Science & Cerveau
Que sait la science de la conscience ?
14 octobre 2026

Que sait la science de la conscience ?

Synthèse de l’article
  • Ce que la science cherche, c’est le ressenti : le fait qu’il y ait « quelque chose que ça fait » d’être toi. Pas l’intelligence, pas la parole.
  • Chez l’humain, elle sépare être éveillé et être conscient, et repère la conscience de mieux en mieux. Elle ne sait pas encore l’expliquer.
  • Les théories sont nombreuses. En 2025, deux d’entre elles ont été mises à l’épreuve, avec des prédictions écrites à l’avance : chacune a vu un point central remis en cause, aucune ne s’est imposée.
  • Pour beaucoup d’animaux, la science répond « oui », ou « c’est réaliste ». Chez les plantes, percevoir, répondre, prévenir et se souvenir sont documentés. Ressentir, personne ne sait le mesurer.
  • Pour l’IA, les théories ne donnent pas la même réponse : improbable avec les machines actuelles pour les uns, probable pour d’autres. Ce qui reste hors du champ de la science n’est pas réfuté pour autant.

Conclusion

La science ne sait pas dire si une IA est consciente, parce qu’elle ne sait pas encore expliquer la conscience elle-même. Toute réponse ferme dépend de la théorie choisie.

FACTUEL Elle sait la repérer chez l'humain, de mieux en mieux. Elle l'admet chez beaucoup d'animaux. Elle ne sait pas encore l'expliquer. Pour les plantes et pour les machines, les chercheurs ne sont pas d'accord.

Dans un autre article, j'ai cherché ce que veut dire le mot « conscience » (Que veut dire le mot « conscience » ?). Ici, je regarde ce que la science en sait, sans prétendre avoir toutes les réponses. Je pars de l'humain, puis j'élargis le cercle : les animaux, les plantes, les machines.

Que cherche la science quand elle étudie la conscience ?

FACTUEL Le ressenti. Le fait qu'il y ait « quelque chose que ça fait » d'être toi (Nagel, 1974). Pas l'intelligence, pas la capacité à parler : le vécu, vu de l'intérieur.

FACTUEL En 1995, le philosophe australien David Chalmers coupe la question en deux. D'un côté, les problèmes « faciles » : comment le cerveau perçoit, trie, mémorise, fait parler. Ils ne sont pas simples, mais la méthode pour les étudier est connue. De l'autre, le problème « difficile » : pourquoi tout ce travail s'accompagne d'un vécu. Pour lui, « le problème vraiment difficile de la conscience, c'est le problème de l'expérience » (Chalmers, 1995).

FACTUEL Les chercheurs eux-mêmes sont partagés. Dans une enquête auprès de 166 spécialistes de la conscience, la plupart semblent penser que ce problème difficile existe, mais « sans consensus » (Francken et al., 2022).

Comment la science repère-t-elle la conscience chez l'humain ?

FACTUEL D'abord, elle sépare deux choses : être éveillé et être conscient. Un patient en état dit « végétatif » ouvre les yeux, dort, se réveille. Mais il ne montre aucun signe de conscience de lui-même ni du monde. C'est un éveil sans conscience (Laureys, 2005).

FACTUEL En 2006, une équipe britannique demande à une patiente dans cet état d'imaginer qu'elle joue au tennis, puis qu'elle se promène chez elle. Dans l'appareil d'IRM, son cerveau s'active comme celui de volontaires en bonne santé, au point qu'il est impossible de les distinguer (Owen et al., 2006). Elle comprenait la consigne, sans pouvoir le montrer.

FACTUEL Depuis, la méthode a été appliquée à grande échelle. En 2024, une étude menée dans six centres trouve ce signe chez environ un patient sur quatre parmi ceux qui ne répondent à aucune consigne visible (Bodien et al., 2024).

FACTUEL Une autre méthode envoie une brève impulsion magnétique dans le cerveau, puis mesure la complexité de l'écho électrique. Plus l'écho est riche, plus la personne est consciente. Cet indice distingue la veille, le sommeil et l'anesthésie chez une même personne (Casali et al., 2013). Testé sur des personnes capables de dire si elles étaient conscientes, il a séparé les deux états sans une erreur dans ce groupe de référence (Casarotto et al., 2016).

Ces méthodes ont un point commun : elles sont réglées sur des cerveaux humains, à partir de ce que les gens racontent de leur expérience. Pour un animal, une plante ou une machine, elles ne disent rien directement. C'est la limite à garder en tête pour la suite.

Quelles théories tentent de l'expliquer ?

FACTUEL Il en existe beaucoup. Une revue de 2022 en retient quatre grandes familles (Seth et Bayne, 2022). Je résume chacune par une image.

L'espace de travail global. EXPLORATOIRE Le cerveau fait tourner de nombreux réseaux en parallèle, sans conscience. Une information devient consciente quand elle est diffusée à tout le cerveau, comme une annonce passée au haut-parleur d'une gare. Pour ses auteurs, Stanislas Dehaene et Lionel Naccache, c'est cette diffusion « que nous vivons subjectivement comme un état conscient » (Dehaene et Naccache, 2001). Dans cette théorie, l'avant du cerveau joue le rôle du haut-parleur.

L'information intégrée. EXPLORATOIRE Pour le neuroscientifique Giulio Tononi, la conscience correspond à la capacité d'un système à intégrer l'information : à relier ses éléments en un tout (Tononi, 2004). La théorie propose même de la mesurer par un nombre, appelé « phi ». Dans cette théorie, c'est surtout l'arrière du cerveau qui compte.

L'ordre supérieur. EXPLORATOIRE Je vois du rouge. Ça devient conscient quand mon cerveau se représente lui-même en train de voir du rouge (Lau et Rosenthal, 2011). Une pensée sur la perception.

La prédiction. EXPLORATOIRE Le cerveau ne reçoit pas le monde passivement. Il le devine, et corrige ses paris avec ce que lui disent les sens. Le neuroscientifique britannique Anil Seth parle de la perception consciente comme d'une « hallucination contrôlée » (Seth, 2025). Il ajoute une idée qui comptera plus loin : cette prédiction serait née d'un besoin vital, « rester en vie » (Seth, 2025).

