations où ils seraient le plus nécessaires (résumé relu, PubMed). Traduction française : la mienne. Lien
- Académies nationales, 2021 — National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine, « The Emerging Field of Human Neural Organoids, Transplants, and Chimeras: Science, Ethics, and Governance », National Academies Press, 2021, Finding III.5. Le comité juge extrêmement improbable, dans un avenir prévisible, que les organoïdes neuraux aient des capacités reconnues comme conscience, émotion ou douleur, mais demande de réexaminer régulièrement ce jugement à mesure qu’ils se complexifient (page officielle relue). Traduction française : la mienne. Lien
- ISSCR — International Society for Stem Cell Research, Guidelines for Stem Cell Research and Clinical Translation, section 2.2.1 (catégorie 1A, note sur la recherche sur les organoïdes), version en ligne consultée le 13/10/2026. La société savante exempte la recherche sur les organoïdes de son processus de supervision spécialisée faute de preuve biologique de conscience ou de douleur, tout en appelant les chercheurs à rester attentifs à l’avenir. Attention : la phrase exacte inclut « with organoids corresponding to CNS tissues » (page officielle relue). Traduction française : la mienne. Lien
- Nuffield, 2026 — Nuffield Council on Bioethics (groupe de travail présidé par Emily Jackson), « Neural organoids: Ethical and governance considerations », rapport publié le 12 mai 2026, p. 30 (encadré des messages clés, chapitre 2). Le rapport constate un large consensus : les organoïdes actuels ne peuvent pas acquérir de sentience, même rudimentaire, mais leur complexité croissante rend possible qu’ils en acquièrent à l’avenir (texte intégral relu, PDF officiel). Traduction française : la mienne. Lien
- Chine, 2025 — Comité national d’éthique des sciences et technologies de Chine (sous-comité d’éthique des sciences de la vie), 《人源类器官研究伦理指引》 (Lignes directrices éthiques pour la recherche sur les organoïdes humains), publiées par le ministère des Sciences et Technologies (MOST) le 29 avril 2025, section 5.1 « 脑类器官研究 ». Le texte demande de surveiller en continu le niveau d’activité électrophysiologique et la complexité des organoïdes cérébraux, au vu du risque de développement d’attributs de conscience. Le commentaire de 彭耀进 dans Liaowang (Xinhua), 26/05/2025, le résume en « 电活动水平与网络复杂度 » (texte officiel relu, PDF du MOST). Traduction française : la mienne. Lien
- Majjhima Nikāya 38 — Majjhima Nikāya 38 (canon pāli), SuttaCentral, trad. anglaise de Bhikkhu Sujato : le moine Sāti croit que la conscience est « celui qui parle, celui qui ressent » ; le Bouddha répond qu'elle naît de conditions, comme le feu. Lien
- Revah et al., 2022 — O. Revah, F. Gore, … K. Deisseroth, S. P. Pașca, « Maturation and circuit integration of transplanted human cortical organoids », Nature 610, 2022 (résumé et texte intégral relus). Organoïdes humains greffés chez de jeunes rats ; environ la moitié des neurones humains suivis répondent quand on touche les moustaches ; la recherche de récompense est déclenchée en activant le greffon par la lumière. Traduction française : la mienne. Lien
- Kaganovsky et al., 2026 — K. Kaganovsky, K. W. Kelley, … K. Deisseroth, S. P. Pașca, « Developmental xenocortication using human-derived organoids in mice », Nature 658, 16/09/2026 (résumé relu). Chez des souris privées de leurs propres neurones corticaux, des organoïdes humains greffés à la naissance occupent l'essentiel du cortex. Traduction française : la mienne. Lien