EXPLORATOIRE D'autres pistes existent, plus en marge. Le physicien Roger Penrose et l'anesthésiste Stuart Hameroff cherchent la conscience dans des effets quantiques, à l'intérieur de minuscules tubes présents dans les neurones, les microtubules. Ils concluent que la conscience joue « un rôle intrinsèque dans l'univers » (Hameroff et Penrose, 2014). En 2024, des rats traités avec un produit qui stabilise ces microtubules ont mis un peu plus de temps à perdre conscience sous anesthésie (Khan et al., 2024). C'est compatible avec la théorie. Ce n'est pas une preuve.

EXPLORATOIRE Le panpsychisme va plus loin encore : l'esprit serait fondamental, et présent partout dans la nature (Stanford Encyclopedia of Philosophy).

Que s'est-il passé quand deux théories ont été mises à l'épreuve ?

FACTUEL Pendant des années, chaque théorie a rassemblé ses propres preuves, sans être comparée directement aux autres (Cogitate, 2025). Un projet appelé Cogitate a changé la méthode. Les partisans de l'espace de travail global et ceux de l'information intégrée se sont mis d'accord, à l'avance et par écrit, sur ce que chaque théorie prédisait. Ils ont même fixé ce qui compterait comme une réussite ou un échec (Cogitate, 2025). Des chercheurs neutres ont ensuite mené l'expérience. Les résultats sont parus en 2025.

Deux lunettes astronomiques en laiton, sur deux collines, pointées vers la même étoile.
Deux théories, une même cible, et des prédictions écrites à l’avance.

FACTUEL L'expérience est simple à décrire. 256 personnes regardent des images bien visibles : des visages, des objets, des lettres, des faux caractères. Chaque image reste à l'écran une demi-seconde, une seconde ou une seconde et demie. Les visages sont vus de face, de gauche ou de droite (Cogitate, 2025). Pendant ce temps, trois techniques enregistrent l'activité du cerveau, dont des électrodes placées à l'intérieur du crâne. Les deux théories avaient fait trois paris.

Premier pari : où se trouve, dans le cerveau, ce que je vois consciemment ? FACTUEL Pour l'information intégrée, surtout à l'arrière. Pour l'espace de travail, l'avant du cerveau est indispensable (Cogitate, 2025). Résultat : l'information sur l'image se trouve dans les zones visuelles, à l'arrière, mais aussi dans une partie de l'avant (Cogitate, 2025). Pourtant, l'avant ne contient pas tout. Par exemple, il ne garde aucune trace de la direction vers laquelle le visage est tourné (Cogitate, 2025). C'est une difficulté pour l'espace de travail.

Deuxième pari : comment l'expérience dure-t-elle ? FACTUEL Tant que l'image reste à l'écran, je continue de la voir. Pour l'information intégrée, l'arrière du cerveau reste actif pendant toute cette durée. Pour l'espace de travail, il y a un bref « embrasement » à l'avant quand l'image apparaît, puis un autre quand elle disparaît (Cogitate, 2025). Résultat : certaines zones de l'arrière restent bien actives aussi longtemps que l'image, mais seulement une petite partie, 15 % des électrodes qui réagissent aux visages (Cogitate, 2025). Et l'embrasement attendu quand l'image disparaît ne se produit pas, en général (Cogitate, 2025).

Troisième pari : comment les zones du cerveau se relient-elles ? FACTUEL Pour l'information intégrée, les zones de l'arrière restent synchronisées entre elles tout le temps de l'expérience. Pour l'espace de travail, l'avant se relie aux zones qui reconnaissent les visages et les objets (Cogitate, 2025). Résultat : l'avant se relie bien à ces zones, au moment prévu par l'espace de travail (Cogitate, 2025). À l'arrière, la liaison existe, mais elle est brève, alors que l'information intégrée la voulait durable (Cogitate, 2025).

FACTUEL Le bilan : chaque théorie voit une partie de ses prédictions confirmée, et un de ses points centraux remis en cause. Aucune ne sort intacte. Les auteurs précisent que ces difficultés touchent aussi d'autres théories qui font les mêmes prédictions (Cogitate, 2025). Même après l'expérience, chaque théorie a gardé la parole : l'article publie trois lectures des mêmes données, celle des chercheurs neutres et celle de chaque théorie. Les auteurs l'écrivent : des interprétations différentes peuvent persister (Cogitate, 2025). Leur principale leçon porte sur la méthode : faire travailler ensemble des équipes qui ne pensent pas pareil (Cogitate, 2025).

Une théorie qui ne se teste pas est-elle encore scientifique ? FACTUEL C'est la question qui a suivi. En septembre 2023, 124 chercheurs signent une lettre ouverte qui qualifie l'information intégrée de « pseudoscience » (Nature, 2023). En 2025, plus d'une centaine de chercheurs, réunis sous le nom « IIT-Concerned », développent l'argument dans une revue : les affirmations centrales de cette théorie ne peuvent pas être testées, « même en principe » (IIT-Concerned et al., 2025). Autrement dit, aucune expérience ne pourrait montrer qu'elles sont fausses. Le même jour, Tononi et ses collègues répondent que deux façons de concevoir la conscience se font face (Tononi et al., 2025). Et Anil Seth, avec un collègue, propose de sortir de ces étiquettes pour faire avancer la science (Gomez-Marin et Seth, 2025).

Et les chercheurs, quelle théorie préfèrent-ils ? FACTUEL Dans l'enquête auprès des 166 spécialistes, la théorie de la prédiction arrive en tête des plus prometteuses. Suivent l'espace de travail global et l'ordre supérieur. L'information intégrée arrive en dernier des quatre (Francken et al., 2022).

Ce que j'en retiens : la science de la conscience avance en se mettant elle-même à l'épreuve. Aucune théorie ne s'est imposée. Toute réponse ferme sur un animal, une plante ou une machine dépend donc de la théorie choisie.

Les animaux sont-ils conscients ?

FACTUEL Pour beaucoup d'entre eux, la science répond aujourd'hui « oui », ou « c'est réaliste ». En 2012, des neuroscientifiques réunis à Cambridge déclarent que les humains ne sont pas seuls à posséder les bases neurologiques de la conscience : tous les mammifères, les oiseaux et d'autres créatures, dont la pieuvre, les ont aussi (Déclaration de Cambridge, 2012). La déclaration parle de structures du cerveau, pas d'une preuve directe du vécu.

Un corbeau, une pieuvre et un chien, côte à côte comme sur une planche de naturaliste.
Le corbeau, la pieuvre, le chien : la science leur reconnaît de plus en plus une forme de conscience.

FACTUEL En 2024, la déclaration de New York va plus loin. Elle juge le soutien scientifique « fort » pour les mammifères et les oiseaux (Déclaration de New York, 2024). Pour tous les vertébrés, poissons compris, et pour beaucoup d'invertébrés, comme les pieuvres, les crabes ou les insectes, une conscience est « au moins une possibilité réaliste » (Déclaration de New York, 2024). Elle ajoute un principe : quand cette possibilité est réaliste, il est irresponsable de l'ignorer dans les décisions qui touchent l'animal (Déclaration de New York, 2024). Le 11 octobre 2026, sa page officielle affichait 611 signatures (Déclaration de New York, 2024).

FACTUEL Ce texte ne fait pas l'unanimité. Le neuroscientifique Hakwan Lau, qui étudie lui-même la conscience, note qu'en l'absence de signature reconnue dans le cerveau, la déclaration s'appuie surtout sur des comportements souples. Pour lui, déclarer un consensus trop tôt risque de freiner la mise au point de meilleures mesures (Lau, 2024).

FACTUEL Le droit commence à suivre. Au Royaume-Uni, une loi de 2022 sur la sensibilité des animaux couvre les vertébrés, mais aussi les pieuvres et les crustacés comme le crabe ou le homard (Royaume-Uni, 2022).

FACTUEL Chez les chercheurs, l'idée de degrés domine : la plupart des 166 spécialistes voient la conscience comme un phénomène graduel dans le règne animal (Francken et al., 2022). Ce qu'en disaient les spiritualités anciennes, je l'ai exploré à part (Comment les spiritualités anciennes parlaient-elles de la conscience ?).

À toi d’explorer

Qui est dans le cercle ?

Touche un groupe pour lire ce qu’en dit l’article, ou un texte pour voir qui il couvre.

« Au moins une possibilité réaliste » (New York, 2024)

Soutien scientifique « fort » (New York, 2024)

Point de départ

Et les plantes ? Là, la science se partage : c’est la partie suivante.

Une déclaration n’est pas une preuve directe du vécu. Celle de 2012 parle de structures du cerveau (Déclaration de Cambridge, 2012). Celle de 2024 ne fait pas l’unanimité : pour Hakwan Lau, elle s’appuie surtout sur des comportements souples (Lau, 2024). Chez les chercheurs, l’idée de degrés domine (Francken et al., 2022).

Sources : (Déclaration de Cambridge, 2012), (Déclaration de New York, 2024), (Royaume-Uni, 2022), (Lau, 2024), (Francken et al., 2022).

Et les plantes ?

EXPÉRIENCE Je pense que les plantes ont une conscience : celle du règne végétal, pas celle de l'homme. Je ne cherche pas en elles une conscience d'homme. Je cherche une conscience de plante. Une plante réagit à son environnement. Elle peut prévenir d'autres plantes. Et des cas comme ça, il y en a beaucoup.

Sous la terre aussi, les plantes échangent des signaux.

Alors j'ai regardé ce que la science sait de ce que fait une plante. Puis ce qu'elle dit de ce qu'une plante pourrait ressentir. Ce sont deux questions différentes.

Ce qu'elle perçoit. FACTUEL Beaucoup de choses. La lumière, bien sûr. La chaleur aussi : certaines espèces distinguent un écart de 1 °C. Chez l'arabette, une petite plante de laboratoire, les capteurs de lumière rouge servent la nuit de thermomètres (Jung et al., 2016). Elle sent la gravité et réoriente sa croissance (Morita, 2010). Elle répond à la pluie, au vent, au toucher : quelques minutes après un contact, des gènes s'activent, et une plante souvent touchée pousse plus trapue (Braam et Davis, 1990). Ses racines vont chercher l'eau (Dietrich et al., 2017).

Ce qui circule en elle. FACTUEL Une plante n'a pas de neurones. Mais elle a des signaux électriques et chimiques. Quand une chenille mord une feuille, la blessure libère du glutamate, une molécule qui sert aussi de messager dans notre système nerveux. Une vague de calcium part alors vers les feuilles éloignées, qui préparent leurs défenses (Toyota et al., 2018). Les gènes en jeu sont des cousins de ceux qui font fonctionner les connexions entre neurones chez les animaux (Mousavi et al., 2013).

Elle compte. FACTUEL La dionée, une plante carnivore, ferme son piège au deuxième contact d'un insecte. Au-delà de trois, elle lance la digestion. Et plus la proie se débat, plus elle active les gènes de ses enzymes digestives (Böhm et al., 2016). « Compter » est le mot choisi par les chercheurs. C'est une image : elle ne prouve pas que la plante sait ce qu'est un nombre.

Elle s'endort. FACTUEL Des anesthésiques utilisés chez l'humain immobilisent aussi la sensitive, la dionée, le droséra et les vrilles du pois. Chez la dionée, ils font disparaître les signaux électriques (Yokawa et al., 2018). Deux lectures existent. Pour certains chercheurs, c'est un indice de parenté : « tout le vivant peut être anesthésié » (Baluška et al., 2016). Pour d'autres, ces produits agissent sur presque tous les organismes, et leur effet ne prouve ni douleur ni conscience (Draguhn et al., 2021).

Elle prévient ses voisines. FACTUEL C'est le point qui me touche le plus. L'idée des « arbres qui parlent » a d'abord laissé les scientifiques sceptiques. Aujourd'hui, le phénomène est « bien décrit » : une plante intacte qui reçoit les odeurs d'une voisine abîmée renforce ses propres défenses (Heil et Karban, 2010). Une analyse de 48 études le confirme, avec un effet plus net en serre qu'en pleine nature (Karban, Yang, Edwards, 2014). Chez l'armoise, un arbuste d'Amérique du Nord, le message passe mieux entre plantes apparentées (Karban et al., 2013).

FACTUEL Le message peut aussi passer par les racines. Un pois privé d'eau ferme ses stomates, les petits pores de ses feuilles. En un quart d'heure, son voisin relié par les racines fait de même. En une heure, toute la rangée. Les plantes qui ne partagent pas le sol avec lui ne réagissent pas (Falik et al., 2011).