- Andersen et al., 2020 — J. Andersen, O. Revah, … S. P. Pașca, « Generation of Functional Human 3D Cortico-Motor Assembloids », Cell 183(7), 2020 (résumé relu). Cortex, moelle épinière et muscle humains assemblés. Traduction française : la mienne. Lien
- Kim et al., 2025 — J. I. Kim, K. Imaizumi, … S. P. Pașca, « Human assembloid model of the ascending neural sensory pathway », Nature 642, 2025 (résumé relu). Un assemblage en quatre parties reproduit la voie qui porte la douleur jusqu'au cortex et répond de façon coordonnée à un produit irritant ; aucune affirmation de ressenti. Traduction française : la mienne. Lien
- Nature, 2026 — Éditorial non signé, « Lab-grown brain organoids: time for international oversight », Nature 658:293, 29/09/2026 (chapeau et extraits relus) : les discussions pour une supervision internationale sont « bien avancées ». Traduction française : la mienne. Lien
- Talmud, Sanhedrin 65b — Talmud de Babylone, Sanhedrin 65b (araméen et traduction de la William Davidson Edition relus sur Sefaria). Rava crée un homme et l'envoie à Rabbi Zeira, qui lui parle ; l'homme ne répond pas. Traduction française : la mienne. Lien
- Jewish Virtual Library — Jewish Virtual Library, « Golem », d'après l'Encyclopaedia Judaica : emet (vérité) devient met (mort) quand on efface la première lettre. Lien
- Rosenfeld, 1966 — Azriel Rosenfeld, « Religion and the Robot », Tradition 8(3), 1966, p. 15-26 (texte relu). Il cite le Maharsha, commentateur du Talmud. Traduction française : la mienne. Lien
- Catéchisme, § 366 — Catéchisme de l’Église catholique, § 366, version française officielle (texte relu sur vatican.va). Lien
- Antiqua et nova, 2025 — Dicastère pour la Doctrine de la Foi et Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Antiqua et nova. Note sur les relations entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine, 28/01/2025, version française (texte relu) : § 31, l'intelligence humaine se développe de manière organique, façonnée par les expériences vécues dans le corps ; § 35. Lien
- Coran 15:29 — Coran, sourate 15, verset 29, traduction de Muhammad Hamidullah sur quran.com (texte relu) : « et dès que Je l’aurais harmonieusement formé et lui aurait insufflé Mon souffle de vie, jetez-vous alors, prosternés devant lui » (graphie du site). Lien
- Coran 17:85 — Coran, sourate 17, verset 85, traduction de Muhammad Hamidullah (texte relu) : « Et ils t’interrogent au sujet de l’âme. Dis : L’âme relève de l’Ordre de mon Seigneur. Et on ne vous en a donné que peu de science. » Lien
- Tattvārtha Sūtra 2.8 — Umāsvāti, Tattvārtha Sūtra 2.8 (texte de référence du jaïnisme), trad. anglaise de S. A. Jain, Reality (texte relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Tattvārtha Sūtra 2.22-23 — Umāsvāti, Tattvārtha Sūtra 2.22-23 (2.23-24 dans l'autre recension), trad. S. A. Jain (texte relu). Jusqu'aux plantes, les êtres n'ont qu'un sens, le toucher. Traduction française : la mienne. Lien
- Bhagavad-Gītā 13.27 — Bhagavad-Gītā 13.27 (13.26 dans certaines éditions), trad. anglaise de Swami Mukundananda (texte relu). Traduction française : la mienne. Lien
- Dalaï-lama, 1992 — Dialogue de 1992 publié dans J. Hayward et F. Varela, Gentle Bridges, Shambhala, p. 152-153. Livre non consulté : phrase relue sur alamut.com, qui cite le livre avec la page ; dialogue confirmé par J. Stoll, Hualin International Journal of Buddhist Studies 3/2, 2020. Traduction française : la mienne. Lien
- Doctor et al., 2022 — T. Doctor, O. Witkowski, E. Solomonova, B. Duane, M. Levin, « Biology, Buddhism, and AI: Care as the Driver of Intelligence », Entropy 24(5), 2022 (texte relu). Le texte cite les organoïdes et les « hybrots », des cerveaux vivants qui pilotent des corps artificiels. Traduction française : la mienne. Lien