FACTUEL La plante appelle même des alliés. Le maïs mangé par des chenilles libère des odeurs, et des guêpes parasites apprennent à les suivre pour trouver ces chenilles (Turlings et al., 1990).

EXPLORATOIRE Une question reste ouverte : la plante qui émet « parle »-t-elle, ou sa voisine capte-t-elle un signal qui ne lui était pas destiné ? La voisine en profite. Ce que l'émettrice y gagne reste mal compris (Heil et Karban, 2010).

FACTUEL Et les « arbres-mères » qui nourriraient leurs petits par les champignons du sol ? Une revue de 2023 rappelle qu'aucune étude publiée et relue ne montre que les grands arbres envoient en priorité ressources et signaux d'alerte à leurs descendants par ces réseaux (Karst, Jones, Hoeksema, 2023). Les champignons qui relient les racines existent bien. Le récit qui les entoure va plus loin que les preuves.

Elle se souvient. FACTUEL Certaines plantes ne fleurissent qu'après un hiver. Elles « mesurent » la durée du froid et gardent cette information au retour de la chaleur (Sung et Amasino, 2004). Les biologistes parlent de « perception et mémoire de l'hiver » (Angel et al., 2011).

EXPLORATOIRE Apprendre est une autre affaire. En 2016, une expérience montre des pois qui semblent associer un courant d'air à la lumière. En 2020, une reproduction plus grande, analysée à l'aveugle, ne retrouve pas l'effet (Markel, 2020). En 2026, un article cosigné par l'un des défenseurs de la cognition des plantes conclut que les expériences bien contrôlées n'ont « pas encore » apporté de preuve solide (Ponkshe, Abramson, Calvo, 2026).

Un plant de tomate dans un pot de terre, la terre sèche, un petit micro de laiton tout près de la tige.
Des tomates assoiffées émettent des clics ultrasonores.

Et les sons ? EXPLORATOIRE En 2023, des chercheurs enregistrent des clics ultrasonores émis par des tomates et des plants de tabac assoiffés ou coupés. Un programme reconnaît l'état de la plante à ces seuls sons (Khait et al., 2023). D'autres rappellent que ces sons sont étudiés depuis plus de cent ans, et que leur rôle dans une communication reste « très spéculatif » (Nardini, Cochard, Mayr, 2024).

Alors, ressent-elle ? FACTUEL Ici, la science se partage. Pour un groupe de biologistes, sans neurones ni cerveau, la probabilité que les plantes soient conscientes est « pratiquement nulle » (Taiz et al., 2019). Leurs signaux électriques serviraient des besoins immédiats, pas un traitement d'ensemble de l'information comme dans un système nerveux (Mallatt et al., 2021).

EXPLORATOIRE D'autres refusent de fermer la porte. En 2017, le philosophe espagnol Paco Calvo reprend la question de Nagel : quel effet cela fait-il d'être une plante ? Pour lui, rien de scientifique n'interdit que les plantes aient développé d'autres structures que les nôtres, support de leur propre expérience (Calvo, 2017). En 2022, avec un collègue, il écrit qu'il ne faut pas exclure d'avance que les plantes aient leur « propre expérience du monde ». Il précise qu'il ne cherche pas à le démontrer, mais à ouvrir un débat appuyé sur les faits (Segundo-Ortin et Calvo, 2022).

EXPLORATOIRE Entre les deux, le philosophe américain Evan Thompson examine l'idée que tout le vivant ressente. Il la juge défendable, mais pas démontrée. Et l'idée inverse, selon laquelle seuls les animaux ressentent, n'est pas mieux démontrée (Thompson, 2022). Anil Seth, qui lie la conscience au vivant, précise de son côté qu'il ne dit pas que tout le vivant est conscient (Seth, 2025).

FACTUEL Le droit, lui, s'est déjà posé la question. En 2008, une commission d'éthique de la Confédération suisse se penche sur la « dignité de la créature » dans le règne végétal. Tous ses membres jugent qu'il faut faire preuve de réserve envers les plantes et ne pas leur nuire sans raison. Leur exemple : couper sans raison valable les fleurs au bord de la route (CENH, 2008). Sur la sensibilité, la commission est partagée : près de la moitié en doute, un petit groupe la juge vraisemblable, un autre estime qu'il n'est pas possible de trancher (CENH, 2008).

Ce que j'en retiens : percevoir, répondre, prévenir, se souvenir, c'est documenté. Ressentir, personne ne sait le mesurer chez une plante. Ce n'est ni démontré, ni réfuté.

EXPÉRIENCE En lisant Paco Calvo, je découvre que je ne suis pas seul à chercher de ce côté-là : une conscience de plante, pas un reflet de l'homme.

Pourquoi Descartes compte-t-il encore ?

FACTUEL Parce qu'en 1637, il a tracé deux frontières que je retrouve partout dans ce débat.

FACTUEL La première sépare l'homme de l'animal. Pour Descartes, si une machine avait les organes et l'apparence d'un singe, rien ne permettrait de la distinguer d'un vrai singe (Descartes, 1637). Autrement dit, l'animal fonctionne comme une machine. Ce qu'il fait mieux que nous ne prouve pas qu'il a un esprit : c'est la nature qui agit en lui, comme une horloge faite de roues et de ressorts compte les heures mieux que nous (Descartes, 1637).

FACTUEL La seconde sépare l'homme de la machine : la parole. Une machine pourrait prononcer des mots, écrit-il, mais jamais les arranger pour répondre au sens de tout ce qui se dit devant elle. Même l'homme le plus « hébété » en est capable (Descartes, 1637). Il ajoute un second test : une machine ferait certaines choses mieux que nous, mais échouerait dans d'autres, faute de raison, cet « instrument universel » (Descartes, 1637).

EXPLORATOIRE Que sont devenues ces frontières ? La première a bougé : les déclarations de 2012 et 2024 disent presque l'inverse pour les animaux. La seconde est franchie : les assistants d'aujourd'hui répondent au sens de ce que je leur dis. Pourtant, personne ne peut dire s'ils sont conscients. Le critère est tombé, la question est restée.

FACTUEL Anil Seth fait remonter à Descartes une habitude de pensée : croire que l'intelligence et la conscience vont ensemble, et qu'elles font de l'humain un être à part (Seth, 2025). Il reprend même son image pour la retourner : nous serions conscients parce que nous sommes des « bêtes-machines » vivantes, de chair et de sang (Seth, 2025).

Trois scènes côte à côte : Aristote parmi les plantes et les animaux, Descartes à sa table de travail, Darwin avec ses carnets d'observation.
D’Aristote à Darwin, la frontière de la conscience s’est déplacée.

Et l'IA, que peut en dire la science ?

FACTUEL D'abord, les théories ne donnent pas la même réponse. L'information intégrée admet qu'un objet artificiel pourrait être conscient (Tononi, 2004). Mais pas un ordinateur ordinaire : même s'il simulait fidèlement un cerveau humain, il n'éprouverait « presque rien » (Tononi et Koch, 2015). Pour Anil Seth, une vraie conscience artificielle est improbable avec les machines actuelles. Elle deviendrait plus plausible si l'IA se rapprochait du cerveau ou du vivant (Seth, 2025). Dans la même revue, deux chercheurs de l'institut québécois Mila et de Google lui répondent : « nous pensons que c'est probable » (Richards et Agüera y Arcas, 2025).

FACTUEL Ensuite, la méthode qui a servi pour les animaux ne marche pas ici. Pour un animal, deux indices se renforcent : un cerveau proche du nôtre, et des comportements qu'il n'a pas appris de nous. Un modèle de langage n'a ni l'un ni l'autre. Il a appris sur des textes humains, y compris des textes qui décrivent ce que c'est d'être conscient. Il peut donc en parler très bien sans rien ressentir. C'est pourquoi, en 2023, une équipe de chercheurs, dont le pionnier de l'IA Yoshua Bengio, refuse de juger une IA sur son comportement : elle peut être entraînée à imiter le nôtre « tout en fonctionnant de façon très différente » (Butlin et al., 2023).

FACTUEL Cette équipe procède autrement. Elle part des théories scientifiques de la conscience. Elle en tire une liste d'« indicateurs », c'est-à-dire de façons de traiter l'information que ces théories jugent nécessaires. Puis elle regarde si les IA les possèdent. Elle part d'une hypothèse : faire les bons calculs suffirait à être conscient. Elle la présente elle-même comme une position répandue, mais discutée (Butlin et al., 2023). Sa conclusion : « aucune IA actuelle n'est consciente », mais « aucun obstacle technique évident » n'empêche d'en construire qui cochent ces indicateurs (Butlin et al., 2023). Et cocher les indicateurs ne voudrait pas dire qu'une telle IA serait sûrement consciente (Butlin et al., 2023). En 2025, l'équipe, élargie, a publié une version mise à jour de sa méthode (Butlin et al., 2025).

EXPLORATOIRE En juillet 2026, Anthropic a repéré dans Claude une sorte d'« espace de travail » interne (Anthropic, juillet 2026). Dehaene et Naccache, deux des principaux auteurs de la théorie de l'espace de travail global, y voient « un jalon » (Dehaene et Naccache, 2026). D'autres chercheurs parlent d'une « hausse modeste » de la probabilité (Butlin et al., 2026). Je détaille cette piste dans l'article sur les réponses des assistants (« Es-tu conscient ? » : pourquoi les assistants ne répondent pas pareil).

FACTUEL Les chiffres qui circulent restent des paris personnels. En 2023, David Chalmers accordait moins de 10 % de chances aux modèles de langage de l'époque, en demandant de ne pas prendre ses chiffres trop au sérieux (Chalmers, 2023). Dans l'enquête de 2022, deux spécialistes sur trois pensaient que des machines peuvent ou pourront être conscientes (Francken et al., 2022).

Ce que j'en retiens : la science ne sait pas dire si une IA est consciente, parce qu'elle ne sait pas encore expliquer la conscience elle-même. Ce qu'un assistant dit de lui-même est entraîné (Qu'est-ce qu'un assistant IA, vraiment ?). Pourquoi nous voyons de l'humain partout (Pourquoi est-ce que je vois de l'humain partout ?), et si le danger viendrait plutôt d'une IA sans conscience (Et si le danger, c'était que l'IA ne soit pas consciente ?) : je les explore à part.

Qu'est-ce qui reste hors du champ de la science ?

FACTUEL D'abord le problème difficile : pourquoi il existe un vécu (Chalmers, 1995). Ensuite une question qui en découle. Le cerveau produit-il la conscience ? La filtre-t-il, comme une radio capte une émission ? Ou la conscience est-elle fondamentale, présente partout (Stanford Encyclopedia of Philosophy) ?

EXPLORATOIRE Les données montrent que le cerveau module, interrompt et modifie l'expérience : l'anesthésie et le coma le montrent chaque jour. Elles ne permettent pas, aujourd'hui, de trancher entre ces lectures.

Hors du champ de la science ne veut pas dire faux. Ça veut dire que nos outils ne savent pas encore départager.

EXPÉRIENCE Pour moi, la conscience n'est pas fabriquée par le cerveau : elle lui est plutôt extérieure. C'est une question de foi, pas de croyance, et pas de preuve. J'y reviens dans l'article sur ce que la question de l'IA dit de nous (Que dit de nous la question de la conscience de l'IA ?).

Questions fréquentes

La science sait-elle ce qu'est la conscience ?

Pas encore. Elle sait la repérer chez l'humain, y compris chez des patients qui ne peuvent pas répondre (Bodien et al., 2024). Elle propose plusieurs théories, dont aucune ne s'est imposée (Cogitate, 2025).

Quelles sont les grandes théories de la conscience ?

Quatre familles principales : l'ordre supérieur, l'espace de travail global, la prédiction et l'information intégrée (Seth et Bayne, 2022). D'autres pistes, comme la théorie quantique de Penrose et Hameroff ou le panpsychisme, restent en marge (Hameroff et Penrose, 2014) (Stanford Encyclopedia of Philosophy).

Qu'a montré l'expérience Cogitate ?

Les partisans de deux théories ont fixé leurs prédictions à l'avance, puis 256 personnes ont été observées pendant qu'elles regardaient des images. Chaque théorie a vu une partie de ses prédictions confirmée et un point central remis en cause (Cogitate, 2025).

Les animaux sont-ils conscients ?

Le soutien scientifique est jugé fort pour les mammifères et les oiseaux (Déclaration de New York, 2024). Pour tous les vertébrés et beaucoup d'invertébrés, une conscience est « au moins une possibilité réaliste » (Déclaration de New York, 2024).