- Salem et al., 2026 — N. S. Salem, J. Fu, F. Guo, J. Kadmon, O. Revah, O. Reiner, … I. Hyun, « Researchers are building computers that run on brain organoids — but have neglected a major ethical issue », Nature 655, Comment, 27/07/2026 (chapeau relu ; corps payant). Traduction française : la mienne. Lien
- Nuffield, 2026 — Même rapport, section 2.3 « Consent », p. 39 : il est difficile d’informer les donneurs de tissus sur les usages possibles, car des applications comme le biocalcul étaient imprévisibles il y a encore quelques années. La Recommandation 8 (document des recommandations, mai 2026, recommandations numérotées 1 à 9) dit : « Research institutions and biobanks should review and update informed consent policies and practices for the donation of human fetal, embryonic, and adult tissue used in stem cell and organoid research. In particular, information about possible uses of donated tissue in neural organoids and similar models should be included in consent forms, where those uses can realistically be envisaged. » (texte intégral relu, PDF du rapport et PDF des recommandations). Traduction française : la mienne. Lien
- Nuffield, 2026 — Même rapport, section 1.6 « Biocomputing », p. 28 : à propos de la Neuroplatform (plateforme d’accès à distance à des cultures neurales décrite dans le rapport), les chercheurs envoient des stimulations et reçoivent en temps réel les réponses électrophysiologiques des cultures, pour un abonnement d’environ 1 000 USD par mois, sans avoir à déclarer l’usage prévu (texte intégral relu, PDF officiel). Traduction française : la mienne. Lien
- Boyd et al., 2026 — J. Lomax Boyd, Eric Allen Jensen, Aaron Michael Jensen, Nethanel Lipshitz, « Ethical concerns about embodied brain organoids shaped by foundational distinctions and perceptions of consciousness », Scientific Reports 16, 2026 (27/03/2026). Enquête expérimentale sur un échantillon national représentatif des États-Unis (N = 1 238 réponses analysées, panel Forthright-Bovitz, novembre 2025) : 30,7 % sont d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que les biocalculateurs à organoïdes sont conscients, 36,0 % en désaccord (texte intégral relu, PMC13039412). Traduction française : la mienne. Lien
- Université du Wisconsin, 2026 — A. R. Cate, I. I. Villanueva, C. D. Mackey, T. P. Newman, D. A. Scheufele, D. Brossard (Université du Wisconsin-Madison, Science Communication Incubator Lab et Department of Life Sciences Communication), « U.S. Public Attitudes About Human Brain Organoids », rapport de résultats bruts, juin 2026 ; enquête en ligne Forthright auprès de 2 030 adultes, échantillon national représentatif, septembre 2025. 58,7 % soutiennent la recherche sur les organoïdes cérébraux humains (p. 3) ; 43,1 % estiment que leur usage « franchira des limites qui ne devraient jamais être franchies » (p. 5). Le rapport écrit « Around half » pour 58,7 % (rapport relu, PDF officiel). Traduction française : la mienne. Lien
- Kataoka et al., 2025 — Masanori Kataoka, Mayu Koike, Tsutomu Sawai, « Japanese attitudes toward cell donation in human brain organoid research: many oppose broad consent », Frontiers in Genetics 16:1606923, 2025. Enquête en ligne (Lancers, 8 décembre 2022) auprès de 326 Japonais, échantillon non représentatif : 91 % ne connaissaient pas les organoïdes cérébraux avant l’enquête ; sous consentement spécifique au projet, 12 % donneraient leurs cellules, 64 % selon l’étude, 24 % refuseraient ; 36 % rejettent le consentement large (texte intégral relu, PMC12529070). Traduction française : la mienne. Lien