Les plantes communiquent-elles entre elles ?

Elles réagissent aux odeurs de leurs voisines abîmées en renforçant leurs défenses, et c'est bien établi (Karban, Yang, Edwards, 2014). S'agit-il d'un message voulu, ou d'un signal capté par la voisine ? La question reste discutée (Heil et Karban, 2010).

Les plantes ont-elles une conscience ?

La science ne sait pas le mesurer. Certains jugent la probabilité « pratiquement nulle » (Taiz et al., 2019), d'autres refusent d'exclure une expérience propre aux plantes (Segundo-Ortin et Calvo, 2022).

Les plantes réagissent-elles à la mort d'autres êtres vivants, comme l'affirmait Cleve Backster ?

Les tests publiés ne le confirment pas. En 1975, une équipe a reproduit ses conditions avec des philodendrons : aucun lien entre la mort de petites crevettes et l'activité électrique des plantes (Horowitz et al., 1975).

Une IA peut-elle être consciente ?

Aucune IA actuelle ne l'est, selon la grille la plus citée, mais rien d'évident n'empêche d'en construire qui cochent ses indicateurs (Butlin et al., 2023). La réponse dépend de la théorie choisie (Tononi et Koch, 2015) (Seth, 2025).

Sources

  1. Nagel, 1974 — Thomas Nagel, « What is it like to be a bat? », Philosophical Review, 1974. Lien
  2. Chalmers, 1995 — David Chalmers, « Facing up to the problem of consciousness », Journal of Consciousness Studies 2(3), 1995 : les problèmes « faciles » et le problème « difficile ». Lien
  3. Francken et al., 2022 — J. Francken et al., « An academic survey on theoretical foundations, common assumptions and the current state of consciousness science », Neuroscience of Consciousness, 2022 : 166 chercheurs interrogés aux congrès de l'ASSC (2018 et 2019). Lien
  4. Laureys, 2005 — Steven Laureys, « The neural correlate of (un)awareness: lessons from the vegetative state », Trends in Cognitive Sciences, 2005 (résumé) : la conscience a deux composantes, l'éveil et la conscience de soi et du monde ; l'état végétatif est un éveil sans conscience. Lien
  5. Owen et al., 2006 — A. M. Owen et al., « Detecting awareness in the vegetative state », Science 313, 2006 (résumé). Lien
  6. Bodien et al., 2024 — Y. G. Bodien et al., « Cognitive Motor Dissociation in Disorders of Consciousness », New England Journal of Medicine 391, 2024 : 353 patients, six centres ; signe détecté chez 60 des 241 patients sans réponse visible (25 %). Lien
  7. Casali et al., 2013 — A. G. Casali et al., « A theoretically based index of consciousness independent of sensory processing and behavior », Science Translational Medicine, 2013 : l'indice de complexité perturbationnelle (PCI). Lien
  8. Casarotto et al., 2016 — S. Casarotto et al., « Stratification of unresponsive patients by an independently validated index of brain complexity », Annals of Neurology 80, 2016 : validation sur 150 personnes capables de dire si elles étaient conscientes. Lien
  9. Seth et Bayne, 2022 — A. K. Seth et T. Bayne, « Theories of consciousness », Nature Reviews Neuroscience, 2022 (résumé). Lien
  10. Dehaene et Naccache, 2001 — S. Dehaene et L. Naccache, « Towards a cognitive neuroscience of consciousness: basic evidence and a workspace framework », Cognition 79, 2001 (résumé). Lien
  11. Tononi, 2004 — G. Tononi, « An information integration theory of consciousness », BMC Neuroscience 5, 2004 (résumé). Lien
  12. Lau et Rosenthal, 2011 — H. Lau et D. Rosenthal, « Empirical support for higher-order theories of conscious awareness », Trends in Cognitive Sciences, 2011 (résumé). Lien
  13. Seth, 2025 — Anil Seth, « Conscious artificial intelligence and biological naturalism », Behavioral and Brain Sciences 49, 2025-2026 (texte intégral), section sur la prédiction. Lien
  14. Seth, 2025 — Anil Seth, Behavioral and Brain Sciences 49 (texte intégral) : l'origine de la prédiction. Lien
  15. Hameroff et Penrose, 2014 — S. Hameroff et R. Penrose, « Consciousness in the universe: a review of the 'Orch OR' theory », Physics of Life Reviews 11, 2014 (résumé). Lien
  16. Khan et al., 2024 — S. Khan et al., « Microtubule-Stabilizer Epothilone B Delays Anesthetic-Induced Unconsciousness in Rats », eNeuro 11, 2024 (résumé) : 69 secondes de plus en moyenne avant la perte de conscience. Lien
  17. Stanford Encyclopedia of Philosophy — Philip Goff et al., « Panpsychism », Stanford Encyclopedia of Philosophy (révision du 13 mai 2022). Lien
  18. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, « Adversarial testing of global neuronal workspace and integrated information theories of consciousness », Nature 642, 2025 (résumé). Lien
  19. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral, PMC12137136) : prédictions et critères de réussite fixés avant l'expérience. Lien
  20. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : le dispositif (256 participants ; IRM fonctionnelle, magnétoencéphalographie, électrodes intracrâniennes). Lien
  21. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : première prédiction, où se trouve le contenu conscient. Lien
  22. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (résumé) : où l'information sur l'image a été trouvée. Lien
  23. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : l'orientation des visages. Lien
  24. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : deuxième prédiction, le maintien de l'expérience dans le temps. Lien
  25. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : l'activité soutenue à l'arrière du cerveau. Lien
  26. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (résumé) : la difficulté pour l'espace de travail global. Lien
  27. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : troisième prédiction, les liaisons entre zones du cerveau. Lien
  28. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : liaisons observées avec l'avant du cerveau. Lien
  29. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (résumé et texte intégral) : la difficulté pour l'information intégrée. Lien
  30. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (résumé) : bilan. Lien
  31. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (texte intégral) : discussion à trois voix (chercheurs neutres, puis partisans de chaque théorie). Lien
  32. Cogitate, 2025 — Cogitate Consortium, Nature 642, 2025 (résumé) : la leçon de méthode. Lien
  33. Nature, 2023 — M. Lenharo, « Consciousness theory slammed as 'pseudoscience' », Nature (actualité), 20 septembre 2023. Lien
  34. IIT-Concerned et al., 2025 — Collectif « IIT-Concerned » et al., « What makes a theory of consciousness unscientific? », Nature Neuroscience 28, 2025 (résumé). Lien
  35. Tononi et al., 2025 — G. Tononi et al., « Consciousness or pseudo-consciousness? A clash of two paradigms », Nature Neuroscience, 10 mars 2025 (réponse). Lien
  36. Gomez-Marin et Seth, 2025 — A. Gomez-Marin et A. K. Seth, « A science of consciousness beyond pseudo-science and pseudo-consciousness », Nature Neuroscience, 10 mars 2025. Lien
  37. Francken et al., 2022 — J. Francken et al., Neuroscience of Consciousness, 2022 : théories jugées « prometteuses » par les 166 chercheurs (prédiction 61,3 %, espace de travail global 58 %, ordre supérieur 53,8 %, information intégrée 44,9 %). Lien
  38. Déclaration de Cambridge, 2012 — Déclaration de Cambridge sur la conscience, 7 juillet 2012 (copie du texte original). Lien
  39. Déclaration de New York, 2024 — Déclaration de New York sur la conscience animale, 19 avril 2024, premier point. Lien
  40. Déclaration de New York, 2024 — Déclaration de New York sur la conscience animale, 19 avril 2024. Lien
  41. Déclaration de New York, 2024 — Déclaration de New York sur la conscience animale, 19 avril 2024, troisième point. Lien
  42. Déclaration de New York, 2024 — Page officielle consultée le 11 octobre 2026 : compteur de signatures (aucune date de mise à jour affichée). Lien
  43. Lau, 2024 — Hakwan Lau, « Premature declarations on animal consciousness hinder progress », The Transmitter, 18 novembre 2024. Lien
  44. Royaume-Uni, 2022 — Animal Welfare (Sentience) Act 2022, section 5 : définition de l'« animal » couvert par la loi. Lien
  45. Francken et al., 2022 — J. Francken et al., Neuroscience of Consciousness, 2022 : la conscience vue comme graduelle dans le règne animal. Lien
  46. Jung et al., 2016 — J.-H. Jung et al., « Phytochromes function as thermosensors in Arabidopsis », Science 354, 2016 (résumé). Lien
  47. Morita, 2010 — M. T. Morita, « Directional gravity sensing in gravitropism », Annual Review of Plant Biology 61, 2010 (résumé). Lien
  48. Braam et Davis, 1990 — J. Braam et R. W. Davis, « Rain-, wind-, and touch-induced expression of calmodulin and calmodulin-related genes in Arabidopsis », Cell 60, 1990 (résumé). Lien
  49. Dietrich et al., 2017 — D. Dietrich et al., « Root hydrotropism is controlled via a cortex-specific growth mechanism », Nature Plants 3, 2017 (résumé). Lien
  50. Toyota et al., 2018 — M. Toyota et al., « Glutamate triggers long-distance, calcium-based plant defense signaling », Science 361, 2018 (résumé). Lien
  51. Mousavi et al., 2013 — S. A. R. Mousavi et al., « GLUTAMATE RECEPTOR-LIKE genes mediate leaf-to-leaf wound signalling », Nature 500, 2013 (résumé). Lien
  52. Böhm et al., 2016 — J. Böhm et al., « The Venus Flytrap Dionaea muscipula Counts Prey-Induced Action Potentials to Induce Sodium Uptake », Current Biology 26, 2016 (résumé). Lien
  53. Yokawa et al., 2018 — K. Yokawa et al., « Anaesthetics stop diverse plant organ movements, affect endocytic vesicle recycling and ROS homeostasis, and block action potentials in Venus flytraps », Annals of Botany 122, 2018 (résumé). Lien
  54. Baluška et al., 2016 — F. Baluška, K. Yokawa, S. Mancuso, K. Baverstock, « Understanding of anesthesia – Why consciousness is essential for life and not based on genes », Communicative & Integrative Biology 9, 2016 (résumé). Lien
  55. Draguhn et al., 2021 — A. Draguhn, J. Mallatt, D. G. Robinson, « Anesthetics and plants: no pain, no brain, and therefore no consciousness », Protoplasma 258, 2021 (résumé). Lien
  56. Heil et Karban, 2010 — M. Heil et R. Karban, « Explaining evolution of plant communication by airborne signals », Trends in Ecology & Evolution 25, 2010 (résumé). Lien
  57. Karban, Yang, Edwards, 2014 — R. Karban, L. H. Yang, K. F. Edwards, « Volatile communication between plants that affects herbivory: a meta-analysis », Ecology Letters 17, 2014 (résumé). Lien
  58. Karban et al., 2013 — R. Karban et al., « Kin recognition affects plant communication and defence », Proceedings of the Royal Society B 280, 2013 (résumé). Lien
  59. Falik et al., 2011 — O. Falik et al., « Rumor Has It…: Relay Communication of Stress Cues in Plants », PLoS ONE 6, 2011 (résumé). Lien
  60. Turlings et al., 1990 — T. C. J. Turlings, J. H. Tumlinson, W. J. Lewis, « Exploitation of herbivore-induced plant odors by host-seeking parasitic wasps », Science 250, 1990 (résumé). Lien
  61. Karst, Jones, Hoeksema, 2023 — J. Karst, M. D. Jones, J. D. Hoeksema, « Positive citation bias and overinterpreted results lead to misinformation on common mycorrhizal networks in forests », Nature Ecology & Evolution 7, 2023 (résumé). Lien
  62. Sung et Amasino, 2004 — S. Sung et R. M. Amasino, « Vernalization in Arabidopsis thaliana is mediated by the PHD finger protein VIN3 », Nature 427, 2004 (résumé). Lien
  63. Angel et al., 2011 — A. Angel et al., « A Polycomb-based switch underlying quantitative epigenetic memory », Nature 476, 2011 (résumé). Lien
  64. Markel, 2020 — K. Markel, « Lack of evidence for associative learning in pea plants », eLife 9, 2020 (résumé) : reproduction de Gagliano et al. 2016. Lien
  65. Ponkshe, Abramson, Calvo, 2026 — « Learning in plants: A conceptual and experimental primer », Learning & Behavior, 2026 (résumé). Lien
  66. Khait et al., 2023 — I. Khait et al., « Sounds emitted by plants under stress are airborne and informative », Cell 186, 2023 (résumé). Lien
  67. Nardini, Cochard, Mayr, 2024 — A. Nardini, H. Cochard, S. Mayr, « Talk is cheap: rediscovering sounds made by plants », Trends in Plant Science 29, 2024 (résumé). Lien
  68. Taiz et al., 2019 — L. Taiz et al., « Plants Neither Possess nor Require Consciousness », Trends in Plant Science 24, 2019 (résumé). Lien
  69. Mallatt et al., 2021 — J. Mallatt et al., « Debunking a myth: plant consciousness », Protoplasma 258, 2021 (résumé). Lien
  70. Calvo, 2017 — Paco Calvo, « What Is It Like to Be a Plant? », Journal of Consciousness Studies 24(9-10), 2017 (copie de l'auteur). Lien
  71. Segundo-Ortin et Calvo, 2022 — M. Segundo-Ortin et P. Calvo, « Consciousness and cognition in plants », WIREs Cognitive Science 13, 2022 (résumé). Lien
  72. Thompson, 2022 — Evan Thompson, « Could All Life Be Sentient? », Journal of Consciousness Studies 29(3-4), 2022 (résumé). Lien
  73. Seth, 2025 — Anil Seth, Behavioral and Brain Sciences 49 (texte intégral) : le biopsychisme écarté. Lien
  74. CENH, 2008 — Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (Suisse), « La dignité de la créature dans le règne végétal », avril 2008. Lien
  75. CENH, 2008 — CENH (Suisse), « La dignité de la créature dans le règne végétal », avril 2008 : avis des membres sur la sensibilité des plantes. Lien
  76. Descartes, 1637 — René Descartes, Discours de la méthode, Ve partie, 1637 (texte de l'édition Gutenberg). Lien
  77. Descartes, 1637 — René Descartes, Discours de la méthode, Ve partie, 1637 (texte de l'édition Gutenberg). Lien
  78. Descartes, 1637 — René Descartes, Discours de la méthode, Ve partie, 1637 (texte de l'édition Gutenberg) : le critère de la parole. Lien
  79. Descartes, 1637 — René Descartes, Discours de la méthode, Ve partie, 1637 (texte de l'édition Gutenberg) : le second critère. Lien
  80. Seth, 2025 — Anil Seth, Behavioral and Brain Sciences 49 (texte intégral) : l'héritage de Descartes. Lien
  81. Seth, 2025 — Anil Seth, Behavioral and Brain Sciences 49 (texte intégral) : la « bête-machine » retournée. Lien
  82. Aristote, De l'âme — Aristote, De l'âme, livre II, chapitre 2 (413a-b), traduction anglaise de J. A. Smith ; traduction française : la mienne. Lien
  83. Darwin, 1880 — Charles Darwin, avec Francis Darwin, The Power of Movement in Plants, 1880, dernière page (édition Gutenberg #5605). Lien
  84. Darwin, 1880 — Charles Darwin, The Power of Movement in Plants, 1880 (édition Gutenberg #5605), deux pages plus haut. Lien
  85. Linson et Calvo, 2020 — A. Linson et P. Calvo, « Zoocentrism in the weeds? Cultivating plant models for cognitive yield », Biology & Philosophy 35, 2020 (résumé). Lien
  86. Tononi, 2004 — G. Tononi, BMC Neuroscience 5, 2004 (résumé) : conséquences de la théorie. Lien
  87. Tononi et Koch, 2015 — G. Tononi et C. Koch, « Consciousness: here, there and everywhere? », Philosophical Transactions of the Royal Society B 370, 2015 (résumé). Lien
  88. Seth, 2025 — Anil Seth, Behavioral and Brain Sciences 49 (résumé) : la conscience artificielle et le vivant. Lien
  89. Richards et Agüera y Arcas, 2025 — B. Richards (Mila, Université McGill, Google) et B. Agüera y Arcas (Google), « Life is inherently computational, and consciousness probably is too », commentaire de l'article de Seth, Behavioral and Brain Sciences 49, e355. Lien
  90. Butlin et al., 2023 — P. Butlin, R. Long et al., arXiv 2308.08708, 2023 : pourquoi les tests de comportement sont écartés. Lien
  91. Butlin et al., 2023 — P. Butlin, R. Long et al., arXiv 2308.08708, 2023 : l'hypothèse de travail. Lien
  92. Butlin et al., 2023 — P. Butlin, R. Long et al. (dont Yoshua Bengio, Jonathan Birch, Eric Schwitzgebel), « Consciousness in Artificial Intelligence: Insights from the Science of Consciousness », arXiv 2308.08708, 2023. Lien
  93. Butlin et al., 2023 — P. Butlin, R. Long et al., arXiv 2308.08708, 2023 : note sur la formulation de la conclusion. Lien
  94. Butlin et al., 2025 — P. Butlin, R. Long, T. Bayne, Y. Bengio, J. Birch, D. Chalmers et al., « Identifying indicators of consciousness in AI systems », Trends in Cognitive Sciences, 2025 (résumé seulement). Lien
  95. Anthropic, juillet 2026 — Gurnee et al., « Verbalizable Representations Form a Global Workspace in Language Models », annoncé le 6 juillet 2026 (arXiv 2607.15495). Lien
  96. Dehaene et Naccache, 2026 — Stanislas Dehaene et Lionel Naccache, « Does Claude possess a conscious global workspace? », commentaire publié par Anthropic, juillet 2026. Lien
  97. Butlin et al., 2026 — Patrick Butlin, Dillon Plunkett, Robert Long, Derek Shiller, commentaire publié par Anthropic, juillet 2026. Lien
  98. Chalmers, 2023 — David Chalmers, « Could a Large Language Model be Conscious? », arXiv 2303.07103, 2023. Lien
  99. Francken et al., 2022 — J. Francken et al., Neuroscience of Consciousness, 2022 : question sur la conscience des machines (67,1 % de « oui »). Lien
  100. Horowitz et al., 1975 — K. A. Horowitz, D. C. Lewis, E. L. Gasteiger, « Plant "primary perception": electrophysiological unresponsiveness to brine shrimp killing », Science 189, 1975 (résumé). Lien
Défiler vers le haut